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Alice Coltrane › Lord of Lords

5 titres - 42:16 min

  • 1/ Andromeda's Suffering (9:04)
  • 2/ Sri Rama Ohnedaruth (6:11)
  • 3/ Excerpts from The Firebird (5:45)
  • 4/ Lord of Lords (11:17)
  • 5/ Going Home (9:59)

enregistrement

The Village Recorder, Los Angeles, Californie, USA, 5-13 juillet 1972

line up

Alice Coltrane (piano, orgue, harpe, timpani, percussions), Jesse Ehrlich (violoncelle), James Getzoff (violon), Charlie Haden (contrebasse), Nathan Kaproff (violon), Ray Kelley (violoncelle), Jerry Kessler (violoncelle), Ed Lustgarden (violoncelle), Ben Riley (batterie, percussions), David Schwartz (violon), Leonard Selic (violon), Lou Klass (violon), William Henderson (violon), Ronald Folsom (violon), Gordon Marron (violon), Janice Gower (violon), Gerald Vinci (violon), Sidney Sharp (violon), Myra Kestenbaum (violon), Rollice Dale (violon), Samuel Boghosian (violon), Marilyn Baker (violon), Jan Kelly (violoncelle), Anne Goodman (violoncelle), Raphael Kramer (violoncelle)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité - à ma connaissance, ce titre n'a toujours pas fait l'objet d'une réédition cd européenne mais on peut en trouver quelques extraits sur la compilation "Astral Meditations"

chronique

Styles
musique classique
jazz
world music
Styles personnels
free jazz > avant garde

Dernière parution sur le mythique label Impulse!, "Lord of Lords" s'avère être le plus obscur de ses albums, et ce dans tous les sens du terme. Une question nous taraude : est-ce que le décès d'un être cher peut nous faire perdre la raison ? Cette perplexité inattendue surgit alors que pourtant, jusqu'ici, à travers toute son oeuvre, Alice Coltrane laissait transparaître une approche spirituelle plutôt ouverte et positive, plus proche des délivrances du bouddhisme que de la culpabilité catholique. C'est qu'il faut certainement être arrivé à un certain stade pour oser écrire noir sur blanc en notes de pochette que l'esprit d'Igor Stravinsky est venu la visiter, lui prodiguant de plus une certaine quantité d'instructions pendant les séances d'enregistrements qui l'amèneront à délivrer son interprétation de "The Firebird" du célèbre compositeur contemporain. Mis à part une collaboration avec Santana sur Columbia en 1974, Alice Coltrane ne refera surface qu'en 1976 sur Warner, si bien que "Lords of Lords" restera sans suite ou, plutôt, représente le troisième et dernier mouvement d'un voyage initiatique dans les recoins les plus sombres de notre esprit après l'audacieux "Universal Consciousness" et l'angélique "World Galaxy". "Lord of Lords" est plutôt du genre chaotique. Évoluant au sein d'un trio tout neuf (Charlie Haden à la contrebasse, Ben Riley à la batterie), l'orchestre prédomine encore et toujours les débats ; les expositions sont relativement longues, laissant tout le loisir à la musique de révéler sa nature dérangeante. La démarche est solennelle, parfois épique, avec un soupçon de fatalisme et un goût de faux espoir tenace supplantant l'idée d'espoir qui jusqu'à présent ne fit jamais défaut. Du Gavin Bryars avant la lettre ("Going Home")... Si le cadre est presqu'identique à ses deux prédécesseurs, l'objectif visé, lui, donne l'impression de tourner ses talons. Tout ceci contribue à faire de "Lord of Lords" un disque fondamentalement différent du reste de sa discographie. Sa pièce maudite.

note       Publiée le jeudi 21 octobre 2004

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notes

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The Gloth › mardi 5 juillet 2011 - 11:39  message privé !

Excellent cet album, je ne le trouve pas chaotique du tout (je dirais plutôt ça de "Universal Consciousness", qui ne m'a pas du tout plu). Non, ici c'est finalement plus proche de la musique classique que du jazz, c'est très accessible, on croit entendre une musique de film (m'étonnerait pas qu'elle ait été utilisée), c'est très évocateur d'images. J'aime beaucoup.

Note donnée au disque :       
Coltranophile › mercredi 24 octobre 2007 - 13:42  message privé !
J'ai un souvenir atroce de ce disque, une bouillie sonore assez ignoble (surtout les passages à l'orgue qui sont proprement à chier) et toujours le sentiment un peu pesant avec Alice Coltrane d'un manque de profondeur peu en adéquation avec l'ambition qu'elle avait. A réecouter mais sasn grand espoir. Un "Ptah, The El-Daoud" doit encore bien mieux tenir la route je pense.
Note donnée au disque :       
empreznor › mardi 16 janvier 2007 - 19:52  message privé !
Je viens de voir ça, Brecker est mort aussi, putain de WE.
Progmonster › mardi 16 janvier 2007 - 13:48  message privé !
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Son décès hier, 15 janvier 2007, va peut-être lui permettre de se faire désormais une place ailleurs qu'à l'ombre de son défunt mari.
Note donnée au disque :