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Art Zoyd › Symphonie pour le jour où bruleront les cités

  • 1976 - Atem, 7010 (1 vinyle)

lp | 5 titres

  • 1 Brigades Spéciales [13:21]
  • 2 Masques [8:59]
  • 3 Simulacres [6:55]
  • 4 Les Fourmis [5:34]
  • 5 Scènes de Carnaval [8:50]

enregistrement

Ef Studios, Hennuyères, Belgique, juillet 1976

line up

Patricia Dallio (piano à queue, piano électrique), Alain Eckert (guitare, voix), Gérard Hourbette (violon), Gilles Renard (saxophones), Jean-pierre Soarez (trompette, percussions), Thierry Zaboïtzeff (basse, violoncelle, voix)

remarques

A ce jour, cet album n' a fait l'objet de réédition que sous forme de double cd, réunissant également les albums "Musique pour l'Odyssée" et "Génération sans Futur"

chronique

Styles
musique classique
jazz
progressif
rock in opposition
Styles personnels
rock in opposition

Aux côtés de Magma et Etron Fou Leloublan, Art Zoyd demeure l’expérience musicale la plus singulière jamais issue de l’Hexagone. Si, du premier, elle a gardé une certaine propension à la mise en place d’ambiances lourdes en intensité, elle est pourtant plus proche du second de par sa grammaire hors normes et ses accointances avec le mouvement Rock in Opposition. Pourtant, les premières traces sur disque de ce collectif (appellé alors Art Zoyd III) datant, déjà, de 1969 (le 45tours "Sangria") ne laissent en rien présager le devenir du groupe, alors sous la houlette de Rocco Fernandez. Ce n'est que suite à son départ, au milieu des années soixante-dix, que le groupe va se resserer au niveau de son noyau le plus dur pour laisser tomber sa grammaire jusqu'alors impregnée d'influences psychédéliques à la Amon Düül II, période « Phallus Dei ». Gérard Hourbette et Thierry Zaboïtzeff vont bientôt se révéler être les deux moteurs qui vont alimenter la créature Art Zoyd, et c'est en 1976 qu'est publié de manière presque confidentielle leur premier manifeste : "Symphonie pour le Jour où Brûleront les Cités". C’est d’emblée une œuvre majeure. Patricia Dallio, Alain Eckert, Gilles Renard et Jean-Pierre Soarez viennent soutenir le duo infernal à renfort de piano, violons, saxophones, trompette, basse et guitare. La musique est lyrique en diable et possède toute la dynamique et la force que l’on retrouvait déjà dans Magma (l’utilisation des voix sur "Brigades Spéciales", "Masques" ou "Scènes de Carnaval", sans parler des lignes de basse, ne laissent planer aucun doute là-dessus). Malgré l’absence d’un batteur aussi charismatique que Christian Vander, la musique d’Art Zoyd est, quoi qu’on en dise, puissamment ryhtmique : de par ses thèmes, ses répétitions et son jeu contrasté entre bruit et silence, cordes et instruments à vents donnent la mesure. L’imagerie apocalyptique, fataliste, glauque et sans aucun espoir dans la condition humaine rejoint également les pamphlets misanthropes ornant l’intérieur du disque mythique, "Mekanik Destrukitiw Kommandöh", troisième opus kobaïen. Pour les comparaisons à Magma, cela s’arrête là. D’abord, parce que leur musique va, assez rapidement, s’échapper de ce peut-être inavouable modèle. Ensuite, parce que l’influence des musiques contemporaines est tellement imposante et référentielle, et pour tout dire, évidente, qu’ils ne pourront pas ne pas la revendiquer. D’ailleurs, c’est à se demander ce que l’on trouve de rock, voire de rock progressif, à cette musique qui n’est, ni plus ni moins, un des véhicules les plus modernes à l’expression de la musique classique du vingtième siècle.

note       Publiée le dimanche 9 mai 2004

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ericbaisons › lundi 14 décembre 2009 - 11:47  message privé !

moins convaincu que par UZ ou Present question ambiance, mais tout à fait fascinant

Jacques Capelovici › mardi 6 janvier 2009 - 21:40  message privé !

Les trente premières secondes assoient magistralement l’ambiance. Elles te choppent par les balloches direct.

Tango Mago › mardi 27 juin 2006 - 11:04  message privé !
Merci. :-)
Tango Mago › lundi 26 juin 2006 - 21:45  message privé !
Tout le Art Zoyd première manière est déjà là. Une musique aux racines facilement identifiables, mais totalement inédite dans le champ de la musique populaire ou "rock". Difficile de dire qui de ces fous là ou de leurs petits collègues belges sont les plus extrêmes à cette époque. UZ était plus sombre, mais davantage ancré dans le rock (batterie oblige). Même s'il ne rivalise pas tout à fait avec 1313, cet album, rien que pour ses "brigades spéciales" vaut le détour...et puis le jour où brûleront les cités...n'était-ce pas justement il y a quelques mois de cela dans notre cher pays ? A noter que la présente édition fut réengistrée en 1980 juste après les séances du troisième album, et qu'il ne s'agit pas de la pochette d'origine de 1976. Je n'ai jamais écouté le premier enregistrement ; était-il si mauvais que cela ?
mangetout › vendredi 24 mars 2006 - 18:39  message privé !
qui m'a poussé, sorry pour la faute !