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Scorn › Ellipsis

cd • 9 titres • 79:06 min

  • 1Silver rain fell (Meat Beat Manifesto mix)08:35
  • 2Exodus (Scorn mix)05:39
  • 3Dreamspace (Coil "shadow vs executioner" mix)11:30
  • 4Night ash black (Bill Laswell "slow black underground river" mix)15:47
  • 5Night tide (Scanner "flaneur électronique")06:30
  • 6Falling (Autechre "FR 13" mix)10:18
  • 7The end (P.C.M. "nightmare" mix)06:52
  • 8Automata (Germ mix)06:52
  • 9Light trap (Scorn mix)06:08

informations

La box limitée comprend 5 vinyles 12".

line up

Nick Bullen, Mick Harris

Musiciens additionnels : Autechre, Coil, Bill Laswell, Meat Beat Manifesto, Scanner, P.C.M., Germ

chronique

Ellipsis est un album de remixes de morceaux quasiment tous issus du précédent disque de Scorn : "Evanescence". Ce dernier en devient même presque obsolete car "Ellipsis" lui est à mon avis bien supérieur. Et puisqu'il s'agit de remixes, on notera la présence de nombreux invités, parmi lesquels Meat Beat Manifesto et Bill Laswell pour n'en citer que deux. Niveau musique, on ne change pas une recette qui gagne, et tous les amateurs de Scorn et de musiques glauques y trouveront largement leur compte. Chaque morceau possède en effet sa propre noirceur, camouflée sous une épaisse couche de beats hypnotiques. L'apogée de l'album est atteinte sur le long (15 minutes à lui tout seul) et angoissant "Night ash black", originellement présent sur l'album "Colossus". Ce remix par Bill Laswell est un véritable chef d'oeuvre dont les samples sont issus de la fameuse scène de la rencontre de Harvey Keitel avec Jesus Christ dans le non moins fameux et cultissime film d'Abel Ferrara "Bad lieutenant" que je vous recommande d'ailleurs fortement au passage... Les autres titres sont plus classiques, certains parfois légèrement monotones, mais tous restent caractéristiques du style de Mick Harris. Un des meilleurs disques de Scorn qu'il m'ait été donné d'écouter.

Bon
      
Publiée le samedi 1 septembre 2001

chronique

Il semblait tout à fait logique que Scorn finisse par faire l’objet de la reconnaissance de pairs aussi prestigieux que ceux réunis sur cet album de remixes. Navigant dans des eaux certes différentes, ils ont ici le point commun de partager avec Scorn le même souci de transe et de ‘groove’, imperturbable et perturbant. Que ce soit Meat Beat Manifesto et leur version plus monolithique de l’excellent ‘Silver rain fell’ ou les mythiques Coil pour une excellente version du déjà très aérien ‘Dreamspace’, en passant par le marathonesque et supra-groove ‘Night black ash’ par Bill Laswell (rien que ça quand même !), tous se sont donnés rendez-vous pour offrir de nouvelles interprétations aux compositions du duo de Birmingham. Parfois proches du format initial , souvent éloignés (PCM et la terrible version jungle de ‘The end’ ou encore l’electronica tout en cut-up et autres abstractions sonores d’Autechre sur ‘Falling’), ces remixes prouvent à tout un chacun que cet exercice peut s’avérer une réussite totale pour peu qu’on soit inspiré et inventif ! Un très bon disque, peut être pas le meilleur pour s’initier à Scorn, mais du très bon travail en tout cas !

Très bon
      
Publiée le vendredi 5 mars 2004

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Note moyenne        22 votes

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kalcha Envoyez un message privé àkalcha

Je suis allé écouter le remix de Shackleton par Badawi dont tu parles, et c'est vrai que c'est quasiment la quintessence de l'illbient ! 😅

Finalement, toute cette histoire fait un peu penser aux gamins inventeurs de la techno à Detroit au début des 80s qui n'avaient jamais écouté les travaux des compositeurs contemporains qui avaient défriché les musiques électroniques et les musiques répétitives (Stockhausen & Cie), mais qui avaient été traumatisés par Kraftwerk, qui eux avaient longuement étudié les travaux des pionniers.

Copacab Envoyez un message privé àCopacab
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J’aurais pensé que Kode9 connaîtrait honnêtement, comme quoi il n’y a pas mieux que demander directement aux intéressés ! Tu parles de Badawi, je l’ai moi même découvert parce qu’il a remixé Shackleton sur une compilation de son label Skull Disco, dans le genre boucle bouclée (et plongée abyssale bien plus illbient que dubstep au passage…).

kalcha Envoyez un message privé àkalcha

Je suis allé chercher dans mes étagères le maxi de Badawi remixé par Kode 9, et j'avais oublié que c'était sorti sur ROIR (le label mythique new-yorkais de Bad Brains, Dub Trio...). Et ça m'a rappelé qu'à la même époque -2007/2008 donc- j'avais aussi interviewé Skiz Fernando Jr aka Spectre, artiste et boss du label Wordsound, et Lucas Cooper (qui avait pris la suite de son père chez ROIR). Skiz m'avait expliqué que c'était Bill Laswell qui lui avait prêté de l'argent et l'avait encouragé à lancer son propre label avec Wordsound, suite à une compilation qu'il avait organisée pour ROIR en 1994 : "Dub Revolution" (sous-titrée "UK Roots: High Steppin' To The Future"). Je crois que ROIR distribuait à l'époque le catalogue du label dub On-U Sound pour les US, et qu'ils cherchaient à s'ouvrir à cette nouvelle scène Steppa (Zion Train, Bush Chemists, The Disciples...) que Skiz connaissait sur le bout des doigts. Or, cette scène steppa était partout dans les sound-systems anglais où on entendrait très bientôt également des artistes jungle et drum'n'bass. Même si de manière indirecte, les scènes illbient et dubstep se sont donc quand même plus ou moins abreuvées à la même source, ce qui explique sans doute qu'on y devine des airs de famille...

Message édité le 09-01-2026 à 18:07 par kalcha

kalcha Envoyez un message privé àkalcha

Ça vaut ce que ça vaut, mais j'avais interviewé Kode 9 (artiste et boss du labl Hyperdub qui a sorti les principaux trucs de dubstep des débuts) vers 2007/2008, et je lui avais demandé si lui ou les autres artistes dubstep avaient écouté toute cette scène illbient des 90s, et il m'avait répondu que non, qu'il était justement en train de découvrir tout ça à rebours (il venait d'être sollicité pour remixer un morceau de Badawi !), qu'il comprenait qu'on y trouve des analogies avec ce qu'ils étaient en train de faire en UK à ce moment-là, mais que les racines du dubstep étaient plutôt à chercher à 99% dans la scène jungle/drum'n'bass et 2Step... C'est vrai que The Bug est aussi le trait d'union entre ces deux scènes, même si les débuts de The Bug (avec DJ Vadim) sur le label Wordsound sont assez éloignés de ce qu'il allait faire ensuite...

Copacab Envoyez un message privé àCopacab
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Je viens de me faire souffler par le remix de Bill Laswell, l’occasion de venir lire ce petit débat vieux de 2 ans sur Burial, qui a décidément mauvaise presse ici… et de dire que je vois pas le rapport : Burial, c’est du garage introverti et extirpé du dancefloor, en manque de sexe et d’affection, rien à voir avec les climats poisseux de Scorn. Qualifier ça de dubstep me semble même une imposture a posteriori. Quant au lien illbient-dubstep, il se limite pour moi à The Bug (pseudonyme de… Kevin Martin, autant dire que la connexion est tautologique). Le dubstep, à l’origine, c’est de la dance music, ce qui fait de sa mutation en brostep (la gangrène évoquée par Damodafoca) une suite logique quoique regrettable.