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Sun Ra › When sun comes out

  • 1963 • Saturn LP 2066 • 1 LP 33 tours

9 titres - 41:02 min

  • 1/ Circe (3:50)
  • 2/ The Nile (4:50)
  • 3/ Brazilian Sun (3:50)
  • 4/ We Travel the Spaceways (3:20)
  • 5/ Calling Planet Earth (5:30)
  • 6/ Dancing Shadows (5:55)
  • 7/ The Rainmaker (4:32)
  • 8/ When Sun Comes Out (4:53)
  • 9/ Dimensions in Time (3:51)

enregistrement

Choreographers' Workshop Studio, New York City, USA, 1962-1963

line up

Marshall Allen (saxophone alto, flûte, percussion), Ronnie Boykins (contrebasse, percussion), Danny Davis (saxophone alto, percussion), John Gilmore (saxophone ténor, clarinette, batterie, percussion), Lex Humphries (batterie), Tommy Hunter (gong, percussions), Clifford Jarvis (batterie, percussion), Walter Miller (trompette), Teddy Nance (trombone), Pat Patrick (saxophone baryton, bongo, batterie), Bernard Pettaway (trombone), Sun Ra (piano, céleste, percussion), Theda Barbara (chant)

remarques

Ce disque a fait l'objet d'une réédition cd sur le label Evidence en 1993, couplé à "Fate in a Pleasant Mood"

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
post bop > free jazz

Réédité par le label Evidence en 1993 et joint à "Fate in a Pleasant Mood" sur le même cd, on ne peut pas dire que quand débute "When Sun Comes Out" on se sente tout à fait dépaysé. A dire vrai, "Circe" et "The Nile" sont deux entrées en matière de premier choix qui prolongent dans la continuité le travail du Myth Science Arkestra. Le chant de Theda Barbara sur "Circe" révèle un mysticisme latent qui ne demandait qu'à exploser. Et c'est une nouvelle fois à Marshall Allen qu'incombe le rôle de charmeur de serpent, dont les parties de flûte hantée, s'échappant du brumeux "The Nile", nous évoque le magnifique "Before Dawn" de Yusef Lateef. Si ces deux titres sont de toute beauté, l’album va rapidement perdre sa continuité et basculer dans un nouveau mode d’expression. Ainsi, après la chorale de "We Travel the Spaceways", le disque retrouve l'idiome jazz que l'on s'était presque imaginé avoir été à jamais relégué aux oubliettes par l'ensemble. De fait, de "Calling Planet Earth", volubile et ouvertement free jazz, au "Dimensions in Time", titre bonus clôturant le disque et n'apparaissant pas sur sa publication d'origine, le groupe de Sun Ra revient à une formule plus proche du hard bop, tout en prenant soigneusement soin d’aller largement en débord. Peut-être pour la première fois, Sun Ra et ses complices (John Gilmore le premier) se font violence dans leurs interprétations. Ce n’est ni la colère, ni la folie qui grondent. Mais une redoutable et irrépressible envie de se dépasser. De se surpasser même. Un premier élément tangible de l’évolution qui couve. Un premier pas vers les explorations à venir. Le vaisseau mère de l’Arkestra n’est pas prêt de s’arrêter en chemin, maintenant qu’il est si près du but ; Saturne est droit devant !

note       Publiée le vendredi 19 mars 2004

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notes

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gregdu62 › vendredi 14 août 2020 - 20:57  message privé !

Mon attention se relâche un peu sur la partie plus jazz où l'esprit particulier de Sun Ra demeure, et ça se termine même très bien avec Dimensions in time où les percus retrouvent une bonne place. L'entame d'album dégage une atmosphère moins "(free)jazz" et frappe par son atmosphère, notamment bien appuyée sur les percus. Dans la même veine que l'enchaînement des 3 premiers morceaux il y a l'album "Secrets of the sun" enregistré un poil avant, dont par exemple l'excellent "Friendly galaxy" qui se rapproche de The Nile. Quant au morceau "We travel the spaceways", dont d'autres versions ont été enregistrées (avec un tempo plus lent sur une session de Chicago), il m'enflamme. La présence des chants/chorales chez Sun Ra est souvent puissante, incluant parfois des grosses expérimentations (je pense au délirant "Solar Differentials" sur l'album Secrets of the sun). Ici la chorale de We travel spaceways m'a autant emballé qu'une version chantée de "Enlightenment" enregistrée vers 1974, trouvable sur internet. Et en matière de chants chez Sun Ra, il est certain que s'il y a d'autres enregistrements de la teneur de Discpline 27-II - surtout en présence de June Tyson - je risque de succomber à nouveau à l'aura Sun Ra. Vraiment très particulier, même dans les élans plus "jazz" tels que présentés ici. J'avais d'ailleurs fait un détour par l'album "Bad and beautiful" également franchement plus traditionnellement jazz, je crois le 1er album enregistré à NY au Choreographer's workshop, et bien qu'il ne développe pas d'expérimentations comme ses successeurs il m'embarque régulièrement en soirée (il y des solos magnifiques !).

Note donnée au disque :       
Klarinetthor › samedi 19 avril 2014 - 01:10  message privé !

Beau et étrange: du debut bien mystique à la suite plus jazz mais qui reste bien décalée. Largement plus enthousiasmant que Fate in a pleasant Mood