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David Sylvian › Blemish

cd | 8 titres

  • 1 Blemish [13:42]
  • 2 The Good Son [5:25]
  • 3 The Only Daughter [5:28]
  • 4 The Heart Knows Better [7:51]
  • 5 She Is Not [0:45]
  • 6 Late Night Shopping [2:54]
  • 7 How Little We Need to Be Happy [3:22]
  • 8 A Fire in the Forest [4:14]

enregistrement

Samadhi Sound Studio, USA, février - mars 2003

line up

Derek Bailey (guitare), Christian Fennesz (guitare, programmation électronique), David Sylvian (chant, guitare, laptop)

chronique

"Dead Bees on a Cake" a été une affaire d'années. C'est sans doute pour casser ce systématisme astreignant, probablement aussi motivé par un besoin pressant de nouvelles créations, que le nouvel album de David Sylvian n'aura pas nécessité plus d'un mois avant d'être enregistré. De là à dire que le disque est bâclé, il n'y a qu'un pas. Mais c'est heureusement loin d'être le cas ; "Blemish", dans sa fulgurante spontanéité, s'élève d'emblée parmi les oeuvres les plus immédiates, profondes et sincères que l'artiste ait produit tout au long de sa déjà très longue carrière. Propulsé dans un contexte peu habituel, ancré dans un minimalisme à outrance qui se résume à un face à face entre manipulations électroniques et voix, ou entre guitare free (rôle pris à bras le corps par qui d'autre si ce n'est Derek Bailey) et voix toujours, "Blemish" est glacial. Désincarné. Dépossédé de son maître. Mais la voix de Sylvian rôde, tourne, et frappe en plein coeur par le biais d'une mélodie qu'il esquisse, seul, du bout des lèvres, pendant qu'il s'exerce au laptop pour en sortir des sonorités étranges, comme autant d'échos et de larsens issus d'un monde lointain et clairement inhospitalier. Mais Sylvian va plus loin encore et n'hésite pas à casser son image en manipulant sa propre voix, en l'intégrant au système informatique pour lui faire dire des choses aussi inintelligibles que les sons qui nous assaillent de toute part, comme pour signifier qu'il n'y a pas d'issue possible ("The Heart Knows Better"). A moins de disparaître ou de se fondre, de faire corps avec ce monde extérieur tant redouté. Avec ce nouveau disque, David Sylvian prend tout le monde à revers et nous surprend une fois de plus à rebondir là où on ne l'attendait pas, au moment précis où on s'apprêtait à l'enterrer. "Blemish" est un tout ; de sa plage titre à la longue exposition déconstructiviste au magnifique "A Fire in the Forest" qui le clôture, écrit avec le concours du guitariste avant garde Christian Fennesz, il se veut avant tout un révélateur de beauté.

note       Publiée le mercredi 17 mars 2004

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mangetout › mardi 25 novembre 2014 - 20:29  message privé !

J'ai toujours un train de retard de toute façon, même si j'y met du mien, donc je ne lutte plus ! Merci quand même pour l'information, je vais, de ce pas, me renseigner...

Khyber › mardi 25 novembre 2014 - 16:32  message privé !

Avant dernier pour le coup; une collab' avec Christian Fennesz et Franz Wright est parue… hier ("There's a Light That Enters Houses With No Other House in Sight"). Spoken_word aride et assez impénétrable pour ma part, mais je lui redonnerai quelques écoutes avant de passer mon chemin trop vite.

mangetout › mardi 25 novembre 2014 - 11:01  message privé !

Je ne sais pas si quelqu'un a pensé à jeter une oreille dessus voire même, on peut rêver, à s'en imprégner mais le dernier album en date de sieur Sylvian (en collaboration avec Stephan Mathieu) "Wandermüde" est une petite merveille de musique ambiant qui renoue, je trouve, avec certains de ces travaux plus anciens, je pense aux deux disques produits avec Holger Czukay et sortis sur Virgin à la fin des années 80. Évanescence, bruits de l'éther, aura diaphane, vapeurs marécageuses, apesanteur amniotique... je pourrais continuer les descriptions fantomatiques, tant cette musique, insaisissable, s'y prête à merveille.

Solvant › lundi 25 mars 2013 - 13:36  message privé !

J'ai voulu me faire une autre oreille avec les "Died in the wool / Manafon variations", et c'est presque pire. Encore plus vide, c'est quasi a capella. Il y a même un deuxième CD de 18 min pour enfonçer le clou.

Note donnée au disque :       
Coltranophile › dimanche 7 mars 2010 - 10:36  message privé !

Pour une fois, je serais pas trop d'accord avec toi. Précieux et prétentieux, oui, comme toujours avec Sylvian. Le bonhomme est "artsy" et l'a toujours fait savoir. Maintenant, "Manafon" me paraît moins désincarné que ce "Blemish" par exemple. C'est loin d'être un chef d'oeuvre, et c'est pas mon truc dans le fond clairement, mais il est loin d'être inutile à mon sens.

Note donnée au disque :