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David Sylvian › Dead Bees on a Cake

cd | 14 titres | 69:57 min

  • 1 Surrender [9:24]
  • 2 Dobro #1 [1:30]
  • 3 Midnight Sun [4:00]
  • 4 Thalheim [6:07]
  • 5 God Man [4:02]
  • 6 Alphabet Angel [2:06]
  • 7 Krishna Blue [8:08]
  • 8 The Shining of Things [3:09]
  • 9 Café Europa [6:58]
  • 10 Pollen Path [3:25]
  • 11 All of My Mother's Names [6:11]
  • 12 Wanderlust [6:43]
  • 13 Praise [4:02]
  • 14 Darkest Dreaming [4:01]

enregistrement

Right Trak Studios, Sound House STudio, Atma Sound, Seedy Underbelly, Synergy Studio, USA et Real World Studios, Angleterre

line up

Bill Frisell (dobro), John Giblin (basse), Steve Jansen (percussions, cymbales), Ged Lynch (batterie), Marc Ribot (guitare), Ryuichi Sakamoto (Fender Rhodes, arrangements cordes), Talvin Singh (tabla, percussions), David Sylvian (guitare, claviers, samples, boîte à rythme, arrangements cordes, chant), Kenny Wheeler (trompette), Lawrence Feldman (flûte), Tommy Barbarella (Fender Rhodes), Scooter Warner (batterie), Deepak Ram (bansuri), Steve Tibbetts (gong), Ingrid Chavez (chnat), Chris Minh Doky (contrebasse), Shree Maa (chant)

chronique

Styles
pop
heavenly
world music
Styles personnels
blue-eyed soul

Douze ans séparent "Dead Bees on a Cake" de "Secrets of the Beehive". C'est énorme. Et même s'il y eu, entre-temps, toute une série de projets parallèles ou de collaborations, aucun ne pouvait revendiquer à 100% l'étiquette Sylvian. Aussi est-ce avec un plaisir non feint que l'on redécouvre avec enthousiasme un artiste qui semblait s'être perdu en chemin. Semblait ? En fait, à l'écoute de ce nouvel album, à la réalisation de toute évidence hyper laborieuse, Sylvian confirme qu'il est bel et bien perdu en nous infligeant un parcours semé d'embûches où les pistes se succèdent les unes derrière les autres sans jamais pouvoir en garantir l'issue. L'homme est fatigué, mais rempli d'espoir, et continue son petit bonhomme de chemin en se remémorant à quel point il est élégant. Cette classe rare éclate au grand jour sur de superbes testaments pop tels que "I Surrender" ou "Wanderlust", aux saveurs teintées de jazzy soul, ou encore le plus aventureux "Krishna Blue". Il se remémore aussi ses pérégrinations expérimentales ("All of My Mother's Names" où s'exécute un Marc Ribot déchaîné), parfois teintées d'une hargne dont il porte encore les stigmates suite à l'aventure Sylvian/Fripp ("God Man" ou "Pollen Path"). Mais au-delà de toutes ces images d'un passé utile à dessiner son futur, Sylvian retrouve des parcelles de lui-même, parfois encore impregnées du salvateur interlude Rain Tree Crow ("Thalhiem" et "Café Europa", sonnant presque comme des chutes studio de l'époque). Mais l'artiste a besoin de se faire souffrance pour s'assumer à nouveau pleinement et se reconstruire. Et il y parvient sur les titres les moins exposés, "Alphabet Angel", "The Shining of Things" ou "Darkest Dreaming" où sa voix planne, impériale, qui sur une nappe générée au synthétiseur, qui sur des cordes jouées à la lame Gillette plutôt qu'à l'archet. Jamais pleinement convainquant, mais tout de même habité par une même atmosphère, "Dead Bees on a Cake" est à Sylvian ce que "Us" est à Peter Gabriel ; un album imposant qui s'écroule sous le poids de ses prétentions.

note       Publiée le mercredi 17 mars 2004

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(N°6) › vendredi 29 mars 2019 - 13:35  message privé !
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Onctuosité, voilà un mot approprié. Et en même temps, j'ai l'impression que c'est justement cette prétention affichée qui empêche toujours que ça tombe dans la joliesse. J'imagine que par la suite (vu ses collaborateurs) y avait même plus grand risque de ce côté-là. Ah ouais Café Europa, j'imagine tout à fait des déambulations urbaines dans la vieille Europe de l'Est.

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Rastignac › vendredi 29 mars 2019 - 12:55  message privé !
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Je l'ai usé jusqu'à la corde celui-ci, avec l'autre en duo avec Fripp. I surrendawwwwwwwwww beaucoup quoi. (allez, café europa aussi en boucle dans la tête pour passer l'après-midi. Chanson liée pour moi à quelques pérégrinations à Wien. Juste pour dire la synesthésie, fortiche dans la suggestion notre Sylvian malgré cette préciosité, et l'onctuosité des arrangements, parfois).

(N°6) › vendredi 29 mars 2019 - 12:29  message privé !
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J'en remets une couche après plus profonde exploration. Y a là tout ce qui peut certe agacer chez Sylvian, une préciosité qui confine à la prétention (mais bon, il assume son côté arty, il fait pas semblant sous une fausse humilité), doublé ici d'un côté mystique infusé d'hindouisme (il dédie un morceau à la gourou Amma), mais le résultat c'est qu'il y a un enchainement de morceaux fabuleux les uns après les autres. L'instrumental "All My Mother's Name", celle dédiée au gourou en question, étrange mélange d'ambient indienne et de dark-jazz baladamentien avec les riffs griffus de Marc Ribot et le rhodes planant de Sakamoto, la pop über-élégante de "Wanderlust" (encore un morceau très "Dolores"), le final "Darkest Dreaming" où le mot ambient-pop trouve tout son sens (c'est dans le même esprit que le générique de l'anime Monster, quelques années plus tard). Et puis je me remets pas de "The Shining of Things", sur un unique arrangements de cordes à chialer, la voix de ce type est un diamant. Clairement un album qui demande du temps, mais j'ai l'impression que c'est toujours le cas avec ce bougre de Sylvian.

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Sheer-khan › dimanche 24 mars 2019 - 19:28  message privé !
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Ah mais, il a arrêté. Et plus de deux minutes, même.

(N°6) › dimanche 24 mars 2019 - 18:47  message privé !
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David Sylvian est marié avec une ancienne protégée de Prince, a des gamins, une grande maison, fait de la médiation et du yoga et malgré tout ça, ça reste toujours aussi classe et inspiré. Bordel Sylvian, arrête deux minutes d'être aussi bon, ça devient écoeurant à la longue. On pourrait coller Dolores de Murat dans les recommandations, y a une sorte de cousinage sonore.

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