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David Sylvian › Secrets of the Beehive

cd | 10 titres | 38:14 min

  • 1 September [1:18]
  • 2 The Boy With the Gun [5:18]
  • 3 Maria [2:50]
  • 4 Orpheus [4:51]
  • 5 The Devil's Own [3:12]
  • 6 When Poets Dreamed of Angels [4:47]
  • 7 Mother and Child [3:15]
  • 8 Let the Happiness In [5:37]
  • 9 Waterfront [3:36]
  • 10 Promised [The Cult of Eurydice] [3:28]

enregistrement

Londres, Bath, Angleterre, Chateau Miraval, Le Val, France et Wisseloord Studios, Hilversum, Hollande, 1987

line up

Steve Jansen (batterie), Ryuichi Sakamoto (orgue, synthétiseur, piano préparé, arrangements cordes), David Sylvian (piano, guitare acoustique, orgue, synthétiseur, chant), Danny Thompson (uk) (contrebasse), David Torn (guitare), David Cummings (percussions), Phil Palmer (guitare slide, guitare acoustique), Mark Isham (trompette), Brian Gascoigne (arrangements cordes)

remarques

Version digipack remasterisée de 2003... avec système anti copie. A noter également que cette version sucre au passage l'adaptation intimiste de "Forbidden Colours" qui refermait le disque par "Promise (The Cult of Eurydice)".

chronique

La photo en noir et blanc, et pleine de matières presque palpables, traduit quasi parfaitement les sensations que procure ce troisième album studio du dernier romantique d'Angleterre. Un carnet intime, noir et triste. Une confession sans complaisance, seul, face à son propre reflet. Amer, et pourtant gorgé de vie. Avec ce disque, David Sylvian perpétue la grande tradition oubliée des albums de songwriters émérites ; on songe à l'épuré "Astral Weeks" de Van Morrison, ou le délicat "Pink Moon" de Nick Drake. Concrètement, il n'y a pas de touches folk sur "Secrets of the Beehive", même si la guitare acoustique (que se partagent Phil Palmer et David Torn) se construit un nid plus grand dans l'univers de l'artiste. "Secrets of the Beehive" sonne fatalement plus moderne. Et la voix de Sylvian, chaude et rocailleuse, presque susurée, occupe désormais une place centrale, comme jamais auparavant, permettant d'intérioriser encore d'avantage l'émotion qui s'en dégage. Il y a, par contre, comme pour ses illustres prédécesseurs, de petites touches jazzy, quand elles ne sont pas tout simplement aventureuses, lui conférant un cachet bien personnel. Sylvian et ses musiciens balisent les environs à la recherche des coins les plus reculés d'où ils s'emploieront à faire jaillir à tout moment la lumière. Les arrangements - en grande partie ceux de l'ensemble de cordes sous la tutelle de Ryuichi Sakamoto - sont suffisamment discrets que pour ne pas trop attirer l'attention mais aussi suffisamment présents que pour donner la dose optimale de profondeur à la poignante mélancolie dont est imbibé ce disque. Un juste équilibre. Et un accomplissement en soi duquel David Sylvian aura du mal à se relever, donnant péniblement une suite à ce disque près de dix ans plus tard, après des errances inattendues (Rain Tree Crow, Sylvian/Fripp) où il donnera l'impression de vouloir se perdre pour mieux se retrouver. Il faudra attendre "Blemish" pour qu'il décide de renouer de nouveau avec cette approche foncièrement intimiste, même si elle aura, cette fois, un côté plus âpre.

note       Publiée le mercredi 17 mars 2004

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(N°6) › dimanche 6 mars 2016 - 21:22  message privé !
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Comment tu passes après un truc aussi magnifique, chiadé, subtil, incroyable que "Orpheus" ? Et pourtant, le contrepied sombre du "Devil's Own" y arrive. Cet album est un bijou, parfait pour pénétrer dans l'univers de David Sylvian. Si vous ne tremblez pas devant la beauté, vous n'avez pas d'âme. Non, en fait personne n'en a, mais cette musique, si.

Moonloop › dimanche 21 octobre 2012 - 19:26  message privé !

Très bel album, tout en subtilité... Dommage qu'il soit si court cependant! J'ai aussi l'impression qu'il s'essouffle un peu sur la fin (les trois derniers morceaux sont pour moi les plus "faibles"). D'excellents titres quand même: "Maria", "When Poets Dreamed of Angels", "Mother and Child", "The Devil's Own"...

julayss › dimanche 1 mars 2009 - 19:11  message privé !

Maria, je m'en remet pas.

mangetout › mercredi 10 janvier 2007 - 22:04  message privé !
Part 1 : Comment parler de cet album sans evoquer un certain esprit qui flottait dans l'air (que tout le monde s'accorde à dire, sauf moi, qu'il était vicié) de ces années 80 finissantes. Prolongant son précédent opus, le très bon « Gone to earth », ce troisième album de Sylvian, comme d'autres à la même époque (pour faire court on va dire Dead Can Dance, Talk Talk, Tuxedomoon) tente une sortie réussie des canons pop/new-wave. Bien-sur certains gestes ou marques du passé sont encore là et le suivront tout au long de sa carrière. La mélancolie, le doux-amer, l'irresistible brume de cette nouvelle vague tiennent toujours le haut du pavé, mais disons qu'ils ont à cohabiter avec d'autres sources qui viennent se surexposer suivant les époques et les collaborations.
mangetout › mercredi 10 janvier 2007 - 22:03  message privé !
Part 2 : Tout commence sur les chapeaux de roue (si j'ose m'exprimer ainsi) par un « September » brumeux et mélancolique à souhait justement et plus le disque avance, plus les perles s'enfilent les unes aux autres selon une mécanique horlogère des plus singulière. Rien ne vient heurter le plan qui précède, tout s'éclaire suivant une juste gestion des nuances et des contre-chants. Ce qui frappe d'entrée de jeu pour quelqu'un qui le découvrirait aujourd'hui, c'est la production et le son qui ne semblent pas marqués par la patine du temps, je ne dirais pas comme certains que ce disque est « éternel » ou « intemporel », ça ne veut rien dire, il est forçément la résultante d'une époque, mais disons que celui-là semble nettement moins marqué par les travers de la sienne. Est-ce parce qu'il utilise moins le son synthétique ? Il est vrai que la majeure partie reste acoustique ou électrique, les quelques incursions électroniques restent très discrètes et quand une pièce se veut uniquement synthétique, elle emprunte plus aux concepts d'Enossification de la décennie précédente (le morceau « Maria » par exemple).