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Ground Zero › Consume red Vol 1

cd | 1 titre | 57:04 min

  • 1 Consume Red [57:04]

enregistrement

Composed by Yoshihide Otomo Arranged by Yoshihide Otomo and Ground Zero

line up

Kikuchi Naruyoshi (soprano sax), Sachiko M (sampler), Otomo Yoshihide (turntables and guitar), Yasuhiro Yoshigaki (drums), Yumiko Tanaka (futozao-shamisen), Masahiro Uemura (drums), Mitsuru Nasuno (electric bass), Kazuhisa Uchihashi (electric guitar and effects)

chronique

Il est difficile de parler de Ground Zero tant sa musique est originale et inclassable. Le groupe (ou plutôt Otomo Yoshihide) nous avait déjà impressionné avec son premier album, d'une violence inouïe, dans une veine Naked City version bruitiste. Il nous avait littéralement traumatisé avec "Revolutionary Pekinese Opera v1.28", véritable maelström de samples et d'enchevêtrement de sons d'une cohérence et d'une fluidité ahurissante. Pour ce "Consume Red vol 1" (3 volumes en tout), Ground Zero nous propose un contre pied totalement déséquilibrant. Un titre, 57 min. Le décor est planté. Et durant cette heure de musique, le groupe ne nous passera qu'une seule mélodie (une seule !!), qui tournera en boucle tout au long de la chanson. Cette mélodie est simple, efficace, qui vous colle direct à la tête, issue d'un instrument à vent japonais (?). Evidemment, ambiance nippone garantie ! Petit à petit, des samples se rajoutent, des courts passages bruitistes (une poignée de seconde), quelques notes d'instruments traditionnels ici et là, mais durant très peu de temps, laissant la place à la mélodie. Mais à partir de 20 min, ces samples se rallongent, les passages bruitistes sont font de plus en plus nombreux et plus longs, ainsi que les instruments japonais, si bien qu'ils couvrent quasiment cette mélodie à rendre fou. Autour de 25 min, des percussions arrivent en force, et à partir de ce moment, on va sombrer dans un univers de folie, de plus en plus furieux, de plus en plus bruyants, de plus en plus violent...de plus en plus fou. Cette progression se fait très lentement, mais très douloureusement. C'est même quasiment insoutenable, il est déjà très dur d'arriver à la demi-heure d'écoute, alors de savoir qu'il nous reste encore une demi-heure à tenir, et que ces 30 dernières minutes vont être encore plus douloureuse que les 30 premières...c'est un vrai défi que de réussir à écouter cet album dans son entier, tant il nous pousse aux frontières de la folie. J'ai envie de comparer ce disque à la célèbre torture de la goutte d'eau : vous savez, quand on vous attache à une table des jours entier, sans pouvoir bouger, et qu'à intervalles réguliers, une goutte d'eau brûlante vient atterrir sur votre front, et ce jusqu'à ce que vous perdiez complètement la raison. "Consume Red", c'est pareil. A réserver aux plus courageux d'entre vous.

note       Publiée le jeudi 5 février 2004

Dans le même esprit, saïmone vous recommande...

chronique

Consume Red est d'une beauté atroce. L’œuvre d’Otomo est une lente escalade vers le chaos, le grandiose et l’absurde. Tout commence par la répétition ad lib de quelques notes atmosphériques, un motif sur lequel vient se greffer un virus mortel de sample. Peu à peu, les bugs électroniques corrompent le chant du hojok coréen, comme des parasites viendraient progressivement détraquer l’image d’un téléviseur. L’insinuation du virus dans la boucle amorce un processus long et douloureux ; quand le shamisen fait son entrée, les phases d’avilissement se prolongent pour malmener toujours plus le matériau sonore. Le plectre japonais fait grincer les cordes, tandis que des pulsations de grosse caisse se font de plus en plus pressantes. Le corps de la composition connaît des convulsions, on souffre nerveusement. Le tempo cardiaque s’accélère, l’infection gagne du terrain. Bientôt, l’engloutissement des instruments classiques par l’électronique est total. La décomposition prend le pas sur tout le reste, le glitch devient la norme. Dans ce cadre oppressant, le shamisen s’emballe comme pour échapper à une chape de plomb. Celle des deux batteries qui, pendant une vingtaine de minutes, vont imprimer une rythmique rock, massive, imparable : le rouleau compresseur est en marche, la basse de Nasuno Mitsuru donne la mesure et l’ampleur de la confusion. Seulement, le semblant d’équilibre de cette violente rythmique va connaître une nouvelle dépravation ; un dérèglement total de la machine. Le virus se désagrège, il s’écroule et fait place à un déluge de bruit dans lequel la mélodie n’a plus sa place. La phase terminale de ce Tetsuo vibrant, c’est du Masami Akita à l’emphase wagnérienne, un contre-art total qui rend à la grande musique "tout ce qu’ensemble elle avait joint". Une écoute rude et salvatrice, à ne pas mettre entre toutes les oreilles.

note       Publiée le lundi 17 avril 2017

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saïmone › mercredi 19 avril 2017 - 10:41  message privé !
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Ah oui, et sinon : https://www.gutsofdarkness.com/god/artiste.php?groupe=7276

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DukeOfPrunes › mercredi 19 avril 2017 - 09:43  message privé !
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@glaire: Je ne sais pas si tu as lu ma chronique, à toute fin utile : hojok = taepyeongso

Note donnée au disque :       
glaire › mardi 18 avril 2017 - 21:47  message privé !

C'est du taepyeongso et c'est coréen, donc l'ambiance nipponne .... Joué par kim suk chul (puis samplé). Ses disques sont d'ailleurs tout aussi incroyables que Consume Red.

DukeOfPrunes › lundi 17 avril 2017 - 16:28  message privé !
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Je me permets un "up/doublon" de ce disque, avec la note honteuse de 5/6 juste pour dire que je fais pas comme saïmone (mais clairement c'est un indispensable). Toutes mes confuses.

Note donnée au disque :       
bubble › lundi 7 novembre 2016 - 16:55  message privé !

c'est ben vrai ça !