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Miles Davis › Ascenseur pour l'échafaud

  • 1958 - Fontana, 660 213 (1 vinyle)

10 titres - 25:55 min

  • Face A
  • 1/ Générique 2.52
  • 2/ L'assassinat de carala 2.12
  • 3/ Sur l'autoroute 2.21
  • 4/ Julien dans l'ascenseur 2.13
  • 5/ Florence sur les champs-elysées 2.53
  • Face B
  • 6/ Dîner au motel 3.59
  • 7/ Evasion de Julien 0.55
  • 8/ Visite du vigil 2.05
  • 9/ Au bar du petit petit bac 2.55
  • 10/ Chez le photographe du motel

enregistrement

Enregistré les 4 et 5 décembre 1957 au Poste Parisien, Paris.

line up

Kenny Clarke (batterie), Miles Davis (trompette), Barney Wilen (saxophone ténor); René Urtreger (piano); Pierre michelot (contrebasse)

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
cool/be-bop

Il y a les chefs-d’œuvre… et il y a les monuments. En 1957, Miles Davis en tournée enregistre en une nuit à Paris la bande originale du film «Ascenseur pour l’échafaud». Devant les images du film qui se déroule, Davis et ses musiciens jouent… ils font du jazz. Alternant un cool, nocturne et émouvant, et un hard-bop frénétique aux rondeurs anguleuses et jaillissement ébouriffant, le plus fascinant des jazzmen livre une musique étoile, spontanée et déchirante. Des pièces les plus enlevées comme «sur l’autoroute» se dégagent la frénésie rythmique la plus prenante qui soit, le glissé de Wilen percute le tueur Davis, acéré comme jamais et bondissant furieux sur la basse pleine allure. Les merveilleuses «Florence… » ou «Bar du petit bac», à la nonchalance curative et à l’équilibre tranquille montrent un Miles Davis tout en souplesse et décontraction, complice bienveillant du magicien Wilen pour des dialogues superbes de rondeur mélodique… Urtreger au piano les regarde de loin en leur faisant des signes, des appels rassurants d’accords justes et subtils sur une rythmique plus souple qu’un déhanché de femme. Mais c’est sur «Générique», «L’assassinat… », «Julien dans l’ascenseur» et jusqu’au «photographe», dans ces pièces les plus sombres, au cœur de la nuit lente, que Davis livre pur son éclatant génie. Jamais une trompette ne résonnera comme ça, sous la lune, comme une conscience toute seule qui ne pourrait pas dormir et chercherait dans l’errance l’oubli et le sommeil. Basse, piano et cymbales se contentent du silence, des à plats inquiétants étouffés et lointains qui reviennent sur les temps comme un robinet goutte, qui derrière leur coton frappent des coups mortifères… il y a le chant de Miles, terrible et lumineux qui s’élève dans le noir, un son qui brille et sombre en lueurs à mesure qu’il s’estompe… et concentre en deux notes tout ce qui de la nuit peut inspirer tristesse, angoisse et désespoir. Des pièces de fous délires d’où jaillissent des merveilles, des moments jazz racés à la souplesse lénifiante et des extraits d’or pur volés à l’Éternel, «Ascenseur pour l’échafaud» est un de ces fameux état de grâce au génie bouleversant que nous laissa Davis. Ça survient dans l’urgence… et c’est pourtant toujours hors de la marche du temps.

note       Publiée le mardi 4 novembre 2003

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WZX › lundi 25 septembre 2017 - 18:49  message privé !

Elle ne laisse jamais insensible, cette musique. Avec ce quelque chose de surnaturel, vénéneux presque, dans la trompette de Miles. Dès le générique ça te prend, et puis le film, l'intrigue qui se déploie, Jeanne Moreau, tout ça s'entremêle diablement bien.

Grandgousier › jeudi 29 août 2013 - 23:28  message privé !

Pas mal d'albums de Miles Davis encensés ici me passent au-dessus. Là, je m'incline.

Note donnée au disque :       
darkmagus › vendredi 7 juin 2013 - 14:44  message privé !

Miles quasiment à capella : CHEF D’ŒUVRE ! il m’est souvent arrivé à l’écoute des disques des 80’ et même de certains des 70’ de regretter que Miles n’ai pas plus souvent joué avec un accompagnement plus discret comme ici.

Note donnée au disque :       
Seb de Super › mardi 27 septembre 2011 - 16:36  message privé !

LE film est passé hier sur France Ô et avant hier il y avait Live in Montreux et Miles Electric sur la même chaine.

Dun23 › vendredi 2 juillet 2010 - 11:12  message privé !

Bien sur, j'ai vu le film, bien sur, je trouvais que la musique collait bien à l'ambiance, bien sur, je trouvais ça assez typique de l'époque, la BO jazzy, bien sur je ne suis pas porté sur le jazz, donc bien sur je ne me suis pas précipité pour aller découvrir les soi-disant pépites du genre dont cette BO mais depuis que je l'ai ce disque, c'est à dire depuis peu, je trouve ça tout bonnement génial. Bien sur!

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