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Type O Negative › World Coming Down

cd • 13 titres

  • 1Skip it
  • 2White Slavery
  • 3Sinus
  • 4Everyone I Love is Dead
  • 5Who Will Save the Sane ?
  • 6Liver
  • 7World Coming Down
  • 8Creepy Green Light
  • 9Everything Dies
  • 10Lung
  • 11Pyretta Blaze
  • 12All Hallows Eve
  • 13Day Tripper [reprise des Beatles]

informations

Enregistré aux Systems Two à Brooklyn

line up

Kenny Hickey (guitares, chant), Johnny Kelly (batterie, chant), Josh Silver (claviers, chant), Peter Steele (chant, basse, guitares, claviers)

chronique

Ce nouvel album a été enregistré dans la douleur et cela s'entend ! L'atmosphère est vraiment très sombre, sans aucun doute le plus sombre de la carrière du groupe. Il suffit juste d'écouter les interludes de l'album pour s'en convaincre, comme par exemple le très macabre "Lung". Certains titres sont même très explicites comme "Everyone I love is dead" ou "Everything dies". Musicalement, après l'inégal "October rust", ce CD est beaucoup plus compact avec d'excellents morceaux, comme par exemple "All hallows eve" qui est l'un des tous meilleurs titres de l'année. L'inspiration est vraiment présente tout au long de l'album. Malgré tout, il manque ce petit quelque chose qui fait qu'il s'agit d'un très bon album. On n'est pas encore revenu au niveau de "Bloody kisses", mais on a quand même ici l'un des meilleurs albums de l'année 1999.

Bon
      
Publiée le mardi 3 juillet 2001

chronique

Brooklyn Bridge, par une sale nuit d'hiver... Skyline embrumée... New York vu du fond de la cuvette des chiottes, comme si on y était... Elle est finie, la forêt : parti au diable Vauvert, revenu dans le caniveau, j'ai atteint les berges sinistres de la Grosse Pomme, rongée par les vers... Rochers froids recouverts de vieilles algues dégueulasses... Odeur de mort... Je suis arrivé au bout de la ville, et je rôde avec Peter. Et Peter est d'humeur DOOM. Les pochettes de Type O Negative sont un peu des bagues d'humeur, ouais... L'humeur de Peter Steele étant plus ou moins noire et surtout plus ou moins verte selon ses relations du moment. Lorsqu'il a sorti World Coming Down, son humeur était vert glauque, et noir charbon. Urbaine. Mortifère à mort. Plus hantée que jamais. Il a sorti son album Doom, oui. En bretelles et en chemise vert pomme, granny smith & Wesson, revenu pour t'occire. Type O... NEGATIF. Lien logique entre doom et gothique, Sabbath et Sisters, groupe aux origines hardcore et thrash ayant mûri dans un gigantesque halo vert et noir. De désir et d'horreur.

Musique aux accents de funérailles, dès la fantasmagorique et monstrueuse "White Slavery", morceau-descente où le contraste avec les envies de papouilles d'October Rust est saisissant, comme une chute de cent étages dans la merditude des choses, les sinus encore brûlants... autant que la filiation avec ce dernier album est garantie par la pop 1000% steelienne magistrale de "Who Will Save the Sane ?" ou l'orgasmique "Pyretta Blaze", sublime fruit poppy tombé de l'arbre October Rust. Y a pas de paradoxes, que des fatalités. Et Peter Steele ne dialogue qu'avec une seule gonzesse, ici : la Faucheuse. Ce grand queutard ne peut guère ici penser à aucune autre. Il en fait des TON mais il est DEAD à l'intérieur. Dans le dédale froid du marasme humain, de la vacuité des vies qui s'agitent. Cadavres en devenir. Y en a partout. À quoi bon fourrer ? Le seul trou qu'on remplira vraiment, c'est la tombe. Et l'hôpital n'est jamais loin. Anévrisme, infarctus, tumeur silencieuse : tu verras le moment venu. Lourdeur pas drôle à travers les skits-organes, qui renvoient à cette obsession du corporel aussi vieille que Carnivore, en miroir face aux errances spirituelles, celles du damné Steele, abonné aux plaisirs éphémères, et mortifères, cloîtré en Enfer sur Terre. Down here, in the world...

Vert. Vertigineux. Visions de maladie, de mort, omniprésentes... Fauteuil géant écrasant dans lequel je m'enfonce, incapable de résister à l'ampleur de ce son... Odeur de PEUR, entrecoupée de respirations qui EMPIRENT son effet. Deuils. Dépression. Riffs de génies à rendre jaloux tous les suiveurs d'Iommi. Chant plus PLUS. Oui : cet album est une abomination, après laquelle tous les groupes de goth-metal ne peuvent sonner que des gugusses fluets. Type O Negative était un monstre peu commun, World Coming Down reste son album le plus massif. Un monstre de goth-metal et de doom vorace, sans équivalent, à s'enquiller les jours de disette. Vaste. Ample. Total. Quelque chose qui met le too much avec le tiède tellement c'est plus que ça... Le vert est la couleur maudite au théâtre, dit-on ? Ben ça tombe bien, car Steele n'est pas venu jouer. Mais exprimer. Et dans l'expression steelienne : "Everyone I Love is Dead" est au sommet du sommet... du fond du fond du puits. Un tube de rock oui, avec le groove d'un Kenny et la patate d'un Kelly. "GODDAM IT !" Horrible, magnétique - "HOUGH !" - tout est dit. "Life's a game, I cannot win"... Y a comme un goût de cancer dans cette liqueur, comme une lumière qui va vous manger tel un trou noir, dans cette sombre et si profonde morbidité verte, verte, verte...

Verte comme ce morceau éponyme et ce retour des chants grégoriens cette fois dans la lueur glauquissime d'une ville-poubelle, avec ce triste gimmick électrique en écho auquel on s'accroche tant bien que mal... Jusqu'à la loubardise d'une "Creepy Green Light"... Jusqu'au heavy-doom évident d'une "Everything Dies" plus chargée de dramaturgie et de lyrisme que toute la discographie de Meat Loaf et Supertramp, où les chœurs hooligans de l'époque Slow Deep prennent une dimension cosmique, où la famille est de l'autre côté ou en passe de... Jusqu'aux envies de pop heavy groovy putréfiées sur "Pyretta Blaze", qui mèneront à Life is Killing me... Jusqu'aux cordes réverbérées et supra-envoûtantes de la grandiose "All Hallows E(eeeee)ve"... Jusqu'à l'ogresque medley Beatles, impensable gâteau à vous rassasier tous les protagonistes de la Grande Bouffe avant de leur flanquer une claque sur le cul et de leur dire "au lit !"... Ouais, oooh, oui... World Coming Down est le chef d'œuvre de la fin des haricots, ces longs machins VERTS. Il dégueule de rock, autant que de glauque... Il varie les plaisirs lugubres. Avec un canon sous le menton, une corde au cou, des cachets dans le gosier, et des veines coupées dans la longueur... au fond de la baignoire, à tomber, sombrer, dans mon petit pull qu'est pas marine mais VERT. Ce disque "fin de XXe siècle by Type O" est immense, et je, et nous n'avons pas fini d'y tomber... À son écoute, j'ai comme une brutale envie de déterrer le squelette de Peter Steele, pour lui faire un gros hug.

Chef-d'oeuvre
      
Publiée le vendredi 31 octobre 2025

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Note moyenne        59 votes

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

This is not supposed to be...

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Lord Tom Envoyez un message privé àLord Tom

Ah ouais, elles sont toutes light les Type O chros. mmhh Creepy green light, the autumn air thickly fills my lungs so sweetly...

Raven Envoyez un message privé àRaven
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Nabuchodonosor Opus, ouais ("magnum" c'est beaucoup trop petit pour Steele) !

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Allez : all time fav, va !

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born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Pas que je trouvasse le psychédélisme des Beatles foncièrement rassurant (en particulier Magical Mystery Tour), note bien... Mais ils parviennent à la rendre proprement terrifiant, alors qu'ils surlignent outrageusement. Sur celle dont on parle, sur "Electrocute", sur "Gimme That"... C'est ahurissant. Les Beatles qui remplacent Bauhaus au générique des Prédateurs.

Message édité le 28-05-2024 à 14:16 par born to gulo

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