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Marc-antoine Charpentier (1643-1704) › Antiennes "O" de l'Avent

18 titres - 41:26 min

  • Antiennes «O» de l’Avent / Noëls pour les instruments – 1/ Salut de la veille des O : o salutaris 2.29 – 2/ premier O : o sapienta 2.44 – 3/ Second O : o adonai 2.26 – 4/ Troisième O : o radix jesse 2.22 – 5/ Noël pour les instruments 2.03 – 6/ Quatrième O : o clavis david 2.15 – 7/ Noël pour les instruments 3.04 – 8/ Cinquième O : o oriens splendor 1.59 – 9/ Noël pour les instruments 1.09 – 10/ Sixième O : o rex gentium 1.40 – 11/ Noël pour les instruments 1.10 – 12/ Septième O : o emmanuel 1.58 - [13-18] / In nativitem d .n.c.j.c canticum 13.31

enregistrement

Enregistrement Europe Computer Systems mai 1982 ; prise de son Jean-François Pontefract

line up

Agnès Mellon, Jill Feldman (Sopranos) ; Guillemette Laurens (alto) ; Dominique Visse, Vincent Darras (hautes-contre) ; Michel Laplénie, Etienne Lestringant (ténors) ; Phillipe Cantor (baryton) ; Antoine Sicot (basse) ; Les Arts Florissants ; William Christie (direction)

remarques

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique sacrée-baroque

Une lueur est elle l’ombre… ? Parce que ce site est un site de musique sombre et que la présente, c’est vrai, n’est que lueurs… les instruments que l’on trouve ici s’expriment tous avec lenteur et gravité, délicatesse, discrétion. C’est une arpège de théorbe, un tapis d’ombres brunes marmonné par les basses, l’orgue et la viole… tout cela n’est que lueurs, comme une lumière lointaine et mourante qui passerait sous la porte. On voit l’ombre tout autour. Cet accompagnement aux contrepoints sacrés des alto et ténors, sopranos et baryton, les hautes-contre et la basse qui constituent le si précieux tissu de ces chants de l’Avent est à la fois léger et sombre, apaisé et étrange ; Charpentier y déploie un sens des harmonies magnifique, notamment dans les longues lignes lentes de la basse de viole qui creuse l’atmosphère sombre de ces pièces. Cette magie si particulière diffusée par l’accompagnement et la science alchimique avec laquelle il se déploie fait des quatre instrumentaux des moments privilégiés de profondeur et de recueillement absolument remarquables. Les chants plus lumineux qui s’installent sur les violes sonnent eux aussi, et plus encore, comme des lueurs qui passent, des instants de lumière. Comme leur nom l’indique ces antiennes sont des «O», et ainsi commencent-elles en s’ouvrant : ôôôÔÔÔÔÔ…. tout cela est lueur, comme une lampe à huile dont on tourne la tige et qui dévoile doucement l’or cuivré de sa flamme. Et là encore, on voit l’ombre tout autour. De fait, malgré l’aspect baroque de ces chants qui n’échappent pas aux instants de rythmes plus soutenus et aux accords plus optimistes, leur écoute éveille la sensation du noir, parce qu’elle en semble alors la seule lueur possible. Lentes et posées, les lignes se répondent, s’écoutent, s’attendent, s’unissent en des accords pleureurs ou virevoltent en solistes… tout cela n’est que lueurs, une succession de flammes qui s’allument et s’éteignent et croisent leur durée de vie en un mouvement complexe de lumières devenues chant… et qui ne peuvent échapper aux murs de l’ombre immense, et tout autour. Mélodies plaintives, harmonies affectées, ces antiennes ont leurs sauts et leurs danses de gaieté mais elles viennent de la nuit, dans la peine et le silence. Cette musique n’est pas triste, elle est peinte de calme et même de plénitude… mais sa subtilité et son doux équilibre, sa couleur claire obscure, sa lenteur demi-teinte, amènent à qui le sait le goût du désespoir… lui qui rôde tout autour et donne à ces antiennes leurs merveilleuses couleurs.

note       Publiée le vendredi 3 octobre 2003

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empreznor › samedi 6 décembre 2008 - 01:01 Envoyez un message privé àempreznor

On se dit toujours que tel compositeur ne peut etre présent sur guts... et pourtant si, il y est. Faudrait que je me mette à la musique sacrée de Charpentier, un de ces quatre.

Crépuscule › dimanche 30 octobre 2005 - 18:56 Envoyez un message privé àCrépuscule
J'ai les Leçons de Ténèbres du Jeudy Sainct, version Musique d'Abord (avec René Jacobs). C'est magnifiquement beau ; à la fois sombre et éthéré. Un grand compositeur.
Note donnée au disque :