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Novy Svet › Chappaqua

cd • 11 titres

  • 1Cocaine mood
  • 2En posesion de te
  • 3H
  • 4Stardust
  • 5Con corazon
  • 6Rotormotor
  • 7Chappaqua
  • 8Begin/Nada/Fin
  • 9Marlène
  • 10Pagoda of paranoia
  • 11Atras

enregistrement

enregistré à Rome, Italie, et Vienne, Autriche, en novembre et décembre 2000

line up

Raffaele Cerroni, J.Weber

remarques

le dernier titre contient un morceau caché, une sorte de dark folk blues chanté en anglais

chronique

‘Chappaqua’ est mon troisième album de Novy Svet (juste pour vous montrer que je connais un peu mon sujet), mais j’avoue avoir été un peu désarçonné. Certes, la musique du plus espagnol des duos autrichiens a toujours été très particulière et complètement inclassable, mais là, ils se sont surpassés. Ce disque dédié à Pasolini est, de mon point de vue, le plus noir et le plus expérimental qu’ils aient produit. La base de la démarche, comme à chaque fois, reste le minimalisme des structures et le chant en espagnol, varient ensuite les délires. Tout débute par un ‘Cocaïne mood’ construit sur deux accords de clavier en boucle nappés d’une petite mélodie et de bruits glauques sur lesquels se pose la voix paresseuse et monocorde si typique de Novy Svet. ‘En posesion de te’ est plus folk, mais un folk plutôt délirant accompagné de grincements avec une petite gamme entêtante en arrière-fond. ‘H’ est un collage de bribes cabaret et de texte samplé. Avec ‘Stardust’ on croirait presque se trouver en plein folk hispanique, ne seraient-ce les étranges bruits qui l’accompagnent et le chant plus agressif et moins paresseux que de coutume. ‘Con corazon’ renoue avec l’aspect hypnotique et cotonneux du groupe, avec des structures en boucles ultra répétitives et molles qui plongent l’auditeur dans une transe à peine interrompue par quelques pointes d’harmonica. ‘Rotormotor’ part d’une base très cabaret, voir dark folk expérimental, sentiment renforcé par le chant torturé (je songe presque à certains travaux de Death in June ou der Blutharsch, dans l’esprit du moins) mais le duo brouille volontiers les pistes et on n’est plus vraiment sûr de rien. ‘Chappaqua’ est plus lourd et pesant dans ses atmosphères, une basse tourne en boucle avec pour fond des bribes de voix et divers bruitages qui donnent à l’ensemble une ambiance assez malsaine. J’aime beaucoup ‘Begin/ nada/fin’, sorte de rock tango moite où l’agressivité râpeuse de la voix atteint son paroxisme et frise la folie, ce qui contraste quelque peu avec le ton monocorde plus typique de Novy Svet mais reste parfaitement crédible. ‘Marlène’ est très envoûtant et les petites touches de français du texte ajoutent un charme supplémentaire. Après cet interlude moins pesant, retour aux atmosphères glauques avec ‘Pagoda of paranoia’, beaucoup plus expérimental, construit sur des montées de bruits, de grincements divers nappées d’écho qui nous plongent en pleine schizophrénie. Cet étrange voyage se conclut par un ‘Atras’ plus traditionnel qui rompt la tension instaurée par les morceaux précédents et permet de s’abandonner à la musique sans arrière-pensée. En conclusion, ‘Chappaqua’ est un album âpre, torturé, mais riche et surprenant, moins hypnotique que de coutume ou du moins plus malsain dans ses atmosphères ; on aime ou non, mais force est de reconnaître que la démarche de Novy Svet est des plus originales.

note       Publiée le lundi 4 août 2003

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notes

Note moyenne        6 votes

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SEN › mercredi 17 septembre 2014 - 08:28 Envoyez un message privé àSEN

Fantastique ! Même si j'suis moins fan des derniers albums les premiers sont presque tous des chefs d'oeuvre dont celui ci fait partit ! Dommage que ce soit sortie en CD uniquement !

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taliesin › vendredi 4 juillet 2014 - 23:46 Envoyez un message privé àtaliesin

Je préfère le précédent... Mais celui-ci vaut bien 4,5 boules ;-)

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novy_9 › lundi 31 mars 2014 - 16:15 Envoyez un message privé ànovy_9

Deuxième chef-d'oeuvre du groupe, à partir de là ils enchaîneront des albums de toutes beautés tous aussi inspirés les un que les autres, se renouvelant tout le temps, "Venezia", "Entre Siempre Y Jamás Suben ...", "Fin. Finito. Infinito.", "The Flies In Dreams And Reality" ..

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Solvant › mardi 9 mars 2010 - 22:09 Envoyez un message privé àSolvant

Toujours génial ce duo.

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Slugbait › lundi 25 juillet 2005 - 18:45 Envoyez un message privé àSlugbait
Par ailleurs, l'album "entre siempre" avec O Paradis, plus accessible, est une autre merveille, plus "méditerranéene". De toutes façons tout ce que fait Jurgen Weber est génial (y compris le démentiel "luis de funes is having a nervous breakdown because of mr. chirac")
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