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Semiramis › Dedicato a Frazz

cd • 7 titres • 37:03 min

  • 1La Bottega del Rigattiere5:57
  • 2Luna Park4:27
  • 3Uno Zoo di Vetro5:55
  • 4Per Una Strada Affollata5:03
  • 5Dietro Una Porta di Carta5:44
  • 6Frazz5:10
  • 7Clown4:32

enregistrement

Sound Flash Studio, Italie, 17-28 septembre 1973

line up

Paolo Faenza (batterie, percussions, vibraphone), Marcello Reddavide (basse), Giampiero Artegiani (guitare acoustique et douze cordes, synthétiseur), Michele Zarrillo (guitare acoustique et électrique, chant), Maurizio Zarrillo (piano électrique, synthétiseur)

remarques

Il s'agit du pressage cartonné japonais à tirage limité

chronique

Vous vous souvenez de Semiramis, la reine de Babylone ? Eh bien, laissez cette fois-ci votre érudition de côté car ce groupe italien qui s'est affublé de ce nom aussi mystérieux qu'évocateur s'emploie tout au long de cet ovni discographique à en prendre l'exact contre-pied. Dissimulé derrière une horrible pochette, sans doute la plus significative de l'ère progressive depuis "In the Court of the Crimson King", "Dedicato a Frazz" est un disque pionnier et majeur dans sa mise en abîme d'une certaine idée du chaos. Autour d'une formation assez conventionnelle, l'atout numéro un du groupe Semiramis réside dans sa mise en exergue appuyée des parties de xylophone, traîtées comme le fît en jazz Bobby Hutcherson, en contrepoint absolu d'une musique comme résultante d'un collage surréaliste. Les parties de guitare dominantes sont acoustiques ; elles renvoient au folklore local, des côtes italiennes allant de Naples jusqu'en Sicile. Elles ne résisteront pourtant pas très longtemps aux assauts guitaristiques électrifiées à ce point impromptus qu'ils vous font grimper aux rideaux. Comme si cela ne suffisait pas, des sons étranges parcourent cette succession de titres cours où l'on pourra même retrouver du clavecin, alimentant cet aspect anachronique qui confine au surréalisme. Les thèmes se suivent, déstructurées avec une délectation non feinte, démembrées avec une très perceptible pointe de sadisme, sur lesquels un chanteur vient agoniser de sa voix complètement possédée, de toute évidence schizophrène, passant d'un stade de transe à celui pas plus enviable de démence, et vice versa. Plus on écoute ce disque, plus on regarde sa pochette, comme si elle recelait un élément de réponse : si on avait voulu faire de cet album l'illustration de la folie, on n'aurait pas pu lui choisir une autre pochette que celle qui est la sienne. Un portrait, dans les traits duquel on découvre peu à peu, horrifié, nos propres contours. Un album fondamentalement malsain qui aura raison des esprits les plus maléables.

note       Publiée le samedi 12 juillet 2003

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notes

Note moyenne        23 votes

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surimi-sans-mayo › mardi 23 février 2021 - 21:36  message privé !

J'ai eu envie de réécouter, comme ça en voyant la pochette à nouveau. Eh ben en fait c'est sympa ! Très accessible finalement. J'y entends un côté champêtre, peut-être dû au chant, ou aux mélodies acoustiques. Pas angoissant du tout par contre imo, malsain de loin peut-être. J'aime beaucoup le petit passage Bowser's Castle en clavier 8 bit sur je sais pas quel morceau.

surimi-sans-mayo › dimanche 24 janvier 2021 - 17:16  message privé !

Waw c'est une des meilleures pochettes que j'ai vu ! Ça m'a instantanément donné envie de découvrir ce qu'elle cachait en tout cas. J'ai du mal à comprendre comment on peut la trouver nulle, y a tellement de trucs 1000 fois plus communs dans les pochettes d'album, celle-là elle interpelle au moins. Bon, après écoute (pas très attentive j'avoue avoir décroché avant la fin du 1e morceau), j'en reste à mon constat que le prog en général ça m'ennuie. Mais cette pochette continuera de me faire rêver.

Aladdin_Sane › mardi 24 mars 2020 - 14:34  message privé !

Toujours aussi bon cet album et il a l'avantage d'être court (pour un disque de prog).

Note donnée au disque :       
mangetout › mardi 29 mars 2016 - 15:11  message privé !

Sacré album que celui-là, touffu, enlevé, rempli de matière, de breaks, de changements de rythmes, d'atmosphères, passant du champêtre au marécageux, de guitares graciles à d'autres agressives avec une maitrise admirable... j'ai passé un excellent moment. Et quelle pochette, je suis définitivement fan des objets italiens rock prog' des années 70.

microbe666 › samedi 20 décembre 2014 - 18:12  message privé !

sur la page wiki de l'album (en italien) ça dit inspiré de magritte (ptet un truc comme ça http://www.oilpaintingonline.com/largeimg/Magritte,%20Rene/26944-Magritte,%20Rene.jpg ou d'autres portraits de georgette) et la pochette de l'album précise que c'est de gordon faggetter.

Note donnée au disque :