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Edward Grieg (1843-1907) › Concerto pour piano en la mineur

6 titres - 66:17 min

  • Edward Grieg :
  • Concerto pour piano en la mineur op.16
  • 1/ Allegro molto moderato 14.24
  • 2/ Adagio 7.04
  • 3/ Allegro moderato e marcato-quasi presto andante maestoso 11.07
  • 4-6 / Robert Schumman :
  • Concerto pour piano en la mineur op.54 33.42

line up

Claudio Arrau (piano) ; Orchestre Royal du Concertgebouw ; Christoph von Dohnanyi (direction).

remarques

Il s’agit de la première moitié de programme du disque chroniqué, la deuxième étant le concerto pour piano de Robert Schumann, chroniqué en lieu et place. Ces deux concertos sont de fait très fréquemment (et logiquement) associés au disque. La version chroniquée est celle de Claudio Arrau de 1963 avec Antal Donahyi à la baguette. Il existe néanmoins de nombreuses versions de ces deux pièces, toutes deux au sommet du répertoire du genre. Je conseille particulièrement, outre celle-ci qui à l’avantage de présenter le toujours génial Arrau associe celui d’être rééditée dans la collection phillips Eloquence à prix économique, les versions de Murray Perahia dont la pochette est ici présentée, ainsi que celles de Richter évidemment, chez Emi, lui même réédité en collection spéciale.

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
musique concertante-romantique

Romantisme, tempête et mélancolie… à l’instar de son grand frère Schumannien, le concerto pour piano de l’immense Edward Hagerup Grieg est un sommet de la littérature pour clavier tourmenté. Grieg, le miniaturiste des «pièces lyriques», le génial mélodiste de «Peer Gynt», le norvégien amoureux de son pays et de son folklore était fait pour réussir cette unique tentative : fusion, réunion, juxtaposition de la plastique orchestrale et de l’expressivité soliste. Essentiellement vertébrée de thèmes mélodiques très identifiables, l’œuvre est immédiatement prenante, magistralement construite, passe de la puissance dramatique à la tristesse la plus douce, de la tourmente sonore hivernale et inquiète à la simple larme, silencieuse et essentielle. L’orchestre accompagne ou submerge, conforte ou exacerbe, disparaît ou explose… la maîtrise et la richesse avec laquelle le compositeur joue des multiples rapports possibles entre masse orchestrale et instrument soliste est absolument prodigieuse. L’allegro d’ouverture alterne entre bourrasques et accalmies tendues, laissant la parole au piano avant de l’envelopper pour le fondre dans sa masse. Face à ce groupe protéiforme d’instruments enlacés le soliste est alors amené à occuper les places les plus diverses : premier plan théâtral duquel il nous expose les thèmes fondamentaux qui constituent la pièce, acteur discret et délicat en dialogue avec le hautbois ou la flûte aérienne, instrument comme un autre au milieu des éclats épiques et solennels dont les cuivres viennent en fin appuyer la violence. La mélancolie selon Grieg n’est pas un trait figé ; il y a les pleurs discrets, la tristesse solitaire, l’inquiétude et l’angoisse, l’instant de recueillement misérable et silence… la crise désespérée, l’explosion fataliste et les grosses nuits d’orage. L’adagio central et son assise d’accords de violons pleureurs est une longue complainte toute en larmes éparses, aux emportements rares et discrets, aux harmonies superbes et douloureuses, romantiques à l’extrême, où le cor forestier sonne de sa voix lointaine en soutenance de dix doigts consacrés à la neige. Tout ici relève de la maîtrise et de l’inspiration ; ça n’est pas en révolutionnant la musique que Grieg la marqua tant, mais en prenant l’acquis comme pays d’expression d’une veine mélodique à la finesse inégalée, et aux lueurs nordiques merveilleuses. Voici, pour votre modeste serviteur en tout cas, une des plus belles choses jamais écrites ; la diversité des rapports entre instruments, des équilibres trouvés, la puissance orchestrale et mélodique des emportements tout autant que la délicatesse des amours du piano avec le hautbois, la flûte ou le violon… jusqu’à la grandiose clôture qui vous arrache le cœur, les tripes et la cage thoracique en une déclamation épique et surpuissante à l’orchestre en apothéose… Grieg le grand norvégien impose sa partition au sommet de la plus convoitée des montagnes, frère du dément Schumann. Au pays des concertos pour piano les chefs d’œuvres sont légions, les plus immenses artistes sont allés y construire. Beethoven, Brahms, Chopin, de Mozart à Ravel jusqu’à l’emblématique Rachmaninoff ou l’intriguant Prokofiev, les mythes compositeurs ont chargé le genre de virtuosité et d’ambition, de délicatesse et d’exigence… il en est pourtant deux, qui sans chercher ailleurs que les moyens en place, ont laissés dans la liste deux joyaux intouchables : L’opus 16 du norvégien Edward Grieg est l’un d’eux.

note       Publiée le dimanche 6 juillet 2003

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Arno › vendredi 30 octobre 2009 - 19:51 Envoyez un message privé àArno

Je ne connais cette œuvre que par Noriko Ogawa et Ole Kristian Ruud (disque inclus dans la magnifique intégrale de la musique orchestrale de Grieg par l'orchestre de Bergen)... Je ne sais pas si c'est dû à l'interprétation, mais je trouve ce concerto d'une finesse inégalée... Rarement le piano martèle... Même dans les passages tempêtueux comme ce fameux thème "marcato" du troisième mouvement, je trouve l'écriture pianistique d'une classe formidable... Tout est déclamé avec élégance... (Il y a aussi un passage scintillant plutôt moderne au milieu du premier mouvement, un moment ou le piano se disloque un peu et pépie... mais toujours avec cette disctinction...)

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Potters field › mercredi 8 juillet 2009 - 10:28 Envoyez un message privé àPotters field

rapport à une vieille discussion avec fryer, je trouve que question "evocation du grand nord", le romantisme de grieg envoie bouler pas mal de groupes de black. grieg ist krieg ?

Arno › vendredi 19 décembre 2008 - 11:19 Envoyez un message privé àArno

Il faut absolument écouter la version semi-intégrale de Peer Gynt par Ruud... Acteurs déchaînés et musiciens impeccables... La langue norvégienne (ça doit être du Bokmal, je suppose) est très théâtrale...

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Arno › dimanche 20 janvier 2008 - 02:07 Envoyez un message privé àArno
A ceux qui aiment les grands concertos romantiques, je conseille fortement le deuxième d'Edward McDowell... Plus proche pianistiquement de Liszt que de Grieg mais alors, bien meilleur que Liszt orchestralement...
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Arno › samedi 21 janvier 2006 - 20:29 Envoyez un message privé àArno
Christoph von Dohnanyi... Antal Dorati... Antal Donhanyi ?
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