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Type O Negative › Slow, Deep and Hard
- 1991 • Attic records RR 9313-2 • 1 CD
cd • 7 titres
- 1Unsuccessfully Coping With The Natural Beauty of Infidelity
- 2Der Untermensch
- 3Xero Tolerance
- 4Prelude to Agony
- 5Glass Walls of Limbo
- 6The Misinterpretation of Silence and Its Disastrous Consequences
- 7Gravitational Constant : G = 6.67 * 10-8 cm-3 gm-1 sec-2
informations
Enregistré aux Systems Two
line up
Sal Abruscato (batterie, chant), Kenny Hickey (guitares, chant), Josh Silver (claviers, chant), Peter Steele (chant, basse)
chronique
Premier album de ces New-Yorkais et le moins que l'on puisse dire, c'est que ce premier essai est déconcertant ! 7 titres pour près d'une heure de musique - ou si peu car un titre est entièrement composé de... silence !!! Le groupe a aussi choisi des noms de titres à coucher dehors et n'hésite pas non plus à incorporer dans sa musique quelques gémissements féminins d'un style très spécial ! Musicalement, le style alterne des passages de metal lourd et rapide avec des passages beaucoup plus lents avec claviers prédominants. On peut noter un côté industriel très prononcé. Il subsiste quelques bons moments, mais la longueur de l'album et surtout celle des morceaux (de 6 à 13 minutes) font que l'on s'ennuie rapidement à l'écoute de cet album. Par contre, l'ironie et le sens de l'humour, très noir et d'ailleurs pas très bien compris en tant que tel par certains, est déjà présent et représentera une certaine marque de fabrique du groupe dans le futur. Pas encore l'ecstase, juste une petite mise en place.
chronique
Les tours du World Trade Center étaient encore debout lorsque fut publiée la précédente chro... mais visiblement niveau boules jaunes, c'était le Ground Zero ! Qu'est-ce que c'est que ces deux boules mal rangées dans le slobard, pour un disque de crossover-metal new-yorkais aussi riche, aussi dense, aussi gé-né-reux, monsieur le Nicko de 2001 ?(!!!) Car oui : j'ai toujours associé cette pochette énigmatique (autant qu'un Faith de The Cure) à un slip de culturiste ! Et su bien après que c'était un gros plan sur un coït. Je préférais le mystère... et sentais déjà la teneur en masculinisme toxique de chez toxique de ce disque, bien sûr, puisque je l'ai toujours associé à Carnivore - une version encore plus extrême et meilleure de Carnivore en réalité, où la douleur s'exprimerait dans toutes les teintes du rock. Le "next step". Principe de base du Steele old school : le premier Type O c'est du Carnivore, à peu près autant que les deux Carnivore c'est du Type O tôt... Carnivore servant de matériau de base à un truc encore plus encombrant, aussi magnétique que dégoûtant, jusqu'au viol à base de marteau-piqueur. Le côté indus sans doute... Peter en avait gros sur le cœur. Moins de thrash, plus de goth, plus de synthétiseurs - ô béni des dieux Josh Silver ! - plus de groove, plus d'inspiration morbide... Plus de haine, plus de thunes, plus de minutes même si on est pas encore à dépasser l'heure, et un son à la hauteur des mégalomanies et lubies formant le mauvais goût steelien, gorgé d'amour autant que de détestation, de sérieux autant que d'ironie (pour un Steele c'est logique après tout... ben oui : y a du fer dans l'acier), mais aussi sa fascination des chants grégoriens déjà ("Glass Walls of Limbo", bien plus authentique que du Enigma). Et bien sûr de la teinte de vert parfaite pour sa pochette...
Tout le style Type O est déjà là, oui, sur sa forme la plus rustique, suivant les traits préhistoriques du faciès de Peter Steele, et ses manières de barbare d'épouvante. Dans ce cloaque vert, ça sent plus la Pologne que l'eau de Cologne, et c'qui coule à côté c'est pas la Sologne, mais un détroit plus pollué qui s'appelle East River, au bord de laquelle un certain Peter Thomas Ratajczyk griffone son cahier d'écolier depuis 1981, année de formation de son premier groupe Fallout, pour monter des bonnes grosses chansons veineuses de bon gros salopard vénéneux... et VERT. L'individu de groupe sanguin O négatif nous propose, entre autres immondices, du bout de dark ambient des bas-fonds new-yorkais, en intro de morceau anti-chômeurs, sorte de "One in a Million" du Géant Vert pour le fond ("Der Untermensch") avec des synthés aussi radioactifs que dans le premier Faith No More et une évolution industrielle (oui Nicko !), du crossover-thrash homicide aux claviers délicieusement immondes ("Xero Tolerance"), du doom banlieusard à foison, la basse énorrrrme de Peter et son amour des gros soupirs lascifs qui viennent du fond du caveau (ce début de "Prelude to Agony" olala...) La grosse voix steelienne qui hurle des horreurs en tout genre... et ce qui reste le tube des tubes, aux chœurs de hooligans new-yorkais de plus de deux mètres : "I KNOW YOUR FUCKING SOMEONE ELSE", déclinés à l'envi. Ad nauseam. Habemus papam. Jusqu'aux "I know-he knows I KNOW-HE KNOWS" accélérés pour l'orgasme d'autosatisfaction crasse. Du grand art.
Les Musclés du Club Dorothée ? P'tites bites ! Type O Starmania, pour vous servir ! Ça rentre comme Papa dans Maman. Peter Steele investit le ter-ter pour nous parler de dépression, de mort, et des femmes. Il connaît déjà bien ces trois univers. Et il est sur ce premier album d'une toxicité absolue, ce gros macho (tendance miso, donc... sans le tofu) autant que d'un magnétisme déjà extrêmement préoccupant pour le commun des mortels. Gros relou magique est venu punir. Et c'est au fond de ce son pas encore mûr qui pue le vieux mur bourré d'amiante, qu'il touche à quelque chose d'essentiel, qu'il nous fasse son hymne destructeur d'ex ou se foute déjà un peu de nos gueules, avec son hommage foireux aux 4'33 de John Cage (à con, con et demi : Steele aurait pu pousser à dix minutes pour marquer le coup... mais ça aurait niqué la dynamique). Il y a dans ce premier Type O Negative quelque chose de l'ordre de la provocation la plus crasse, nihiliste-mon cul sur la commode en pin massif de mémé Ratajczyk, tout ça joué avec férocité ouvrière dans un sous-sol crasseux de Brooklyn, en sueur et en tenue d'employé municipal... ou débardeur de bouliste. En parlant de ça : mon quota de six-boules-sur-six va exploser avec Type O Negative. J'annonce. Je m'en fous, si un groupe le mérite c'est eux (...et The Cure...) j'en flanque donc d'entrée six à leur premier... des questions ? "HOU ?!" me beugle-brame Peter Steele depuis l'espace-temps musical où il existe encore, jamais mort. Avec des "HOU" pareil, et des "HOU-HA", y a plus aucun "OUH" de quiconque qui tienne ! Cronos va boire son thé, et Tom G. Warrior retourne dans son chalet manger du chocolat au lait : les USA, pays de l'excès, nous ont amené le Messie.
Peter Steele débarque avec son nouveau groupe tout neuf pour foutre la grosse grosse teuf, et il prend déjà une sacrée place dans ce monde de nains de jardin. Tant et si bien qu'il faut bien pousser les lettres dans les coins. Le jardin, il aime ça, mais pas trop les nabots : du coup tout sonne déjà GRAND, ici. Et à grosse mâchoire. Titres à tiroirs et chapitres aux titres à la con qui sont trop bons. Méga-sabots. Bottes de sept lieues. Gros matos. Ambiance psycho-foraine et ULTRA-misanthrope... Romantisme XXXL et punchlines de dépressif outre-massif ("I got no more reason to live, I got no more love to give" sur la merveilleuse "Gravitational constant : G = 6.67 * 10-8 cm-3 gm-1 sec-2" qui enfonce bien le clou jusqu'aux râles de douleur)... Le géant vert aux idées noires, bien plus noires que celles de Bernard Lavilliers (cet autre maître du débardeur et de la grosse voix de mâle alpha baillée hé oui) est venu. Il vient baiser ce bas-monde, peser de toute son ombre, et ce même s'il n'a pas encore atteint le suprême de son... style. Même si les albums suivants seront incomparablement plus riche, mélodieux, surnaturel : ici il y a une crudité, une brutalité qu'ils perdront, et avec un tel disque comme one-shot, Type O Negative serait déjà une légende. Bientôt ils feront du poétique, et du beau, dans les maisons hantées et la forêt. Pour l'instant : le "humongous" crooner Peter porte un bandana, et il nous gueule dessus, depuis un squat sinistre, avec ses vilains poteaux. Leur album le plus sale.
Dans le même esprit, Raven vous recommande...




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- E. Jumbo › Envoyez un message privé àE. Jumbo
susurré Happy Halloween... merci !
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- Lord Tom › Envoyez un message privé àLord Tom
Tu m'étonnes. I Know, he Knows, i said i know, he said he knows...
- Raven › Envoyez un message privé àRaven

J'arrive pas à croire que j'y ai jamais collé son six sur six, à c'ui-ci. J'ai vraiment chié dans la colle. Pardon, Péteur Stihl. Pardon. Un disque réjouissant, ambiancé à mort, rythmé à souhait, crooné par du hooligan gothique de deux mètres, suintant de bienveillance et de bon esprit.
- Note donnée au disque :
- Demonaz Vikernes › Envoyez un message privé àDemonaz Vikernes
Tuerie cet album (même si je garde ma préférence pour Bloody Kisses). 3 gros tubes surtout, à chanter sous la douche et dans les transports en commun. Type O démarre très fort.
- Note donnée au disque :
- Mithra › Envoyez un message privé àMithra
Le meilleur de Type O ? Des paroles tordantes, en tout cas, sur le viol de sa copine au marteau-piqueur pour se venger d'elle pour l'avoir trompé ou sur la nécessité d'en terminer avec les "socioparasites". D'ailleurs, ça me fait penser que certains de leurs concerts avaient été censurés par les antifas de l'époque.
