Pierre Dørge & New Jungle Orchestra › S/t

8 titres - 40:40 min

  • 1/ Wobra Zebra (5:00)
  • 2/ Jungle Rituals (10:41)
  • 3/ Mister Suso (4:20)
  • 4/ 254, Bowery (2:57)
  • 5/ Fullmoon in Brikama [Africa] (5:47)
  • 6/ Bo Bo Sanneh (6:55)
  • 7/ New Tiger Rag (1:17)
  • 8/ Round as a Pancake (3:43)

enregistrement

Easy Sound Studios, Copenhague, Danemark, 7 et 8 mars 1982

line up

Bent Clausen (vibraphone, percussions), Marilyn Mazur (batterie, percussions, voix), John Tchicai (saxophones alto et soprano, clarinette, voix), Pierre Dørge (guitare, ballophon, voix), Simon Spang-Hanssen (saxophones ténor et soprano), Jesper Zeuthen (saxophone alto), Morten Carlsen (saxophone ténor, clarinette), Uffe Markussen (saxophones soprano et alto), Niels Neergaard (trombone), Kenneth Agerholm (trombone), Irene Becker (orgue, piano, caxixi, voix), Peter Danstrup (basse), Ole Rømer (batterie, percussions, voix)

remarques

chronique

Styles
jazz
musiques du monde
Styles personnels
avant-garde

Comment débuter une chronique de disque dont on sait avant même de commencer qu'on ne parviendra pas à mettre en lumière la substantifique moëlle qui l'anime ? Pierre Dørge, guitariste danois, a longtemps joué pour John Tchicai, figure de proue du mouvement free New Yorkais qui pourtant, à l'instar de Don Cherry, avait décidé de s'établir en Europe pour commander ses opérations. Échange de bons procédés ; quand le guitariste s'est vu propulsé à la tête de son propre big band, le New Jungle Orchestra, au début des années quatre-vingt, c'est John Tchicai qui s'est fait un point d'honneur à intégrer le groupe, fort de treize têtes de pipe. C'est ainsi en véritable chef d'orchestre que Dørge conduit sa troupe ; des percussions à tout va, un ensemble de cuivre touffus de six musiciens (trombone, saxophones, clarinette), orgue, vibraphone, basse, guitare et tous ces instruments pittoresques qui donnent une couleur panafricaine à sa musique. Car, bien que le nom générique le laisse suggérer, en regard de ses origines, il y a de quoi rester circonspect face au résultat. Un danois insufflant à sa musique des fragrances africaines ? N'est-ce point étonnant ? Avec son New Jungle Orchestra, Pierre Dørge inscrit un nouveau chapitre, plus qu'une nouvelle étape, dans l'exploration de la mixité des cultures au travers du filtre du jazz, chose autrefois mise en branle par Chris McGregor au sein du Brotherhood of Breath, et qui se voit relayée aujourd'hui, par touches subtiles, dans les efforts du Very Very Circus d'Henry Threadgill. Les inflexions free, les plans avant-gardistes, les furies tumultueuses d'un ensemble à la générosité toute contenue héritée des Workshop de Charles Mingus passent en filigrane, et les nuances, importantes car elles permettent à la musique de basculer d'un extrême à l'autre, sont minimes (la ligne de basse inquiétante de "Jungle Rituals" sur un tapis de percussions, le trouble généré par l'atmosphère de "Fullmoon in Brikama") mais suffisantes pour susciter un intérêt certain.

note       Publiée le jeudi 15 mai 2003

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