Les objets chroniqués

Vous êtes ici › Les groupes / artistesFGabriel Faure (1845-1924) › Nocturnes

Gabriel Faure (1845-1924) › Nocturnes

36 titres - 138:10 min

  • CD 1 70.22 - 1/ Nocturne 1 7.50 - 2/ Nocturne 2 5.54 - 3/ Nocturne 3 5.01 – 4/ Nocturne 4 7.00 – 5/ Nocturne 5 8.26 - 6/ Nocturne 6 9.11 - 7/ Nocturne 7 10.02 - 8/ Nocturne 8 2.27 - 9/ Nocturne 9 4.50 - 10/ Nocturne 10 4.32 - 11/ Nocturne 11 4.21 - CD2 67.48 - 1/ Nocturne 12 5.42 - 2/ Nocturne 13 7.12 – 3-14/ Thème et variations en ut dièse mineur 16.24 – 15/ Ballade en fa dièse majeur 14.33 – 16-24/ Préludes op. 103

enregistrement

Enregistrement : Paris, Salle Wagram, 1-14 en juin 1973, 15 le 20 mai 1983, et 16-24 le 12 novembre 1980.

line up

Jean-Philippe Collard (piano)

remarques

Je recommande donc cette interprétation. Ca ne veut pas dire que ça soit la seule valable évidemment. Mais il y a chez Collard une délicatesse un peu sèche à la fois fascinante et opportune.

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
piano seul-romantique/xxième siècle

Gabriel Fauré était un contemplatif. Voilà bien une des évidences qui ressortent de ses «Nocturnes» exceptionnels, doux, obscurs et mystérieux. Le premier arrive tel le temps qui se suspend… oui, réellement. Cette première note, à la fois cristalline et, on ne saurait dire pourquoi, mélancolique et noctambule… cette mélodie si retenue qui s’ensuit, posée comme un regard vers la campagne sous la lune, et qui nous conduit à l’orée d’un thème qui se révèle alors, sombre et descendant, comme le regard tomberai soudain sur une ombre mouvante à l’orée d’un sous-bois. Fauré contemple la nuit, son temps au ralenti, ses secrets chuchotés, ses ombres, son calme et ses brises fraîches, et s’immerge parfois dans ses épaisses ténèbres. Le musicien travaille ici dans la simplicité, la pureté des aigus et la rondeur sérieuse des graves qui restent en retrait comme un arrière plan montagneux. Dessus se promènent les notes limpides avec délicatesse, peu de virtuosité, de fontaines, juste un rythme d’errance, des saccades nonchalantes, des apparitions claires et esquisses mélodiques comme autant de lueurs, d’endroits et d’événements se déroulant là-bas, sous la nuit qu’on regarde, dans les notes qu’on écoute. Romantique, orageux comme sur le deuxième, apaisant et secret comme dans le quatrième, languissant, éprouvé comme le sixième, Fauré évoque les nuits, sous toutes leurs formes. Hanté parfois par le fantôme de Chopin, le compositeur sait y faire l’allégeance nécessaire pour mieux lui échapper. Il y a dans ses choix une rigueur plus contemporaine, dans son errance une précision invisible plus austère et moderne. Les partitions très soignées laissent toute la place à chacune de leurs notes pour qu’elle puisse s’épanouir, apporter sa matière et son identité ; c’est à la fois éparse, complexe, esthétique et profond. La mélodie est une passante sur laquelle il n’est pas obligatoire de s’attarder, on peut la laisser déambuler à sa guise sur la route qui se perd là-bas dans la forêt, elle peut traverser ses lieux d’ombres dans lesquels l’œil se plonge, l’oreille captivée par les mouvances ténèbres des notes graves qui ondulent dans le fond de la vallée. Il y a juste du piano vous savez alors… cela devient difficile de trouver les mots nouveaux, les tournures spécifiques, les métaphores parfaites pour vous faire toucher des yeux ce que Fauré dessine avec le bout des doigts. Ca s’écoute avec les oreilles ouvertes comme les yeux quand il regarde les étoiles dans le ciel… grands. Les détails tombent comme des petites gouttes, scintillent, apparaissent, fuient… la nuit observée, la nuit tranquille… et tout cela au piano.

note       Publiée le jeudi 1 mai 2003

réseaux sociaux

tags

Vous devez être connecté pour ajouter un tag sur "Nocturnes".

notes

Note moyenne        3 votes

Vous devez être membre pour ajouter une note sur "Nocturnes".

commentaires

Vous devez être membre pour ajouter un commentaire sur "Nocturnes".

Reflection › jeudi 19 mars 2009 - 18:34  message privé !

Absolument d'accord avec le post précédent... Ce disque s'apprivoise et nous transporte facilement. Domage qu'il ne soit pas plus connu, beaucoup de pianiste devraient s'en inspirer. Un disque d'une beauté naturelle.

Note donnée au disque :       
necromoonutopia666 › samedi 18 octobre 2008 - 19:13  message privé !

je n'ai pas cette version. Mais les nocturnes de Fauré Sont vraiment exeptionelles. Jamais dans la surenchère et la grandiloquence. J'irai presque jusqu'à dire que c'est une voie aisées pour qui veux découvrir le classique par des oeuvres en piano seul. Les mots "beauté" et "retenue" prennent ici tout leur sens.

Note donnée au disque :       
matstriker › mercredi 14 mai 2008 - 22:57  message privé !
tiens, j'étais passé à coté de celui-là. Comme tout le monde sur guts apparemment. C'est bien dommage... Mais les initiés savent...
Les.Mondes.Gothiques › lundi 27 décembre 2004 - 17:12  message privé !
Oula .. . . la Même COupe de CH'veUx qu'ONcLe aLPHonsE .. . ... TieNS d'aILLEurs fauT que je paSSE le vOir .. .COmme c'étaiT NOËl ya paS loNGtemPs, Il Se senTIra OBLigé de Me fiLEr queLquES bIFToNS .. .!
Sheer-khan › jeudi 1 mai 2003 - 17:10  message privé !
avatar
Non.