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Toru Takemitsu (1930-1996) › Quotation of a dream...

7 titres - 70:59 min

  • 1/ Day signal (1987) 2.04
  • 2/ Quotation of a dream (1991) 16.16
  • 3/ How slow the wind (1991) 10.46
  • 4/ Twill by twilight (1988) 12.42
  • 5/ Archipelago s. (1993) 12.06
  • 6/ Dream/window (1983) 13.46
  • 7/ Night signal (1987) 3.19

enregistrement

Enregistré aux studios Abbey Road, Londres, studio 1, 12/1996 (4,5,7) et à Watford, The Colosseum, 12/1996 (1,3,6) et 03/1997 (2). Producteur exécutif : Nigel Boon.

line up

Paul Crossley, Peter Serkin (piano sur 2) ; London Sinfonietta ; Olivier Knussen (direction)

chronique

Styles
musique classique
Styles personnels
impressions pour orchestre-xxième siècle

Dans les dernières années de sa vie, Toru Takemitsu retrouva ses premières amours et livra une série d'impressions pour orchestre à la fois simples et orfèvres. Takemitsu, en artiste japonais, fait les choses avec délicatesse, une forme incoercible de minimalisme, l’art du détail et des moindres échos. Dans ces sept tableaux pour petit orchestre, chaque note, son, harmonie, a autour de lui tout l’espace nécessaire à son accomplissement. C’est une musique du cours des choses, qui respecte l’instant, une musique du moment, du violon qui passe, de la flûte qui ondule et s’en va. Quelques entrées encore, et l’espace acoustique s’ouvre et se déploie, diaphane et brillant. Le piano, comme de bien entendu, est de rosée, et, du hautbois à la clochette en passant par les cuivres et les vents violoncelles, on traverse les roseaux, les hautes herbes qui se penchent, quelques nuages filaires qui irisent le soleil. Entre rêve et méditation, Toru Takemitsu est entre deux lumières, à l’angle des lueurs. Des mélodies distantes, aux rythmes capricieux, une main de coloriste qui use des plans sonores comme de loupes et de caches… mais jamais un sourire. Si beau temps il y a, il est sans émotion, durement contemplatif ; grondant de ténèbres, de gros nuages tambours viennent souvent inquiéter les natures immobiles de l’artiste japonais. Chez Takemitsu l’image naît du mouvement, du rapport des sons, mais pas des mélodies, trop abstraites, et d’ordre événementiel. A travers les merveilleux éclats du piano et d’une cloche dialoguant sans langage, suspendu à la note d’un violon monologue, peu à peu emporté par les levées sonores de l’orchestre réduit, on est dans la musique comme on subit un rêve. On y est sans inquiétude, mais tout est étranger ; on se croit être au cœur, mais les choses nous échappent ; on ne trouve le confort et enfin le chemin que si on se laisse faire. En renouant ses amours avec l’impressionnisme, le calme et Debussy, Takemitsu s’impose comme un sculpteur et peintre devenu maître en son art. Des espaces amples, tout en mouvances subtiles, en touches de pinceau. Une musique qui au détour d’un lac, au passage d’une cigogne peut parfois apaiser, mais qui reste avant tout, pour qui ferme les yeux, une merveilleuse vibration inquiète.

note       Publiée le dimanche 9 février 2003

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Dioneo › mardi 29 septembre 2015 - 16:41  message privé !
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Ou From Me Flows What You Call Time... Une des pièces les plus immobiles et à la fois insaisissablement "non figée" que je connaisse, je crois bien.

Ou son fameux Requiem.

Ou ses pièces pour piano seul - j'ai perso mis plus longtemps à y entrer mais maintenant j'aime...

Ou... Ben beaucoup d'autres, en fait, quoi.

Alfred le Pingouin › mardi 29 septembre 2015 - 16:20  message privé !

Tu as écouté "In an Autumn Garden" du sieur Takemitsu? Une pièce pour ensemble gagaku qu'est assez "impressionniste-debussyste", ça peut te plaire. Et ça m'intéresse que tu donnes ta définition de gutsien, parce que tu sembles plusieurs fois utiliser le terme assez arbitrairement...

troubadourpaladin › mardi 29 septembre 2015 - 15:05  message privé !

Bon je prends le risque de vous faire chier un peu, mais pour moi Takemitsu est stérile en ce qui concerne mon intérêt. J'aime mieux Hosokawa, Mayuzumi, Akutagawa qui sont en somme beaucoup plus gutsiens et dignes de chroniques. Pour ma part, de Toru Takemitsu, j'ai A flock descends into the Pentagonal garden, que je trouve bon, sans plus...

mangetout › mercredi 7 décembre 2011 - 17:49  message privé !

... et si je m'y suis intéressé c'est en voyant tes disques écoutés cher Moonloop, la récurrence du nom Takemitsu a fait le reste et par l'odeur alléchée j'y suis tombé dedans, donc ce n'est pas un hasard si tu te permets de rebondir... longue périphrase pour te dire merci.

Moonloop › mercredi 7 décembre 2011 - 17:27  message privé !

Essaie le morceau "From me flows what you call time" tu ne vas pas être déçu! (que tu trouveras à un prix modique d'ailleurs, chez Sony). Chez Naxos également: "Toward the Sea, Rain Tree, Rain Spell, Bryce" des plus fascinants... Et puis, les disques chroniqués par Sheer-khan, évidement...



Le brillant classics est très bien aussi, avec ce remarquable "November Steps", entre autres. Euh, bon... Takemitsu et moi c'est une grande histoire d'amour, c'est pourquoi je me suis permis de réagir... :)

Note donnée au disque :