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Jimmy Scott › Holding back the years

10 titres - 49:08 min

  • 1/ What Wouldn't I Give (5:16)
  • 2/ The Crying Game (5:06)
  • 3/ Jealous Guy (5:23)
  • 4/ Holding Back the Years (5:28)
  • 5/ How Can I Go On (5:13)
  • 6/ Almost Blue (3:49)
  • 7/ Slave to Love (4:27)
  • 8/ Nothing Compares 2 U (6:18)
  • 9/ Sorry Seems to Be the Hardest Word (4:53)
  • 10/ Don't Cry Baby (3:15)

enregistrement

Hillside Sound Studio, New York City, USA, 1998

line up

Jimmy Scott (chant), Matt Muniseri (guitares), Hilliard Green (basse, contrebasse), Victor Jones (batterie), Michael Kanan (piano), Bruce Kirby (saxophone), Pamela Fleming (trompette), Gregorie Maret (harmonica), Charles Coleman (arrangement cordes), Susan Aquila (violon), Hye Kyung Seo (violon), Wayne Graham (violon), David Gotay (violon)

remarques

chronique

Styles
jazz
Styles personnels
jazz vocal > crooner

En schématisant, et pour faire simple, il y a deux catégories d'artistes : les compositeurs, véritables créateurs et metteurs en scène de leurs propres démons, et les interprètes, souvent dénigrés, au rôle limité à celui de pantomime. Pour vous prouver le contraire, j'ai l'insigne honneur de vous présenter Jimmy Scott, autrefois connu sous le nom de "Little Jimmy Scott", en raison de sa taille et de cette voix haut perchée que l'on croirait féminine. Un chanteur comme on n'en fait plus. Et pour enfoncer le clou, je dirais même qu'il y a deux types de chanteurs : il y a les chanteurs d'un côté, et puis... Il y a Jimmy Scott. D'accord, sa technique ancestrale, son vibrato parfois grotesque, son velours soprano sera du genre à irriter tout ceux qui estiment que ce qui est vieux est systématiquement dépassé. Il y a pourtant dans sa théâtralité un malaise permanent, une douce faiblesse qui fait rendre les armes à quiconque écoute ce chant déchiré et plaintif. Scott est de ceux qui s'approprient les textes des autres pour les pervertir dans son univers jazzy-blues brumeux, rendant l'ambiance dépressive d'un piano bar que seule la fumée de centaines de cigarettes n'a pas déserté. Chaque mot, chaque son a le poids d'une enclume et portent en eux l'intensité d'un drame vécu de l'intérieur, celui-là même avec lequel il vit depuis qu'il est venu au monde (il est atteint d'une déficience hormonale appelée syndrome de Killman). Sur cet album de reprises relativement récent, l'exercice des standards propre au jazz prend des allures plus légères puisque de John Lennon à Elton John, de Prince à Simply Red, d'Elvis Costello à Bryan Ferry, c'est à la pop qu'il s'attaque. Chaque ballade sentimentale et sirupeuse se transforme, au travers de ses cordes vocales, en playdoyer de la dernière chance, en chant du cygne ultime, en ce cri de détresse qui contient toutes nos peurs inavouables. Jimmy Scott pourrait nous chanter la notice d'un médicament aux effets secondaires dévastateurs ou une contredanse fraîchement verbalisée par un mec en uniforme qu'on ne peut pas saquer que cela en resterait toujours aussi bouleversant.

note       Publiée le jeudi 6 février 2003

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