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Raison D'Etre › In sadness, silence and solitude

cd • 6 titres

  • 1Reflecting in shadows
  • 2In abscence of light
  • 3The well of sadness
  • 4Deep enshrouded
  • 5Falling twilight
  • 6Passing inner shield

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Peter Andersson

remarques

chronique

Attention, ‘In sadness, silence and solitude’ n’est pas un album à écouter dans n’importe quelle condition ; à tant explorer les ténèbres de l’inconscient, à fouiller des mondes difficilement accessibles aux sens en quête de spiritualité et de réponses, Peter Andersson a fini par effleurer une parcelle de cette clarté qu’on nommera sagesse, essence, Dieu selon sa croyance. Plus encore que les précédents opus de Raison d’être, ‘In sadness, silence and solitude’ m’apparaît comme la parfaite métaphore de la quête de l’âme, celle qui traverse, le doute, la solitude, la souffrance pour apercevoir au bout du chemin, l’éclat de cette lumière digne de tous les sacrifices. Peter a épuré sa musique pour n’exprimer que l’émotion pure, mise à nu, dépouillée de toute coquille superficielle ; chaque souffle, chaque bruit, chaque silence y exprime quelque chose. Le premier morceau m’évoque une transcription musicale de la philosophie des voûtes romanes : une infra basse gronde sourdement, lointaine, s’enfle progressivement jusqu’à un paroxysme où éclate un chant grégorien, comme le pèlerin reçoit une réponse au cœur de sa prière tourmentée. Puis la tension s’effondre et retombe en bribes sonores, l’âme fortifiée retourne humblement sur terre. La deuxième piste est un prolongement de cet état de sérénité ; des synthés mélancoliques planent, rythmé par une percussion hésitante, comme un pas maladroit. Le calme n’est que provisoire et les titres suivants montrent que dans la quête de la sagesse, rien n’est acquis définitivement. Eternel combat entre l’ombre et la lumière, la musique nous entraîne entre basses organiques, grincements métalliques répercutés à l’infini, chants grégoriens et nappes tristes. Cette hésitation constante est résumée sur ‘Passing inner shield’ construit en plusieurs parties, entre abysses et cieux, le tout s’achevant en apothéose sur un sample de chant religieux, comme si l’âme meurtrie apercevait enfin derrière les nuages un rayon de cette divine lueur, fruit de son périple. De l’écoute de ‘In sadness, silence and solitude’, on ne ressort pas intact tant il est d’une maîtrise rare au niveau des atmosphères ; un chef-d’œuvre jamais égalé qui se ressent plus qu’il ne s’écoute.

note       Publiée le mercredi 29 janvier 2003

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Note moyenne        28 votes

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Dead26 › samedi 16 avril 2016 - 10:43  message privé !

Reçu il y a quelques jours (avec l'avant dernier) mais pas encore écouté en vrai... Pour l'instant je me les refait tous dans l'ordre chronologique, suis en plein dans ma phase R.E !

Note donnée au disque :       
Hazincourt › samedi 16 avril 2016 - 10:37  message privé !

Il est dans mes préférés celui là ! "In abscence of light" extase totale à chaque écoute ... As tu écouté le dernier en date ? "Mise en abyme" ?

Dead26 › samedi 16 avril 2016 - 09:31  message privé !

Aussi pur qu’un fragment de cristal qu’on oserait à peine effleurer... Un chef d’œuvre !

Note donnée au disque :       
Wotzenknecht › mardi 18 septembre 2007 - 10:23  message privé !
avatar
Pour ne pas rester sur ces vieilles blagues de gosses, parlons à nouveau de ce Raison d'Etre, très minimaliste en effet (dans le premier sens du terme : le peu de sonorités présentes sont d'une extrême pertinence). Je rejoindrais cependant le point de vue des méandres mélancoliques plutôt que de la pure introspection car cette dernière (à mon goût) ne peut s'encombrer de connotations religieuses (pour ma part) qui séparent l'âme du corps. Pour moi un vrai moment d'introspection passera par des ambiances beaucoup plus froides, abstraites, glissantes (The Old Teahouse de LEAK par exemple)
Aiwass › dimanche 10 décembre 2006 - 07:56  message privé !
Cheap de panurge ?