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Modest Moussorgski (1839-1881) › Les tableaux d'une exposition

12 titres - 28:47 min

  • 1/Promenade
  • 2/Gnomus
  • 3/Vecchio Castello
  • 4/Tuileries
  • 5/Bydlo
  • 6/Le ballet des poussins dans leurs coques
  • 7/Samuel Goldenberg et Schmuyle
  • 8/Promenade
  • 9/Limoges
  • 10/Catacombes
  • 11/La cabane de Baba-Jaga sur des pattes de poule
  • 12/La grande porte de Kiev

enregistrement

Minneapolis, Etats-Unis, mars 1964

line up

Orchestre Symphonique de Minneapolis dirigé par Antal Dorati. Musique composée par Modeste Moussorgsky. Arrangée pour orchestre par Maurice Ravel

chronique

C’est pour rendre hommage à la mémoire de son ami, l’architecte et dessinateur Viktor Hartmann (1842-1873) que Modeste Moussorgsky (1839-1881) écrit en 1874 cette œuvre en dix mouvements, chacun de ces derniers se rattachant en fait à un des tableaux de Hartmann. Les tableaux d’une exposition (posthume donc), sont pour cette raison emprunts d’une mélancolie, plus ou moins subtilement prononcée, à peu près constante. La version originale a été écrite pour piano, mais c’est grâce à la transposition orchestrale du français Maurice Ravel que l’œuvre est devenue célèbre. Ils sont d’ailleurs nombreux à penser que cette version est bien plus colorée, majestueuse et vivante que l’originale (je suis de cet avis). Le premier tableau/ morceau, « promenade », est tout majestueux, solennel, carré et cuivré. Le second tableau/morceau, « gnomus », est une musique grave, puissante et sombre, presque fantasmagorique, et pas très éloignée du style Moussorgsky qu’on retrouve sur « une nuit sur le mont chauve » ; elle est censée représenter la marche maladroite d’un petit gnome. En fait, cette œuvre est d’une complète réussite par rapport à son concept, car sur chaque morceau, chaque mouvement, Modeste nous dépeint une fresque, un panorama unique et original, contrastant généralement beaucoup avec le tableau précédent. Ainsi, « Vecchio Castello », mouvement lent, grave et solennel, est suivi de « Tuileries », un mouvement fluet et légèrement inquiétant, qui représente une dispute d’enfants. Vient ensuite Bydlo, très lourd et traînant, voir agaçant ; puis le « ballet des poussins dans leurs coques » , d’une surprenante légèreté et cocasserie. Bref, cette musique, vous l’aurez compris, est très évocatrice, très parlante et très variée (Moussorgsky nous laisse en plus toujours le temps de reprendre notre souffle entre chaque pièce) ; après chacun y voit ce qu’il veut, et je ne pense pas que les tableaux de Hartmann aient encore une quelconque importance, on peut les oublier. Au travers de l’ensemble de l’œuvre, on retient tout de même une incontestable tristesse, mais aussi un caractère très « fantastique » fortement prononcé, et très propre au compositeur à mon avis. Tels sont selon moi les deux maîtres mots transparaissant le plus à travers ces tableaux. Enfin pour finir, disons quelques mots sur les deux derniers tableaux, que beaucoup considèrent comme les plus réussis. La cabane de Baba-Jaga est un mouvement incisif, offensif, puissant, rythmique, rapide et totalement hallucinant ! à son écoute, on se dit que les compositeurs de musique de films actuels n’ont décidément rien inventé… le clou du spectacle réside cependant dans le dernier tableau, le « grand mur de Kiev » ! sa majestuosité, sa beauté et sa magnificence sont belles à pleurer…là encore, on croit entendre une Bande Originale de Film, c’est dire si cette œuvre, anté-cinématographique de 1874 a influencé les générations futures. Enfin, n’oublions surtout pas l’importance et la réussite de la transcription de Maurice Ravel. Grâce à lui, les tableaux ont permis d’être connus de tous. Il a réussis à conserver l’esprit très slave et contemporain de ce chef d’œuvre, on lui ajoutant même une touche supplémentaire.

note       Publiée le mercredi 25 décembre 2002

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Coste › lundi 12 octobre 2015 - 21:09  message privé !

Intolérablement bon. (Et non retouché par Rimsky, précision ultime !)

klaark › samedi 15 mai 2010 - 11:24  message privé !

Pour les amateurs, je ne peux que vous conseiller la superbe adaptation animée des Tableaux par Osamu Tezuka!

Invok Satha › lundi 11 janvier 2010 - 00:22  message privé !

Tableaux d'une exposition, c'est une des pièces de musique qui m'a le plus retourné, récemment. Je l'ai découverte lors d'un récital dans sa version originale, pour piano. J'ai quand même écouté sa version orchestrale, qui s'avère être plaisante et sait se montrer puissante également. Mais à mes oreilles, le piano a tellement plus de nuances. Et c'est surtout pour cet instrument que cette pièce a été composée. La mélancolie, ce n'est pas ce qui domine (à part dans Il vecchio castello), l'œuvre fait appel à beaucoup d'émotions et finit en apothéose avec cette "Grande porte de Kiev" qui souffle un vent d'exaltation, de puissance, où l'instrument est soumis à rude épreuve. Les "tableaux" de Hartmann qui subsistent sont en comparaison bien anecdotiques, étant le plus souvent de simples esquisses. Mais quelle passion dans Moussorgsky !

Note donnée au disque :       
CeluiDuDehors › mardi 28 juillet 2009 - 17:10  message privé !

Oui c'est donc une question de gout, moi je trouve que cette musique a quelque chose de feerique, de leger, quelque chose qui fait voyager, ca fait des etincelles un peu partout dans l'orchestre, c'est sur c'est pas une piece d'une profondeur inouie mais bon musicalement on peut pas dire que ca soit mal fait et encore moins qu'il y ait peu d'idees musicales, franchement il suffit de regarder la partition, c'est tres annonciateur de la musique de Ravel par exemple, ca rapelle aussi tres souvent les meilleures pages de Tchaikovsky, y a pleins de petites trouvailles intelligentes un peu partout. Bon apres si on aime pas ce cote leger/feerique c'est certain qu'on peut trouver ca mou/ennuyeux/sans profondeur j'en convient. Musique descriptive oui, qui tourne a vide, NON!

Arno › mardi 28 juillet 2009 - 16:39  message privé !

(C'est loin d'être mon œuvre préférée de Sibelius, même si ça reste un must)... Disons que je suis tout à fait d'accord avec ton post de 11h44... Je suis moi aussi admiratif devant un si bel orchestre, mais je rage devant le peu d'idées musicales et de profondeur... C'est une belle musique descriptive qui tourne à vide... Quand je parle de vide, je ne parle que de l'émotion musicale que je cherche encore...

Note donnée au disque :