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Kraftwerk › The man machine

cd • 6 titres

  • 1The robots
  • 2Spacelab
  • 3Metropolis
  • 4The model
  • 5Neon lights
  • 6The man machine

enregistrement

Klingklang studios, Düsseldorf, Allemagne, 1978.

line up

Ralf Hütter (chant, électronique), Florian Schneider (chant, électronique), Karl Bartos (percussions électroniques), Wolfang Flur (percussions électroniques)

remarques

chronique

Créer une musique propre à priver de tout libre-arbitre, de toute volonté, de toute velléïté de réflexion, faire de chacun de nous, quel que soit son rang, un robot stupide et soumis à l'impitoyable pulsation. Plus que jamais, Ralf et Florian se font les chantres de la modernité. Nous vivons à l'ère des machines qui anéantissent impitoyablement le caractère humain de toute création. Bientôt, elles nous dominerons en tout, Deep Blue battra le champion du monde d'échecs et l'ordinateur sera devenu le seul outil de composition, le seul medium qui nous lie au monde extérieur, le seul instrument de musique. Toute trace d'humanité non encore fonctionnelle doit être passée au filtre de la machine. Nous y sommes. Qui a vu Kraftwerk sur scène vous le confirmera : ce sont à présent des automates qui jouent à leur place. Disque le plus célèbre, le plus influent et le plus cité, véritable archétype, "The man machine" en est devenu un classique : "We are the robots..." Tout est dit. D'une perfection froide et effrayante, cette electro-pop composée et agencée au millimètre n'aura pas fini de faire rêver tous les producteurs new-wave, en même temps qu'elle trouvera son parfait écho outre-atlantique, dix ans plus tard, avec le "Strings of life" de Derrick May, qui signe l'acte de naissance de la techno. Au fond de tout cela, vous trouverez (en cherchant bien), une petite pointe de tristesse et de mélancolie, comme un vague regret de l'ordre ancien. En attendant, ce disque résume plus que tout autre l'ordre nouveau, bien qu'il s'irrigue aux sources de l'expressionisme et du constructivisme, et bien qu'il aille du côté d'une pop plus dansante et plus universelle. Même si la vision somme toute insupportable véhiculée par ce disque (qui n'a pas tant vieilli que ça, je trouve) est aujourd'hui battue en brèche, elle continuera encore longtemps à fasciner et à exercer son irrésistible pouvoir d'attraction/répulsion.

note       Publiée le mardi 20 décembre 2005

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notes

Note moyenne        41 votes

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(N°6) › dimanche 17 mai 2020 - 11:24  message privé !
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Non, trois posts pour ne rien dire et faire des injonctions. On se croirait sur Twitter putain.

Richter › dimanche 17 mai 2020 - 10:46  message privé !

Je n'ai jamais dit qu'il n'y avait pas d'incidence sur le social. Je dis juste que cette appellation fait surtout référence à autre chose. 5 lignes pour ne rien dire...

Note donnée au disque :       
(N°6) › samedi 16 mai 2020 - 11:24  message privé !
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C'était vraiment très intéressant (mais en fait pourquoi les gens qui ont quand même appelé leurs parents/copain/copine pendant deux mois ils n'ont qu'une envie c'est d'aller les voir en vrai... hum, il doit y avoir un truc avec le social qui tiens dans le physique en fait, mais faut faire croire qu'être enfermé avec son smartphone c'est tout pareil qu'être ensemble IRL, aucune incidence sur le social bien sûr...). Parlons de Kraftwerk surtout, en tout cas ici.

Richter › samedi 16 mai 2020 - 09:01  message privé !

En fait c'est une notion de sociologie qui date des 70s et qui fait référence à la lutte des classes. Donc je le répète parlons plutôt de distanciation physique.

Note donnée au disque :       
(N°6) › jeudi 7 mai 2020 - 12:17  message privé !
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@Richter : euh... non. On parle bien de vie sociale, c'est à dire de vie en société, c'est à dire avec les autres, quels qu'ils soient. Le terme n'infère aucune différence de milieu ou de classe en lui-même. Donc distanciation sociale convient parfaitement, puisque ce qu'on vit actuellement justement va au-delà de la simple prise de distance physique (qui de toute façon va de soi sauf pour les moules et qui varie selon chacun, perso j'ai envie de coller des tartes aux gens qui me collent).

Mon préféré de Kraftwerk également. Hyper pop, dans le fond.