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Ascend › Ample Fire Within

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reg      lundi 6 avril 2026
Intheseblackdays      lundi 6 avril 2026
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cd • 7 titres • 62:09 min

  • 1The Obelisk Of Kolob4:25
  • 2Ample Fire Within7:08
  • 3Desert Cry8:56 [Reprise de McCoy Tyner] [Bonus Track de la version japonaise]
  • 4Divine9:06
  • 5V.O.G.10:27
  • 6Her Horse Is Thunder9:34
  • 7Dark Matter12:33

informations

Décembre 2006 - Janvier 2008

line up

Greg Anderson (basse, guitares [1, 3, 4], chant [6], synthétiseur [6], percussions [5]), Gentry Densley (guitares [1, 2, 4-7], chant [2-4, 6], sitar [5, 7], percussions [5])

Musiciens additionnels : Attila Csihar (chant [2]), Randall Dunn (percussions [5], anche [5]), Don McGreevy (percussions [5]), Steve Moore (piano électrique [2, 3, 4], trombone [1, 3, 4], orgue [6, 7], synthétiseur [1, 6], moog [5]), Kim Thayil (guitares [5]), Andy Patterson (batterie [1, 2, 6, 7]), Bubba Dupree (guitare lead [5]), Bill Herzog (cloches tubulaires [6], percussions [5]), Tyler Smith (batterie [3], percussions [3])

chronique

doom metal / drone / ambient / jazz doom-drone

Comment s’extraire d’un carcan de règles que l’on suit pourtant depuis longtemps mais dans lesquelles on finit par se sentir trop à l’étroit ? Comment innover quand on navigue dans un style aussi minimaliste et balisé que le doom-drone ? Les tables de la loi définies par les Melvins avec le morceau Hung Bunny ou Earth sur Earth² sont hélas strictes : riffs de guitares monolithiques, traînants et écrasants, magma d’infrabasses, bain de larsen…

Pourtant, dès 1996, avec Pentastar, Earth tente de s’affranchir de ses propres principes en mêlant son doom-drone avec un rock plus traditionnel donnant ainsi naissance à un stoner sous Lexomil. Puis, dans les années 2000, d’autres membres de cette petite scène sautent le pas et s’essaient aux mélanges parfois incongrus avec plus ou moins de succès : Boris ajoute une pincée de post-rock et de psyché aux nappes de guitares, et ce, dès Flood ; Sunn O))), qui s’éloignait des canons du genre dès Flight of the Behemoth, accouche du mitigé Black One aux effluves black metal ; Asva, sur le très réussi Futurist's against the Ocean, donne une épaisseur supplémentaire au style en jouant avec un orgue Hammond et les vocalises de Jessica Kenney… Même Earth, qui signe son grand retour en 2006 avec l’excellent et surprenant Hex, se lance dans l’exploration des grands espaces américains en fusionnant doom-drone et americana.

Et, pourquoi ne pas donner une coloration jazz au genre ? Deux vétérans de la scène, Greg Anderson (Sunn O))), Goatsnake) et Gentry Densley (Eagle Twin) s’interrogent avant de sauter le pas en invitant du beau monde au sein d’un projet commun visant à enrichir le son des guitares en fusion avec des cuivres, du piano électrique, de l’orgue Hammond. L’idée est intrigante sur le papier. Le nom de groupe retenu, Ascend, laisse d’ailleurs espérer une élévation spiritual jazz prometteuse.

Cependant, le début se révèle décevant. L’introductif The Obelisk of Kolob commence comme du drone classique, lent, lourd avant que ne se joignent aux guitares en fusion un ensemble de cuivres qui se veut majestueux mais semble plutôt relever de la fanfare municipale. Le résultat ? Plutôt qu’une élévation spirituelle, nous restons collés au plancher des vaches. De même, si Ample Fire Within, le morceau suivant, paraît plus prometteur avec une introduction au Wurlitzer et à la guitare qui se mue en drone accompagnant le chant menaçant de Gentry Densley et Attila Csihar, le tout rehaussé de quelques petites touches de cuivres et de piano électriques, le résultat semble stérile, ne mener nulle part.

Autre déception ? Avoir réservé Desert Cry, un des meilleurs morceaux de l’album, à l’édition japonaise. Pourquoi ? Mystère. Le morceau original de McCoy Tyner était déjà magnifique, avec son hautbois hypnotique flottant au-dessus des autres instruments. Le cri, ici, après une introduction au Wurlitzer rejoint par un chant diphonique, se fait écrasant, menaçant, douloureux même, avec ses guitares. Quelques notes de piano électriques ainsi qu’un trombone, lointain, survolent le magma grésillant, parfaits contrepoints à la lourdeur du morceau. Nous y sommes enfin. Alors que nous nous extirpons de cette gangue, de cette matière sonore compacte auxquelles nous semblions condamnées, l’ascension spirituelle peut débuter grâce à ce contraste entre la lourdeur des guitares et la légèreté des cuivres et du piano électrique.

Car oui, malgré un démarrage laborieux, le résultat s’avère, pour la suite, réussi, la fusion jazz/doom-drone prenante. Oh, il ne s’agit pas ici de jazz au sens strict du terme, mais plutôt d’usage de certaines couleurs (utilisation de Wurlitzer, d’orgue, de cuivres par Steve Moore, de sitar par Gentry Densley), d’une liberté de ton et d’une certaine spiritualité propre au genre.
Ainsi, Divine, aux guitares relativement légères mais à l’ambiance tendue, dégage une aura mystique portée par des prédications de plus en plus menaçantes de Gentry Densley se concluant sur quelques lignes de trombones légères et libératrices. V.O.G., qui repose sur des samples de cérémonies religieuses, un rythme tribal, un chant monocorde, un riff simple et répétitif agrémenté de quelques leads dissonants, développe une transe envoûtante. Her Horse Is Thunder ? Un simple enregistrement de chant amérindien qui sert de trame à un riff écrasant accompagné de nappes d’orgues, de quelques clochettes lointaines et d’un Moog simulant le bruit du vent. Un long solo de guitare inquiétant s’invite, transportant l’auditeur vers un espace hors du monde angoissant. Cérémonie religieuse inquiétante, le morceau s’avère être l’un des plus ensorcelants de l’album. Dark Matter, enfin, au long démarrage tout en tension porté par quelques notes de guitare et de sitar et par des nappes d’orgues, finit par éclater en une profusion de cuivres. Or là où The Obelisk of Kolob était lourdaud, le résultat s’avère, ici, chargé en émotion grâce à l’usage de l’orgue, quelques leads de guitare lumineux et un final écrasant, gifle divine nous ramenant à notre enveloppe charnelle.

L’expérience reste donc inégale, mais il serait dommage de passer à côté. Car si la sortie de la caverne s’avère malaisée, l’album permet, dans ses meilleurs moments, d’entrevoir une forme de transcendance, lorsque jazz et doom-drone parviennent à se rencontrer de manière féconde. La suite ? Elle sera affinée, améliorée, dépassée par Sunn O))) sur Monoliths & Dimensions. Mais ceci est une autre histoire.

Bon
      
Publiée le lundi 6 avril 2026

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Hallu Envoyez un message privé àHallu

Enervant que Desert Cry ne soit pas dans la version "normale", mais VOG et Her Horse Is Thunder restent deux titres absolument énormes, parmi le meilleur de ce à quoi Greg Anderson a participé. Dommage que Densley soit ensuite parti faire des choses un peu moins intéressantes avec Eagle Twin.

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Intheseblackdays Envoyez un message privé àIntheseblackdays

Album fétiche, acquis à sa sortie comme un énième side project d’Anderson comme O’Malley continue à en enquiller depuis quoi, 20, 30ans ? (Cette remarque de Nirguna/E. Gesthal m’a d’ailleurs marqué : pour SOMA une idée=un disque). Du coup je l’ai abordé comme l’un énième disque de « drone » venant remplir ma discothèque en me demandant pour quelle raison j’en achetais encore, vu que tout avait déjà été dit depuis des lustres. Maiiiiis, il m’a surpris, déjà le chant de Densley est un sacré plus. Les diverses instrumentations rajoute de la chaleur et de la vie à un truc qui pour moi est souvent stérile. Et puis cette reprise de McCoy Tyner avec son break et ce final… moment grandiose à sa découverte, qui me ravit toujours presque 20 ans plus tard. Monoliths & Dimensions sorti dans les mêmes eaux lui doit beaucoup oui mais je trouve plus la continuité de ce projet chez Eagle Twin que chez Sunn.

Message édité le 06-04-2026 à 17:49 par Intheseblackdays

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Ultimex Envoyez un message privé àUltimex
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Ah ? Ça ne m'a pas marqué sur ma version digitale (réécoutée pour la chronique). Pas souvenir de ça non plus avec la version vinyle.

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moustache Envoyez un message privé àmoustache
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Je ne l'ai écouté qu'en digital donc à voir, mais la production me pose problème. Tout est noyé dans les basses/mediums, ça manque clairement d'ouverture. Vraiment dommage. Quelqu'un pour confirmer si sur un autre support c'est mieux ?

Message édité le 06-04-2026 à 14:20 par moustache

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