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The Human Instinct › Stoned Guitar

lp/cd • 6 titres • 44:49 min

  • 1Black Sally6:38 [reprise de Mecca]
  • 2Stoned Guitar6:44
  • 3Jugg-a-Jugg8:01 [reprise de Jesse Harper]
  • 4Midnight Sun9:41 [reprise de Jesse Harper]
  • 5Tomorrow4:24 [reprise de John Kongos]
  • 6Railway and Gun9:19 [reprise de Taste]

informations

Pochette : Michael Smithers

line up

Larry Waide (basse, voix, guitare acoustique sur Tomorrow), Maurice Greer (batterie, voix, tambourin), Billy TK (guitare, voix),

Musiciens additionnels : Derek Neville (saxophone baryton sur Midnight Sun)

chronique

C'est plus qu'un peu culte, oui. Ce groupe, cet album... Black Sally, la chanson qui ouvre ce deuxième long, en particulier, et la longue plage-titre instrumentale qui suit – toutes deux reprises en leur temps et entre autres par la bande de siphonnés du Massachusetts nommés Vermonster (en 1991, sur un disque titré... Instinctively Inhuman). C'est mérité, cette postérité ? Eh bien ! Disons qu'en tout cas, ça ne laisse pas indifférent à la première écoute. Parce que ça racle. Parce que « ça joue ». Parce qu'un truc cloche alors qu'on reconnaît bien tout.

Soyons direct : The Human Instinct, oui, c'est chouette. C'est sale. Ça éclabousse. La recette est simple – la même, concoctée ici chez eux, en Nouvelle Zélande, que chez des dizaines de groupes aux États-Unis, au Royaume-Uni ou ailleurs à la même époque. Des reprises – des Australiens de Mecca (pour Black Sally), de leur compatriote Jesse Harper (Jug-a-Jug et Midnight Sun), du Sud-Africain John Kongos (Tomorrow) ou des Irlandais de Taste, le premier groupe de Rory Gallagher (Railway and Gun). Une tendance, sur les impros, à faire tourner un peu toujours le même groove, des progressions d'accords très proches, des lignes de basse à peine modifiées parfois, d'un morceau sur l'autre. Un son cru, en prise brute. Une approche,pour être honnête, qui pourrait paraître déjà usée, en cette année 1970 – proche, là encore, de celle de ces dizaines de groupes qui, la décennies précédente, avaient enregistrés dans leurs garage un, deux, trois singles parfois fracassants, parfois tout à fait interchangeables (parfois... les deux à la fois ?) avant de disparaître, happés dans les limbes d'une pop-culture qui se chargerait de les compiler encore et encore, plus tard, d'en faire des collections d'objets (décidément) fétiches. Une promenade sans arrière pensée, au fond, et sans doute « sans grand génie », sur les voies de cette liberté qu'avaient ouvertes les expérimentations des groupes psychédéliques anglais ou américains trois, quatre, cinq ans plus tôt. Une vision de la chose qui ne s'embarrasse pas de finesse – ni du moindre recul, à vrai dire ? Quelque chose comme ça, oui. Et ça pourrait tomber à plat, bien sûr.

Seulement voilà... Dans cette absence même de scrupules, de subtilités, de prétentions (ou d'ambitions ?), The Human Instinct trouve son espace, sa saveur propre, autant que sa limite. En vertu d'un tour simple, systématique mais foutrement efficace. J'ai nommé : l'EXCÈS ! Jeff Beck dans les Yardbirds, Clapton dans Cream, Hendrix jouaient fort (et beaucoup), exploraient le feedback, le fuzz, le bruit des amplis ? Billy TK ferait de même : balancerait sans se poser de questions, pendants que la section rythmique, derrière, ferait tourner ses motifs obsédés, ses boucles serrées à en devenir suffocantes. Ça donnerait alors le funk raidi de Stoned Guitar, comme une version obtuse, obnubilée par la quête du speed (toutes acceptions confondues, possiblement) du Band of Gypsys sorti cette même année, ou des moments les plus lourds de l'Experience, avant, les plus hard-rock chargé. Le chant – qu'il imite Hendrix (encore... oui, toujours, beaucoup, sur ce disque) ou Jack Bruce ou un autre – est presque tout le temps aux fraises, approximatif, amateur... Mais au point que ça en devient vite une bonne blague, tellement on parvient finalement presque tout de suite à s'en foutre.

Tout est en quelque sorte semi-pro, voilà, là-dedans – pas fignolé, balancé comme à l'arrache, l'intensité comptant seule. Le métier acquis certes, rôdé sur scène, ça s'entend, mais ne cherchant pas vraiment à dépasser ça, cette qualité de performance brute, ce plaisir abrupt (mais extensible) du Trop Tout le Temps, du On Verra Ce Qu'il En Ressort. Ça confine à la caricature, par moments – mais à vrai dire pas toujours plus que chez certains des « originaux » plus célèbres, qui avaient pu inspirer ce bouillant brouet, dans certains de leurs moments, vu d'aujourd'hui, surtout à considérer ce début de décennie où la musique changeait, où les idoles d'hier s'essayaient à d'autres choses ou s'en lisaient, creusaient leurs formules avec un bonheur divers. Ça bascule dans le risible, aussi, sur l'unique plage où ils tentent la ballade, changent brièvement de braquet – l'affreuse mélasse de Tomorrow, tout en mélancolie douceâtre, à la fraîcheur plutôt douteuse... On s'en remet. De ce faux pas. Puis une lampée – avec Railway and Gun, retour à un blues-rock rugueux et volubile tel que le groupe le pratiquait depuis ses débuts, en sa version la plus baveuse et rêche, en une fausse prise-live (en fait un enregistrement de studio avec des bruits de public ajoutés) du genre qui paraît dire ce-n'est-qu'un-au-revoir (et fais-tourner-copain, Don't boggart the joint).

Rien d'autre ? Non. Stoned Guitar de The Human Instinct, c'est du « rien d'autre » qui n'a guère, qui n'a pas besoin de plus. Un truc intègre au point de frôler parfois la sortie de route ou le calage en pleine voie. Un truc « culte », donc, comme dit d'entrée – et comme souvent, les « adeptes » de la chose vont facilement vous la vendre comme un alpha-et-oméga qu'elle... N'est certainement pas. Alors qu'avec nous, ils pourraient se laisser aller à ce moment cool et facile, sans se demander s'il y aurait ou non Grande Révélation. Ça fait VRRR. Ça fait WHAAAA. C'est du bon. De la bonne. Ça s'avale d'un coup. On y revient « les coups où » – où l'humeur y est, où on a envie, où on a besoin de bruit tout en couleurs sans se soucier plus que ça si la légende ou quoi y serait ou non ou bon. On s'y attarde les fois où le goût y est de pas bouder les ragoûts bien épais aux épices dosées par poignées.

Bon
      
Publiée le samedi 14 mars 2026

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    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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    (Et par ailleurs oui, tiens, on parlera de Dragibus - le groupe ! - un jour ou l'autre, dans le coin, parce que ça a très nettement sa place par ici... mais ça c'est une tout autre histoire, qui n'a guère à voir avec les ci-présents kiwis)

    Message édité le 15-03-2026 à 10:26 par dioneo

    Note donnée au disque :       
    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
    avatar

    Eh eh... Fallait bien que ça tombe un jour ! Même si, comme dit dans la chro, je trouve le "statut" de ce disque/ce groupe un poil exagéré, ça reste une sorte de classique dans le genre qui devient expé seulement en en foutant partout sans réfléchir ! Un "classique des trucs bonnards un peu nawak à écouter en gobant ou non des Dragibus par pelletées (mais en vrai peut être bien que c'est même mieux sans, me dis-je, là)".

    Message édité le 15-03-2026 à 12:34 par dioneo

    Note donnée au disque :       
    Giboulou Envoyez un message privé àGiboulou

    Yes ! Merci Dio!