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Pentagram › First Daze Here - The Vintage Collection
- 2001 • Relapse records RR6521-2 • 1 CD
cd • 12 titres • 44:47 min
- 1Forever My Queen02:24
- 2When the Screams Come03:00
- 3Walk in the Blue Light05:36
- 4Starlady05:15
- 5Lazylady03:48
- 6Review Your Choices02:58
- 7Hurricane02:05
- 8Livin' in a Ram's Head02:17
- 9Earth Flight02:51
- 1020 Buck Spin04:57
- 11Be Forewarned03:28
- 12Last Days Here06:08
informations
Morceaux 1, 2, 3, 6 & 10 : Bias Recording studios, 22 Mars 1973 ;
Morceau 4 : Underground Sound, 4-23 Septembre 1976 ;
Morceaux 5 & 11 : The Fireplace, 6 Juillet 1972 ;
Morceau 7 : Bias Recording studios, 13 Juin 1973 ;
Morceaux 8 & 9 : National Sound Warehouse, 5-14 Juin 1974 ;
Morceau 12 : répétition, Été 1974.
line up
Bobby Liebling (chant, guitare additionnelle [5, 11]), Vincent McAllister (guitares), Greg Mayne (basse), Geof O'Keefe (batterie), Randy Palmer (guitares rythmiques [8, 9]), Marty Iverson (guitares [4])
chronique
Nombreux sont ceux à s’être interrogé sur le succès, sur ses causes, sur comment le provoquer. Une littérature abondante plus ou moins sérieuse existe d’ailleurs à son sujet, de nombreux aphorismes en parlent… Mais, au final ? Nulle solution évidente à cette question pourtant simple : comment réussir ?
Comment ? Que me dites-vous ? Grâce au talent ? Allons, soyons sérieux. Deux secondes de réflexion seulement permettent d’arriver à la conclusion qu’à aucun moment, le talent ne rentre dans l’équation qui mène à la réussite. Une preuve ? Pentagram.
Formé en 1971, il faudra attendre 1985 pour que le groupe, sous une forme entièrement remaniée où ne subsiste que le chanteur Bobby Liebling du line-up original, sorte son premier album. La reconnaissance et l’estime, limitées à une scène doom que le groupe aura aidé à définir, finiront par arriver avec lenteur. Et il faudra attendre 2001 pour que Relapse Records sorte cette compilation regroupant des démos, captations de répétitions et singles enregistrés entre 1972 et 1976. Certains de ces morceaux ne vous seront peut-être pas entièrement inconnus car Bobby, au gré des incarnations et évolutions du Pentagram réactivé dans les années 80, pioche régulièrement dans la liste de ces compositions pour les réenregistrer. Et on le comprend à l’écoute de cette collection d’inédits : malgré une production parfois brouillonne (mais qui a son charme « d’époque »), chaque morceau s’avère un véritable petit bijou. Comment l’expliquer ?
Déjà, par la qualité des musiciens. La section rythmique composée du batteur Geof O'Keefe et du bassiste Greg Mayne ? Solide, comme chez Black Sabbath, capable d’un groove redoutable (le dernier break de When The Screams Come) ou de tout écraser sur son passage (ainsi 20 Buck Spin, Walk In The Blue Light ou Review Your Choices).
Vincent McAllister à la guitare ? Une machine à riff, tantôt proto-doom (Forever My Queen au tremolo menaçant ou Review Your Choices, très Sabbath dans l’esprit), tantôt proto-stoner (Earth Flight, Livin' In A Ram's Head), tantôt hard-blues d’inspiration Blue Cheer (Lazylady), mais toujours percutant. Quant à ses solos, ils sont souvent classiques et efficaces. Et certains sortent du lot, que ce soit par l’émotion qu’ils dégagent (dans Starlady par exemple) ou parce qu’ils sont simplement beaux (ceux de Review Your Choices ou de 20 Buck Spin, notre guitariste laissant libre cours à sa verve sur ce dernier morceau).
Et que dire de Bobby Liebling ? Bon chanteur, il se démarque surtout par son côté théâtral, capable d’être tour à tour inquiétant, imprécateur, menaçant, terrifié, suppliant, hanté, touchant aussi. Be Forewarned est ainsi l’occasion pour le chanteur de démontrer toute l’étendue de son talent.
Ajoutons ensuite à cela une faculté certaine pour écrire des morceaux variés et prenants. Chaque titre révèle ainsi une facette du groupe : Forever My Queen, très Sabbath avec son côté sinistre ; Walk In The Blue Light, plus calme et bluesy ; le magnifique Starlady, hard rock aux arpèges de guitare menaçantes et aux superbes solos ; Lazylady, hard blues primesautier et dynamique ; Earth Flight, proto-stoner qui ne s’éparpille pas en fioritures inutiles avec son riff basique mais efficace, l’excellent Be Forewarned avec sa tension terrifiante ou le touchant Last Days Here, mélancolique…
Notons enfin le côté pionnier de la musique du groupe. Ainsi, à l’instar d’un Black Sabbath (avec qui il partage un goût similaire pour la lourdeur et la noirceur) ou d’un Blue Cheer (qu’il admire), Pentagram porte en lui les germes du doom, du stoner et, de manière générale, d’un heavy metal naissant.
Alors, avec tout cela en main, comment expliquer l’absence de reconnaissance du groupe à l’époque ? A de mauvais choix, de mauvaises habitudes déjà, dont les problèmes d’addiction de Bobby qui aboutiront à son arrestation en 1975. A une certaine intégrité peut-être, aussi : alors que Paul Stanley de Kiss souhaiterait acheter certains de leurs morceaux, le groupe refuse toute offre, préférant garder le contrôle sur ses créations quitte à sacrifier ainsi une opportunité de gagner en visibilité. Au manque de chance, peut-être, enfin. Dommage.
Alors, le talent, condition nécessaire et suffisante au succès ? Arrêtez de dire des bêtises et allez plutôt écouter cette compil’. Car si elle démontre bien quelque chose, c’est plutôt que l’on peut trouver magnificence et inspiration même dans l’échec et la défaite.
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- nowyouknow › Envoyez un message privé ànowyouknow
Oui celui sur Bobby est le plus sordide des trois. J'ose pas imaginer la suite alors...
- Rastignac › Envoyez un message privé àRastignac

Le documentaire sur Anvil est génial, je le trouve quand même plus proche parfois de Spinal Tap mixé avec un Wayne's World canadien que de la déchéance morbide du Bobby, sachant qu'en plus il fera encore pire par la suite. Some kind of Monster ressemble un peu à Californication sans le cul, mais avec la fatuité du tout Hollywood, et de la déconfiture des gens trop riches, des artistes trop peu inspirés. Ils sont quand même bien désincarnés les Metalloche dans ce documentaire (et le winner reste le psychologue, l'escroc à un million de dollars)
- nowyouknow › Envoyez un message privé ànowyouknow
Ce groupe est pour moi indissociable d'Anvil à cause de deux docs plutôt marquants vus assez rapprochés. Si j'y ajoute Some Kind of Monster on finit par se demander si le metal n'est pas pathétique par essence, dans la loose comme dans le succès. Peut-être qu'on l'est tous un peu. Bon je reviendrai parler musique un jour.
Message édité le 16-03-2026 à 18:21 par nowyouknow
- Rastignac › Envoyez un message privé àRastignac

Très beaux morceaux sur cette compilation. Et oui, le Bobby qui ch... dans la soupe est un résumé de l'histoire de Pentagram... le moment où ils doivent auditionner pour Kiss, je crois que c'est la première grosse bourde... (séquence à retrouver sur le fabuleux documentaire Last Days Here, contemporain de cette exhumation de bandes).
On peut lire aussi de ci de là que Liebling est un fan absolu de Blue Cheer, mais ici ça reste quand même un petit peu plus lyrique et encore moins "garage" avec tous les guillemets disponibles. Perso, j'adore ce type de son un peu hystérique, de guingois, comme chez Witchfinder General.
Message édité le 16-03-2026 à 16:42 par Rastignac
- Ultimex › Envoyez un message privé àUltimex

Pas de pochette signée par un Necrolord en roue libre, pas de nomination aux Foudres : la question, elle est vite répondue. Peu de chance qu'il ait un avis sur le groupe.
- Note donnée au disque :
