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Saâda Bonaire › Saâda Bonaire

cd • 13 titres

  • 1You could be more as you are
  • 2Invitation
  • 3Little sister
  • 4More women
  • 5I'm so curious
  • 6Second face
  • 7Heart over head
  • 8Shut the door
  • 9The facts
  • 10Give me a call
  • 11Wake up city
  • 12Joanna
  • 13Your touch

informations

1982-1985, Allemagne.

Seuls le single 'You could be more as you are' et sa face B 'Invitation' sont sortis à l'époque. Tous les autres titres étaient jusqu'alors inédits en album.

line up

Stefanie Lange (chant), Claudia Hossfeld (chant), Ralph ‘von' Richtofen (musique)

Musiciens additionnels : Cemal Kocas, Zekai Ipek (baglama), Frank "Opa" Ullrich (basse), Dennis Bovell(guitare, choeurs, claviers, batterie), Pierre Pouget (guitare), Andreas Proff (synthé), Andreas Stock (synthé), Volker Kahrs (synthé), Andreas Proff, Charly Mariano, Ekrem Özüag, Hans Kämper, Peter Tangermann (cuivres), Richard Stevens, Rüdiger "Isaac" Grünwald, Seskin Kaya (batterie, percussions), Can Sibel (choeurs)

chronique

Plus qu’un groupe, un projet… En 1982, un DJ allemand a l’idée de monter une véritable expérience musicale. Il recrute deux chanteuses, Stephanie Lange et Claudia Hossfeld, qui seront l’axe vocal et iconographique de Saâda Bonaire tandis que pour la musique, on fera appel à plusieurs musiciens auditionnés au centre pour migrants local tout en ajoutant des synthés et quelques sonorités new wave dans l’air du temps. Conçu dans le but de ne produire que des singles, le trio de base finalement signé sur EMI et pris sous la houlette du producteur Dennis Bovell (Pop Group, The Slits, …) choisi de s’atteler à la réalisation d’un LP complet après le succès de son premier 45T, ‘You could be more as you are’… Sauf que, pour apparemment sanctionner son directeur artistique qui aurait fait exploser le budget avec le ‘Private dancer’ de Tina Turner, le label changera d’avis. Il faudra donc attendre 2013 pour que ledit Lp finisse par sortir sous l’impulsion du label Captured Tracks qui approchera Ralph ‘von ‘Richtofen, le DJ, qui retrouvera les K7s afin qu’elles soient restaurées. Voilà pour le contexte. Musicalement, précisons d’emblée que c’est l’aspect new wave qui l’emporte, n’attendez pas un disque de musique ethnique. Rien d’antinomique, le courant n’a jamais hésité à mêler sonorités synthétiques et traditionnelles (souvenons-nous par exemple du brillant ‘Living on the ceiling’ de Blancmange, sans parler de toutes les influences dub, sans oublier les inspirations tribales des percussions chez nombre de formations). Rythmée, sexy, la musique l’est mais elle ne dégage rien de chaleureux, les voix féminines, sont rauques, parlantes mais peu expressives, la production demeure froide même dans le traitement des éléments ethno telles que les percussions. Et pourtant. Même si on retrouve certains vibrations de la Neue Deutsche Welle, le feeling est moins robotique, si les influences disco sont nettes, les rythmes sont trop lents. Musique cheap pour films pornos ? Un peu aussi mais version vide, mécanique… Funk alors ? Evidemment avec toutes ces basses slapées mais traitées version post punk. Bref, mine de rien, l’objet n’est pas si aisé à catégoriser, d’autant que si les rythmiques sonnent très new wave lambda, une écoute attentive révèle une grande richesse bouillonnant au second plan (chants d’ailleurs sur ‘Invitation’, percussions exotiques, sitar sur ‘Second face’, baglama sur ‘The facts’…). Les arrangements sont spéciaux comme s’il s’agissait de créer une trame, dense mais sans réelle variation, servant de support aux deux voix évoluant entre presque narration et chant, comme les protagonistes de diverse saynètes. Si certains morceaux dégagent bien des refrains, la différence se distingue dans les mélodies du chant plus que dans les modifications instrumentales. Parfois, au détour de la track-list, on découvre une surprise telle que ‘Heart over head’ évoquant une sorte de Soft Cell exotique imaginé dans le studio de Kraftwerk ou un 'Joanna' glauque entre dub et jazz. Il faut admettre que ce parti-pris de composition, s’il représente la spécificité du disque, en constitue aussi la ‘faiblesse’ car se l’envoyer d’une traite est un chouïa épais, d’autant que les compositions tournent facilement autour des cinq minutes en moyenne. Les beats sont souvent juste trop lents pour permettre de danser franchement, un tantinet lents pour s’effondrer sur le sofa en s’abandonnant dans les fumées de spliff… Encore que… Et ces deux voix prédatrices mais pas trop… Séduction torve et ambiance louche qui pousseront beaucoup à trouver ce skeud trop bizarre… Ajoutez un beau visuel avec nos deux femmes en touaregs gothiques et franchement, on se réjouit que cet album ne soit pas resté dans les tiroirs. Lounge porno chic meets ethno new wave downtown at night...

Bon
      
Publiée le mardi 3 mars 2026

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Note moyenne        4 votes

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GrahamBondSwing Envoyez un message privé àGrahamBondSwing
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L'aspect sensuelle de la musique est parfaitement décrite dans la chronique, les deux chanteuses sont comme deux soeurs jumelles, parfaitement synchro, l'instrumentation est quali, ça ne sonne pas eighties à mes oreilles, peut-être un gros travail de remixage ? En tous les cas, nettement plus intéressant à écouter que les Roxy Music du début des années 80 (je sais qu'on va me dire que ça n'a rien à voir mais bon, je me comprends).

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Horn Abboth Envoyez un message privé àHorn Abboth

Saâda Bonaire c'est bonard !

Note donnée au disque :       
Richard Envoyez un message privé àRichard

Merci pour cette énième découverte Shelleyan. Je suis totalement passé à travers alors que je suis un grand fan de Captured Tracks (Wild Nothing, DIIV, Beach Fossils entre autres). Je me demandais d'ailleurs comment un label estampillé Dream Pop avait pu publier un album de ce type. En constatant que ce sont les Berlinois de Thieves Like Us signature du label qui ont fait découvrir au boss ce projet, je comprends mieux. Pour l'instant, avec le peu d'écoutes pratiquées, j'ai du mal à me positionner. Le seul terme qui me vient à l'esprit est certainement celui d'étrange. Étrange comme la gestation du projet, étrange comme ces ambiances nourries de multiples influences mais sans qu'une dépasse vraiment la tête. Étrange donc.

Message édité le 04-03-2026 à 11:15 par Richard