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Thalie Némésis › Catarsi Apotropaica

téléchargement internet • 5 titres

  • 1A Barbaric Language
  • 2A demi-mots
  • 3Acedia is my partner in crime
  • 4Cassandra (le baiser de la fin)
  • 5No surrender

informations

chronique

Si le punk n’est pas mort, Thalie Némésis non plus. Près de dix ans après son premier album, l'artiste revient pour rompre ses codes et confirmer son âme profonde avec un nouvel EP. Baigné de rock industriel tribal, il nous dévoile une face plus colérique de la jeune femme (j’aurais pu dire ‘révoltée’ mais ce sentiment nourrit déjà sa création depuis les débuts). ‘A barbaric language’ laisse cohabiter avec subtilité une musique électrique, industrielle, lourde avec des sonorités ethniques en arrière-fond; là où il eût été facile de suivre le mouvement habituel du style avec des explosions de rage, Thalie va au contraire maintenir la colère sous tension, n’en relâchant que de brefs filets lui permettant d’enchaîner sur la chanson suivante qui débute un peu comme du Natacha Atlas industriel avec toujours en filigrane cette retenue glacée, ces rythmes électroniques au pouls tribal, ce chant menaçant qui nous toise sans jamais nous cracher à la figure même si on s'y attend sans cesse. Certes, il y a des moments plus appuyés mais le hurlement est une réponse trop aisée. Alors la tension se maintient malgré quelques riffs électriques post-Swans. Dieu que c’est complexe, la retenue, car si les lignes directrices paraissent simples, elles ne sont rien d’autres que des sentiers bordés de forêts où grouille nombre de ronces, créatures, reflets, branches, ombres, en mouvement perpétuel . Voilà l’un des grandes qualités de ce disque, ce soin du détail, ces dizaines de petites trouvailles apparemment perceptibles mais qui contribuent au puzzle qu’est le tire. J’aime beaucoup aussi le travail des percussions, puissantes, roulantes, tribales, elles apportent de la noirceur où trop de gens auraient opté pour la froideur clinique. Encore une ambiguïté car tranchant, le EP l’est mais dégage ce qu’il faut d’aura pour qu’on ne puisse le limiter à ça. On cherche la fièvre exotique sans la trouver, la glace mais elle se dévoile bien trop sombre pour laisser briller son bleu. Et toujours passent quelques riffs électriques, menaçants, plus agressifs, pour nous secouer les sens. Impression personnelle ? Effet voulu ? ‘A barbaric language’ et ‘No surrender’ m’évoquent deux séraphins montant la garde aux portes du palais, cet étrange palais des sens, des émotions, régi par ce chant fort, assuré, qui n'a pas besoin de surjouer pour sonner vrai (autre énorme qualité). Si le premier incarne l’annonce de révolte, la colère de la déesse, le second avec ses belles sonorités ethniques (le duduk, sorte de flute traditionnelle) parait apporter une forme de paix sous la forme d’un refus du compromis. Un Yin et Yang intense.

Très bon
      
Publiée le mardi 24 février 2026

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surimi-sans-mayo Envoyez un message privé àsurimi-sans-mayo
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Gaffe avec les refs à Kickback, surtout quand on s'appelle Némésis...

Tallis Envoyez un message privé àTallis

De la belle ouvrage, effectivement, avec en points d'orgue, comme le souligne justement la chronique, les premier et dernier titres (ah, ces accents ethniques sur "No surrender" !).