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Band of Susans › Now
- 1992 • Restless records 7 72722-2 • 1 CD
cd • 6 titres • 26:16 min
- 1Pearls of Wisdom4:01
- 2Following My Heart4:30
- 3Trash Train3:38
- 4Paint It Black4:21 [reprise des Rolling Stones]
- 5Now Is Now (Remix)4:54
- 6Paint It Black (Instrumental)4:30 [reprise des Rolling Stones]
informations
Enregistré et mixé par Bryce Googin, assisté de Chris Lewis, aux Baby Monster Studios. Produit par Robert Poss.
line up
Ann Husick (guitare), Mark Lonergan (guitare), Robert Poss (guitare, voix), Ron Spitzer (batterie), Susan Stenger (basse, voix)
chronique
Les guitares chantent encore – fort, le timbre clair, métallique (pas comme dans le-genre-metal mais comme dans la tôle et les rouages acier, nickelés). La voix est blanche, encore – à la fois diffuse, diffusée dans la reverb comme dans un buvard et frontale, rêche (comme un... buvard, aussi, d'ailleurs), posée à bout portant contre l'oreille. Band of Susans ont gardé de l'album sorti l'année d'avant – The Word and the Flesh – cette manière de détacher la mélodie, de ne plus la cacher sous le boucan sans renoncer pour autant au volume, aux couches de feedback, aux jeux (de trajectoires, de textures, de collisions et de creusements dans les bandes du spectre...) avec la surcharge, les nuages de particules électriques. Seulement le groupe recommence ici à jouer plus... Dur ?
Compact, en tout cas. Rien ici qui atteigne les cinq minutes. Et de fait : sans alanguissement – le son s'éloigne là de la sensualité shoegaze à quoi on a souvent (plus ou moins tant bien que mal) raccroché la musique des Susans. Il reste chaud-froid – analogique, analogue – d'accord, cette fois encore. D'une sorte de « naturel » – travaillé, profond mais en quelque sorte toujours « live », sans déformation autre que celles (pas du tout insignifiantes, qu'on m'entende) induites par cette tendance à pousser tous les réglages dans le rouge... En fait non, ce n'est pas tout à fait, pas bêtement ça : sur cet EP, le rouge, l'ultra-violet, les fréquences qui colmatent les conduits auditifs y sont bien... Mais aussi, on entend mieux que jamais à quel point les réglages sont fins, l'équilibre tenu avec un art consommé, les carillons et les grondements des cordes sculptés, emboîtés, sur les cycles raides et lâchés de la batterie.
Il y a les Stones, aussi – pas le seul point de leur discographie où ils se pointent, ceux-là, en passant. Paint It black – sans doute l'un des titres les plus sinistres des Anglais en question, cette nuit, cet envers hanté du psychédélisme, de l'accroche pop. Deux fois, même – une version chantée, une instrumentale. Ça prend ? Ça frotte, ça refroidit encore la chose – ça l'englue et ça la rend plus luisante même qu'elle était au départ, en son éclat d'argent trop vif et trop sale. Ça l'exhale en faisant flotter sur l'épais flot rythmique, obnubilé et presque lent, des espèces de sitars et d'orgues (aucun clavier n'est crédité mais sur la version instru, on a du mal à croire que ce serait autre chose...). Elle conclut bien l'EP, cette plage sans voix, cette vision limpide où l'on ne parvient pas à vaciller vraiment alors que tout s'empile pour nous faire ployer. Ça s'interrompt tout net.
C'est court, disait-on, ce disque. C'est un recoin ou c'est une ouverture – on le trouve en passant d'un disque plus long à l'autre. Ce n'est pas pour rien : c'est pour le plaisir de s'attarder, d'y retourner, d'y être encore une petite demie-heure sans que ça traîne, sans qu'on sente l'impatience poindre. C'est patient, cette musique. Ça vous guette. Mais ça ne vous attend pas. Ça vous déboule dessus quand vous vous trouvez là. Ça ressurgira, ailleurs – et si familier que ce sera, on se dira une fois de plus que c'est encore autre chose.
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