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Sad Lovers And Giants › Mission creep
- 2018 • Voight-Kampff Records VKR007CD • 1 CD
cd • 12 titres
- 1Cranes
- 2Biblical crows
- 3Beauty is truth
- 4Uncharted islands
- 5Paradise
- 6Siren
- 7Witches
- 8Failed love song
- 9Loneliness
- 10Silent decay
- 11Day of reckoning
- 12Blood from a stone
extraits vidéo
informations
line up
Garce, Tony McGuinness, Ian Gibson, Nigel Pollard, Will Hicks.
chronique
Volonté propre ? Mauvais hasard de signatures ? Plus années passent, plus je me désole que Sad Lovers and Giants passent ainsi à côté des radars du grand public… Alors que la presse mondiale s’ébaudit devant le nouvel opus des Cure seize ans après comme s’il s’agissait de la huitième merveille du monde (tant mieux, pour eux, hein, je ne leur veut clairement pas de mal ), elle oublie qu’il aura fallu le même temps d’absence (non remarquée) pour accoucher de la merveille qu’est ‘Mission creep’. Imaginez un instant le beau rejeton de And also the Trees et The Smiths, imaginez-le parcourant la campagne britannique un soir d’automne… Rien que l’instrumental d’entrée suinte l’élégance par tous ses pores, douce balade cold wave mid-tempo à la tristesse fluide et imparable ciselée de guitares cristallines, de discrets claviers en pleurs… Mais quelle formation peut débuter ainsi sa première chanson après 37 ans de carrière: ‘You carve up the sky like some biblical crow, measuring my bones while I'm sucking on stones’ ? Sans brûler le étapes, autant le dire tout net, ce disque est remarquable, tant musicalement avec sa production limpide, ses arrangements imparables, sa mélancolie naturelle mais également de par la qualité de ses paroles. C’est tellement fou avec eux, on dirait qu’ils ne font pas exprès d’accoucher de chefs d’oeuvre, tout découle sans aucun effet tape-à-l’oeil. Aucun pathos dans le chant de Garce, il serre le coeur et c’est tout. Pas question d’étirer les pistes, d’insister lourdement sur des tempi lents, la musique est relativement punchy, pop dans son accroche telle que pouvait être celle des Smiths dont Sad Lovers and Giants n’ont jamais été si proches mais en édition campagnarde. Les arrangements sont d’une grande délicatesse mais sans s’interdire une vraie spontanéité, le mixage excellent et si l’atmosphère est fraîche, les rayons du soleil de fin de journée dardent encore les rayons. Un peu comme les Russes de Motorama, nos Anglais parviennent à instaurer de la tristesse alors qu’il fait grand beau, que la nature n’a jamais été si belle, gardiens de cette nostalgie d’un quelque chose que nous avons le sentiment de n’avoir jamais connu qu’il n’est pas donné à tou/tes de comprendre. Il suffit d’écouter Garce chanter ‘This is Paradise’ au début du gothique ‘Paradise’ pour le saisir… Tout est dans son timbre, sa manière de placer la mélodie. Saluons aussi le rôle du clavier, toujours discret mais indispensable dans cette mise en place d’atmosphères si mélancoliques, ainsi que quelques éléments fugaces (le saxo de ‘Biblical crows' ou 'Day of reckoning' par exemple), sans oublier la rythmique impeccable de précision. Avec ‘Loneliness’, on retourne presque vers la ville et je ne serais pas étonné que dans un blind test, certain/es en viennent à se demander quel est cet inédit des Smiths (la référence aux Mancuniens est incontournable du skeud mais nul clonage pourtant). Pour conclure, je vais vous faire une confession, les chroniques pour Sad Lovers and Giants sont parmi celles que j’ai le plus de peine à rédiger, allez savoir pourquoi. Ce combo me remplit pourtant d’images et d’émotions mais les transformer en paroles pour vous convaincre est une autre paire de manches tant elles paraissent vaines face à la beauté et la classe sans esbroufe de cette musique. 'Beauty is truth', écrivent-ils eux-mêmes...
Dans le même esprit, Shelleyan vous recommande...




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- Shelleyan › Envoyez un message privé àShelleyan

Sympathiques, ces Blue in Heaven, je ne connaissais pas du tout pourtant j'ai vécu à Dublin... The Smiths encore effectivement ^^
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- Richard › Envoyez un message privé àRichard
D'ailleurs pour étayer le fait que The Smiths et Morrissey étaient une influence évidente dans nombre de groupes plus sombres, j'en veux pour preuve Blue In Heaven, un projet discret de Dublin. Le lien propose ici l'un de leurs premiers singles produit par Martin Hannett (excusez du peu), d'où cette sensation d'entendre Morrissey accompagné de New Order. Les Irlandais sortiront en 1985 'All The Gods' Men' leur premier album, moins rêche mais où le fantôme de Morrissey plane encore (patent sur le titre d'ouverture 'Sometimes') https://www.youtube.com/watch?v=87m8X7GuSDA&list=RD87m8X7GuSDA&start_radio=1
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- Richard › Envoyez un message privé àRichard
D'ailleurs pour étayer le fait que The Smiths et Morrissey étaient une influence évidente dans nombre de groupes plus sombres, j'en veux pour preuve Blue In Heaven, un projet discret de Dublin. Le lien propose ici l'un de leurs premiers singles produit par Martin Hannett (excusez du peu), d'où cette sensation d'entendre Morrissey accompagné de New Order. Les Irlandais sortiront en 1985 'All The Gods' Men' leur premier album, moins rêche mais où le fantôme de Morrissey plane encore (patent sur le titre d'ouverture 'Sometimes') https://www.youtube.com/watch?v=87m8X7GuSDA&list=RD87m8X7GuSDA&start_radio=1
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- GrahamBondSwing › Envoyez un message privé àGrahamBondSwing

Intro réussie, album à moitié dans ton lit... Désolé c'est un peu bancal, mais vous avez compris l'idée, je pense.
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- Richard › Envoyez un message privé àRichard
Sad Lovers And Giants, sa campagne à la Barnaby, ses Barbour et scones et surtout cette mélancolie subtile, élégante qui ne demande qu'à atteindre votre cœur Kleenex de grand sensible. Brillant retour sans conteste d'un projet qui à l'instar des Chameleons n'aura connu qu'un succès d'estime sans que les raisons en soient vraiment explicables. Aucun déchet dans cette discographie irrégulière par ses sorties mais constante par sa qualité.
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