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Andrew Broder › Winter Martyrs
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(trad. par mes pauvres soins) : "Improvisé et enregistré le 24/01/2026 à la suite des exécutions parrainées par l'État d'Alex Pretti et Renee Good à Minneapolis par des soldats du régime fasciste. RIP. Tous les bénéfices de cette publication seront reversés à Pow Wow Grounds dans le quartier de Phillips, Minneapolis, travaillant pour soutenir directement les familles vulnérables sous occupation et les observateurs sur le terrain."
line up
Andrew Broder (guitare)
chronique
Je l’ai écrit à de nombreuses reprises : qu'on soit chroniqueur ou non, les Etats-Unis sont un peu cet invité envahissant qui ne veut pas rentrer chez lui, il est arrivé la veille, on ne le connait pas vraiment, il est très bavard à jeun ou bourré, il veut absolument nous faire peur et il y arrive, il casse plein de trucs, et en même temps nous chante de belles chansons, nous montre des super films qu'il a tourné pendant ses vacances, nous lit des passages fabuleux des bouquins qu'il a écrit. Et quand il a tué deux trois personnes dans la fête, foutu le feu à trois pièces différentes de la maison, il revient nous voir en pleurant pour nous dire que c’était pour notre bien, et que lui aussi souffre beaucoup. Et là, eh bien on va l’écouter, on va applaudir, on va pleurer à l’unisson. Enfin, je radote, j’en parlais déjà dans d’autres disques caritatifs - cf. celui de Rollins il y a des lustres - mais, on va dire qu’il y a comme un kilométrage du sang et de l’injustice, même si le pays en question est géographiquement loin, il a symboliquement les pieds sur la table du salon au moment où j’écris cette chronique. Je reprends mon souffle pour dire qu'ils sont quand même forts dans le pathos quand ils s’y mettent. Suite aux actualités récentes, notamment dans la ville de Prince, certains musiciens comme à chaque fois qu’il y a de la violence médiatisée comme ça sortent les pinceaux et pondent des disques pour ramasser de la thune pour telle ou ou telle cause, dans un endroit ou un autre - des punks indonésiens rasés par les keufs à la guerre quelque part en Ukraine ou ailleurs, les occasions ne manquent pas. Là, il s’agit d’un compositeur de drone et de noise et d’ambient qui va, en une piste improvisée ajouter des couches et des couches de son et de radiations très très, mais alors que je trouve très très très, très belles. Tombé au hasard sur bandcamp, je me suis laissé endormir par ces nappes harmonieuses et tristes, et tristes tristes, tristes. Le morceau de plus de vingt minutes va pleurer lentement pour ensuite s’effacer derrière la multitude des couches sonores pour ne plus former qu'une soupe de signaux électriques qui nous envelopperont comme un linceul. Une élégie, lente, sans retour, d’une désespérance rare - à goûter pour les amateurs, dépouillé même de toute aspérité sociale et politique cette musique est du deuil concentré 150 pour cent. Et je m’y connais en dépatouillé. Trouillé même.
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