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Loop › Fade Out
- 1988 • Chapter 22 CHAP LP34 • 1 LP 33 tours
cd • 8 titres • 41:27 min
- 1Black Sun5:12
- 2This Is Where You End4:43
- 3Fever Knife5:10
- 4Torched4:54
- 5Fade Out6:49
- 6Pulse4:47
- 7A Vision Stain4:29
- 8Got to Get It Over5:24
informations
Blackwing Studios, Londres, Août 1988
line up
Robert Hampson (guitare, chant), Neil MacKay (basse), John Willis (batterie)
chronique
1988, nouvelle année, nouvel essai clinique. Je regarde brièvement le boîtier du remède que je dois tester : emballage sobre, d’une couleur grise argentée avec pour seules inscriptions Loop et Fade Out. Je m’allonge confortablement après en avoir ingurgité l’une des pilules blanches. Heaven’s End, le précédent produit du laboratoire pharmaceutique londonien, m’avait fait excellente impression et je ne ressens donc aucune appréhension à expérimenter ce nouveau médicament.
Les premières impressions semblent sans surprise : me voilà soumis à des couches de guitares fuzzées répétant les mêmes riffs en boucle, une batterie métronomique, un chant lointain et des effets tous azimuts. Même équipe de chimistes que celle de Heaven’s End (moins James Endeacott), même recette, mêmes résultats psychotropes.
Pas de différences donc ? Oh que si, mais subtiles ! Robert Hampson, Neil MacKay et John Wills maîtrisent l’art du mélange sophistiqué, certains éléments distinguent Fade Out de Heaven’s End, lui donnent une identité propre. Ainsi, la première chose qui saute aux oreilles est ce dosage faisant moins la part belle aux éclats métalliques, cette production moins noisy, avec des instruments qui s’entendent beaucoup plus distinctement. Black Sun, contact initial avec l’album, à la composition pourtant classique et efficace, propulsée par une basse post-punk, s’avère cependant décevant. Ses guitares étant peu épaisses, la production atténue la puissance d’un morceau qui ne décolle donc pas. Frustration, en effet, que de ne pouvoir se perdre dans la masse sonore propre à ce style musical. Néanmoins, à partir de Fever Knife, le troisième morceau de l’album, les six cordes reprennent de l’épaisseur et les subtilités des effets dans les différentes couches sonores s’avèrent donc mieux mises en valeur par la production et voient ainsi leurs impacts psychédéliques décuplés chez l’auditeur.
Autres évolutions ? Un chant plus varié. Certes, souvent indolent comme sur le précédent album, il est capable, parfois, d’un sursaut d’agressivité comme sur Torched ou Got To Get It Over, donnant un coup de fouet à ces morceaux.
Des solos de guitares plus présents aussi, qui se développent, s’étendent, se font inventifs, variés. Ainsi, solo planant sur This Is Where You End. Dissonant sur Torched. Flottant au-dessus de vagues de guitares réverbérés sur Pulse ou de nappes de sitar sur Fever Knife. Des solos souvent accompagnés de ces courtes leads gorgées de wha dont le groupe raffole. Et toujours percutants quand il s’agit de nous emmener loin, très loin. Porté par la masse sonore des guitares, je me sens décoller au son de ces improvisations tandis que ma vision se brouille et que ma conscience se dissout.
Des guitares qui se font, par ailleurs, plus agressives sur un Got To Get It Over plus rock’n’roll ou sur un Torched évoquant le Monster Magnet de Spine Of God avec 4 ans d’avance.
Le groupe s’essaye enfin à l’exercice de la transe la plus primitive qui soit avec A Vision Stain. Un rythme réduit à une simple pulsation et un riff à une note appuyé par une basse qui mène la danse : de cette soupe primordiale émergent des leads de guitares et de la wha qui éclaboussent de partout. Un peu lent à décoller, je me sens pourtant dodeliner de la tête à l’écoute de ce morceau.
Des évolutions sur cet album donc, et non une révolution. Mais des évolutions qui renforcent cette capacité du groupe à faire planner, tripper, qui emmènent plus loin même que sur Heaven’s End. Deux déceptions, cependant, qui rendent Fade Out (l’album) plus inégal que son prédécesseur : Black Sun, déjà mentionné, et Fade Out (le morceau) au rythme alourdi, à l’instar de Forever sur l’album précédent mais sans en retrouver le malaise.
Soyons justes cependant car, malgré ces deux morceaux, le temps se dilate, l’espace se tord, les sens se brouillent à l’écoute de cet album et le voyage n’est en rien regrettable.
Alors que les effets du comprimé s’estompent, que je retrouve mes esprits, je regarde à nouveau le boitier et constate la présence d’une étiquette qui avait précédemment échappé à mon attention. « Médicament classé Niveau 4 : Danger grave. Ce produit peut provoquer bourdonnements d’oreille, somnolence, vertiges, confusion, troubles visuels transitoires, hallucinations, convulsions. Ces effets peuvent rendre dangereuse la pratique de certaines activités comme la conduite ou le sport ». Avertissement justifié.
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- allobroge › Envoyez un message privé àallobroge
Ah Loop, j'avale la boite d'un coup, un groupe unique remarquable !
- Note donnée au disque :
