Vous êtes ici › Les groupes / artistesLLoop › Heaven's End

Loop › Heaven's End

  • 1987Head HEAD LP1 • 1 LP 33 tours

cd • 8 titres • 37:33 min

  • 1Soundhead4:59
  • 2Straight to Your Heart6:16
  • 3Forever4:46
  • 4Heaven's End4:11
  • 5Too Real to Feel5:17
  • 6Fix to Fall4:28
  • 7Head On2:43
  • 8Carry Me4:57

informations

The House in the Woods, Bletchingley, Août - Septembre 1987

line up

Robert Hampson (guitare, chant), James Endeacott (guitare), Neil MacKay (basse), John Willis (batterie)

chronique

J’extirpe de sa boîte une des pilules blanches et la regarde : blanche, ovale, friable au toucher. Rien ne semble distinguer ce médicament, fruit des travaux du laboratoire londonien Loop, d’un autre si ce n’est l’inscription gravée : Heaven’s End, et la date de conception : 1987. Je jette un œil à la notice mais celle-ci est énigmatique. Indications thérapeutiques ? Fuite mentale. J’hésite… Ai-je fait un bon choix en me portant volontaire pour cet essai clinique ? Un dernier regard vers la gélule. Allez, ce n’est pas la première fois que je joue au cobaye pour un laboratoire, d’autant que celui-ci se présente comme un pionnier du renouveau psychédélique des années 80.

Je m’allonge, ingère la médication, attends. Les premiers effets se font rapidement sentir. Riffs basiques répétés en boucle, voix noyées sous les couches de guitares fuzzées, réverb’ à tous les niveaux, production à base d’éclats métalliques. The Stooges rencontrent Neu! 13th Floor Elevators avec beaucoup plus de pédales d’effets ! Je pense à Sound of Confusion, premier médicament du laboratoire concurrent Spacemen 3 commercialisé un an avant. Mais ça serait injuste et réducteur, le mélange chez Loop étant plus chargé. Plus de guitares, de réverb’, de fuzz, un chant plus lointain, indistinct, couvert sous les effets. Et, surtout, Loop s’avère plus menaçant et sombre.

Pourtant, le début du voyage est euphorisant avec Soundhead et son riff de guitare basique et répétitif. Des guitares leads gorgées de wha se superposent rapidement à l’ensemble, lui impulsent une direction, lui permettent de décoller. Une batterie métronomique, hypnotique, au rythme soutenu, s’ajoute puis un chant désincarné émerge du mur sonique. Et me voilà à flotter dans ce bourbier de fuzz. Je dodeline de la tête, abruti par la déflagration sonique.

Ce disque est un bloc sonore lourd et enveloppant. Robert Hampson, James Endeacott, Neil MacKay et John Wills maîtrisent leur art, savent comment nous plonger dans un état de transe en jouant sur la densité sonique, les drones, les feedbacks et la répétitivité des riffs. Mais cet album n’est pas, pour autant, sans variété car en bons chimistes, nos trois musiciens varient les dosages afin de générer atmosphères et effets différents chez l’auditeur.

Ainsi, le tempo ralentit dès Straight To Your Heart, et le cocon sonore se fait plus oppressant, atmosphère renforcée par un court pont ambient angoissant. Forever enfonce le clou, avec un rythme encore plus lent, une batterie et une basse sinistres, des voix indistinctes qui psalmodient au loin et une ligne de guitare noisy qui me déchire tympans et crâne. Oui, le voyage semble virer au bad trip. Mais, malgré l’arrivée d’un malaise diffus, la transe ne s’arrête pas pour autant. Elle reprend même de plus belle avec l’instrumental mid-tempo Heaven's End, sa batterie binaire, son riff à deux notes, son sample de 2001, L’Odyssée de l’Espace, ses bruitages divers et ses bandes passées à l'envers. Too Real To Feel, avec son overdose de reverb’, tout comme Fix To Fall et son riff échappé des ‘60s et ses larsens, eux, assomment. Carry Me, enfin, reprend la recette de Soundhead, mais avec un rythme plus alangui et de la guitare au son clair, permettant de redescendre en douceur tandis que les effets du médicament s’estompent.

Seule vraie déception de ce voyage, le lourd Head On, trop basique pour emmener où que ce soit. Dommage. Car sans ce morceau, Loop développait le médicament hypnotique bruitiste idéal, complément parfait pour une ordonnance parfaite sortie la même année. Est-ce vraiment grave ? Non, car il demeure un très bon stimulant pour flotter dans un ailleurs indéfini. Et si le risque d’addiction est bien présent, il ne porte pas préjudice à l’auditeur, bien au contraire.

Très bon
      
Publiée le mardi 27 janvier 2026

Dans le même esprit, Ultimex vous recommande...

dernières écoutes

Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Heaven's End" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Heaven's End".

notes

Note moyenne        7 votes

Connectez-vous ajouter une note sur "Heaven's End".

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Heaven's End".

Gouzi Envoyez un message privé àGouzi

Alors je me focalise uniquement sur Psychocandy ( désolé , je n'ai pas précisé dans mon 1er post ...) Disons de la pop déguisée sous forme d'agression sonore pour 2 morceaux sur 3.

Suffit de garder les mélodies après avoir dégagé les guitares pour s'en rendre compte.

Après, il y a une dimension vicieuse dans le principe (déguiser le petit chaperon rouge en grand méchant loup), et le vice, c'est rock, on est d'accord.

Indusfreak Envoyez un message privé àIndusfreak

Je ne sais pas si on peut parler de "pop" pour JMC. Je dirais plutôt un rock noisy avec mur de guitares et tout et tout dans les débuts, un peu précurseurs du shoegaze à leur façon (qui sera quand-même plus soft) mais en plus musclé. Pour moi, ils ne sont jamais devenu poppy, même par après. Je crois d'ailleurs que les deux frères, en bonne têtes de cabochards qu'ils sont, n'auraient pas trop aimé être catalogué comme groupe pop. Je ne les jamais vu en concert, mais d'après ce qu'on m'a dit, ils foutaient un sacré bordel...

Message édité le 31-01-2026 à 08:51 par Indusfreak

Shelleyan Envoyez un message privé àShelleyan
avatar

Voilà; le 1er Jesus and Mary Chain était du terrorisme sonore comme rarement atteint... Mais effectivement, ils se sont montrés plus mélodiques par la suite alors que Loop ont gardé une approche somme toute relativement expérimentale...

Note donnée au disque :       
Ultimex Envoyez un message privé àUltimex
avatar

"ils sont plus pop Jesus and Mary Chain, quand même, non ?"

Plus pop en termes de mélodies, d'harmonies vocales oui. Par contre, sur les 2 premiers albums, les guitares vrillent bien les tympans.

Note donnée au disque :       
Gouzi Envoyez un message privé àGouzi

"J'ai toujours gardé un intérêt pour ce groupe qui m'évoquait un peu Jesus and Mary Chain en moins violent et plus planant."

ils sont plus pop Jesus and Mary Chain, quand même, non ? C'est l'année de sortie de ce Loop qu'un pote de lycée m'a fait écouter J&MC ( je vois encore la scène, me passer son walkman, sourire aux lèvres). Ah vrai dire, ça m'est un peu passé au dessus à ce moment là, trop poppy rapport à ce que j'écoutais, sans doute. Pourtant, pour m'en souvenir, ça a quand même du me marquer ....

Loop, découvert 3 ans plus tard via une compil' anglaise... Pas sauté au plafond non plus, mais pourtant je me souviens aussi de la scène, dans le train ou dans le car, vendredi soir ensoleillé, retour de fac'...

En tous cas, Loop, ça n'a pas dû pas passer entre les oreilles du Brian Jonestown Massacre, ou encore de BRMB, qui ont eu tous 2 plus de reconnaissance, 10 à 15 ans plus tard.