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Cop Shoot Cop › Ask Questions Later
- 1993 • Interscope records 7 92250-2 • 1 CD
cd • 14 titres • 49:39 min
- 1Surprise, Surprise
- 2Room 429
- 3Nowhere
- 4Migration
- 5Cut to the Chase
- 6$10 Bill
- 7Seattle
- 8Furnace
- 9Israeli Dig
- 10Cause and Effect
- 11Got No Soul
- 12Everybody Loves You
- 13All the Clocks are Broken
- 14Untitled
informations
line up
Tod A. (chant, basse, guitare, basse flûte, samples, percussions), Jack Natz (basse, radio, tambour militaire, chœurs), David Ouimet (percussions, trombone), Phil Puleo (batterie, percussions), Jim Coleman (samples, piano)
chronique
Tempo d'échappement, chant de chenapan. Cop Shoot Cop est un groupe gou-le-yant. Au style monstrueusement a-ccro-cheur, comme son blase variante de "Mort aux Vaches". Hargneux et cool, à égale mesure. Blindé sur ses idées de course-poursuite version rock en quatuor à énergie de big band. Deux basses, d'entrée, ça fait du bien par où ça passe. Glouglou fait loi, section rythmique en plein foie. La musique est si raide-fluide, paradoxe si buvable, avec cette mâche folle, ce grain de VHS pirate, de radio-K7 des enfers... Flic Flingue Flic est une fieffée formation fortiche, ouaif, fent-mille fois mieux qu'la FFF, et si vous ne l'avez pas encore compris, ce troisième album vous le répètera, en vous pétant les chicots. Il est le cœur du style et de la discographie de CSC, sous sa pochette brute "Mogwli/Mimisiku/Guerre du Feu/Empereur Tomato-Ketchup", qui ne lui a pas trop rendu service, alors que le contenu tabasse la calebasse et la Cabasse.
"Lâche-nous un peu la grappe avec tes rimes et allitérations à la con ; dis-nous plutôt pourquoi écouter cet album, alors qu'on a déjà Consumer Revolt et White Noise dans nos rayons ?!", me lancez-vous tels de suspicieux chats aux yeux plissés, trônant sur leur coussin, feulant si je m'approche pour leur gratter le menton... Parce que "Surprise, Surprise" est un des morceaux les plus féroces et roboratifs de Cop Shoot Cop, déjà ! Nom d'une clef à pipe ! Une entrée en matière en fer martelé avec amour, pile-poil entre Killing Joke, Big Black et le lapin de la pub Duracell (ce petit con rame encore), avec ce chant hargneux qui mâche du chewin-gum aux clous et twiste sur du verre pilé sans froisser son costard, comme une version crust de Thirlwell. Break indus-ambient maladif à la clé. "Cause and Effect" plus loin, même topo ou pas loin. Tu piges vite que t'es bien loti, si ton truc c'est le déglingué-contrôlé. Le rock de freaks mais qui ont le swag et qui emballent au bal. Tu danses, tu coures, tu suis le sillon jusqu'au siphon, tu verses ta larmiche de plomb sur "Room 429" et son épave de slow. Sur les percussions malades de la nauséeuse et irrésistible "All the clocks are broken", comme sur les exquises araberies de Ouimet qui reviennent un chouia avec "Cut to the Chase", parfum traque au Caire mais à Hell's Kitchen, n-ième preuve du génie de la rythmique chez CSC. Tu dis merci, et tu lèves un toast à ce crooning fabuleux de "Got no soul", charismatique comme du jeune Nick Cave moins le dandysme, avec des punchlines avant-gardistes terriblement bien senties. Tu avales le tube qui tue tout "Furnace", gueule de bois et de métal froissé, tel un lendemain de cuite dans une casse automobile, où soudain t'apparaît le sens de la vie. Avant de tracer comme Dick. Rabique comme Roger. Goudron, gomina. Classe de furet en trench-coat et fedora.
Avalé par la route, langue de bitume, bousculé-bercé par l'argot des trottoirs mangeurs d'âmes, tu colles à l'argot rivé au goulot. Un coup de schlass au détour d'une vanne est vite arrivé, les couloirs de métro sont pleins de coudes saillants, de grincements, de dents, de gens, de danger, omniprésent... À croire que les habitants de la ville ne sont pas les plus urbains. Heureusement la musique peut nous sauver (un peu). Danse hostile, visions de hold-up qui finira mal mais trop tard la machine est lancée. Cop Shoot Cop fonce, encore. "Un peu de swing, un peu du King... Pas mal de feeling et de décibels" chantait un mec en or au sujet de la bonne (bonne bonne bonne) musique : et c'est à croire que Cop Shoot Cop ont suivi les préceptes du margoulin John-Jack à la lettre, du début à la fin de leur carrière. Un grand sourire plein de couteaux fend la trombine du voyou criblé de désillusions et d'amphétamines, adossé à un lampadaire au grésillement compatissant, avenue mal éclairée des Nineties. La mouise, OK - mais avec style.
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commentaires
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- born to gulo › Envoyez un message privé àborn to gulo
*hélas
- Note donnée au disque :
- taliesin › Envoyez un message privé àtaliesin
Room 429 qui a été repris par Strapping Young Lad...
- Note donnée au disque :
- Dioneo › Envoyez un message privé àDioneo

Girls Against Boys j'avais réécouté ça y'a un moment un peu "pour me rappeler comment ça sonnait" et... Ben ouais, c'était vachement bien fait !
- Giboulou › Envoyez un message privé àGiboulou
Miam, toujours aussi bon. Merci pour la piqûre de rappel. On relance d’un Girls against Boys ou d’un Hammerhead?
- Note donnée au disque :
- Dioneo › Envoyez un message privé àDioneo

Ouep... Encore un disque dont j'étais persuadé qu'il était chro depuis longtemps alors que pas du tout, il ne faisait même pas partie des fameuses chros-fantômes ! Bon... C'est chose faite et c'est bien fait (pour nous) !
