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First Fragment › Gloire éternelle

cd • 10 titres • 71:28 min

  • 1Gloire éternelle08:41
  • 2Solus04:35
  • 3La veuve et le martyr05:37
  • 4Pantheum04:36
  • 5De chair et de haine09:03
  • 6Sonata en mi mineur05:45
  • 7Ataraxie05:16
  • 8Soif brûlante06:53
  • 9In'el18:54
  • 10Mort éphémère02:08

informations

Enregistré entre février 2020 et février 2021. Guitares & voix enregistrées aux Stygian Studios, Longueuil, QC, Canada. Batterie & basse enregistrées à The Grid, Montréal, QC, Canada. Mixage aux Roarrr Sound Studios, Montréal, QC, Canada. Mastering aux Humanoise Studios, Montréal, QC, Canada.

line up

David Alexandre Brault-Pilon (chant), Dominic Lapointe (basse), Philippe Tougas (guitares, chœurs, claviers, percussions additionnelles), Nick "Thriller" Miller (guitares), Nicholas "Le Fou" Wells (batterie, chœurs)

chronique

metal extrême / death metal / death metal technique néoclassique

Me voilà enfin devant la nouvelle attraction tant vantée du cabinet First Fragment, cette nouvelle montagne russe québécoise baptisée du prometteur Gloire éternelle. Conçue par des ingénieurs chevronnés, dont le bassiste Dominic Lapointe (connu pour ses travaux au sein de bureaux d’études renommés tels qu’Augury ou Beyond Creation) ou le prolifique guitariste Philippe Tougas (chef de projet chez Chthe’ilist), l’attraction semble imposante, avec une durée excédant 1h 11.

Je paye les cinq euros d’admission, me faufile jusqu’au quai et m’installe dans l’un des wagons de la montagne russe à côté d’un homme arborant fièrement un hoodie Paco de Lucía. Alors que le train s’apprête à démarrer, le harnais de sécurité s’ajustant sur mes épaules, je note la présence d’un sachet en papier accroché devant chaque passager. L’attraction promet d’être particulièrement frénétique. Tout en bas du quai, des badauds nous toisent avec dédain. Comment ? Des adultes s’abaisseraient ainsi à un loisir aussi immature ? Préférant les ignorer, je me prépare à l’intensité des mouvements et sensations qui m’attendent.

Notre train quitte enfin la station et gravit avec lenteur le lift hill, la section montante de l’attraction, au son d’une guitare acoustique rapidement rejointe d’une basse fretless décomplexée accompagnée de rythmes flamenco. Une fois arrivé au sommet, tout s’accélère. Nous voilà à dévaler le circuit à toute allure sur son premier segment, Gloire éternelle, un death metal déchaîné avec batterie et guitares rythmiques flashées pour excès de vitesse. Puis un premier looping de leads néoclassiques. Fer à cheval aux chœurs de hooligan. Basse fretless qui s’impose. Et alors que je pensais l’attraction au maximum de sa célérité, accélération soudaine avant un « cobra roll » au break funky complété par un solo de basse et un léger ralentissement. Mon cœur palpite. L’attraction commence à peine et me voilà déjà pantelant... Et grisé par cette outrance mélodique et technique.

Ce n’est pourtant que le début, le reste étant à l’avenant. Le très démonstratif Solus, l’hystérique looping plongeant Pantheum, Ataraxie à la vitesse excessive, Soif brûlante au beau solo : tout n’est qu’exubérance de technicité à faire passer Necrophagist pour un combo crust punk. Notons la virtuosité des solos de guitares néo-classiques à rendre jaloux Yngwie Malmsteen. La basse fretless slappée dégoulinante qui mène régulièrement la danse. Cette batterie véloce qui ne peut qu’échouer à un test anti-dopage. Ces growls au débit intenable, enfin. L’ensemble est d’une maîtrise technique ahurissante, tellement excessive qu’elle en devient réjouissante.

Alors que nous abordons le tire-bouchon de La Veuve et le Martyr, nouvelle introduction flamenco dont le groupe semble raffoler. Mon voisin, au hoodie Paco de Lucía, s’agite, devient rouge de colère, visiblement outré par ce métissage andalou/death metal contre-nature. Vrille brutale, les guitares flamencos laissent place à du slap à la basse et, tandis que son visage prend une étrange teinte verdâtre, mon voisin agrippe le petit sachet en papier devant lui et le colle sur sa bouche. Des leads de guitares épiques se font entendre en sortie de tronçon alors qu’il essaye de retrouver un semblant de contenance. Alors oui, l’abus de passages flamencos métallisés pourra sembler un peu lourd pour les estomacs fragiles. Ils offrent néanmoins une aération bienvenue à un ensemble qui deviendrait indigeste sans cela.

Heureusement, dans ce flot frénétique de mélodies et de technicité décérébrée, d’autres moments permettent de retrouver son souffle, comme De Chair et de Haine, au rythme plus lent, avec un solo de basse qui se permet un peu d’émotion. Ou l’instrumental Sonata en Mi mineur gorgé de guitares néoclassiques 80’s puis flamencos. Ou, enfin, la belle introduction de Soif Brûlante avec sa basse planante évoquant Cynic période Focus.

Mais voilà qu’arrive le gros morceau de l’attraction : le très bon In’El et ses 19 minutes. Introduction au piano pour nous rassurer puis voilà qu’arrivent des solos de guitares pleins d’émotion avant un nouveau looping plongeant à la guitare flamenco. Et nous voilà immergés dans les affres d’un morceau à tiroirs qui alterne passages hystériques et courtes respirations à la guitare classique ou aux solos 80’s, avec quelques passages heavy metal épée levée vers le ciel et des slaps de basse au groove insensé. Bref, un parfait condensé du savoir-faire du groupe.

Dernier virage à la guitare classique au doux nom de Mort Ephémère pour terminer cette attraction. Je descends de mon wagon, chancelant, encore sonné par cette logorrhée technique et cette débauche de mauvais goût. Les techniciens de la mort québécois ne sont pas connus pour leur sobriété mais là, force est de reconnaître que First Fragment balaye avec une joie non feinte les notions de tempérance, de délicatesse ou d’élégance. Après tout, les limites, en musique comme en manège, sont faites pour être franchies, non ? Les passants continuent de nous dévisager avec un mépris certain alors que nous quittons l’attraction. Que faire ? Je ne peux pourtant empêcher cet immense sourire sur mes lèvres, oublier le plaisir candide ressenti. J’hésite. Puis fouille dans ma poche. Un, deux… Cinq balles. Parfait. Et tant pis pour le qu’en-dira-t-on.

Très bon
      
Publiée le jeudi 15 janvier 2026

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    Gouzi Envoyez un message privé àGouzi

    C'est un mix entre du Death et du Heavy Speed mélodique, non ?

    Quelque chose que l'IA aurait pu produire.

    Assez caractéristique de notre époque, où l'absence d'inspiration est compensé par un mix de styles divers.

    Ceci dit, c'est plutôt bien foutu. Coquille vide mais bien faite.