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Band of Susans › Hope Against Hope

lp • 10 titres • 40:37 min

  • A
  • 1Not Even Close4:58
  • 2Learning to Sin3:04
  • 3Throne of Blood3:15
  • 4Elliott Abrams in Hell2:21
  • 5All the Wrong Reasons5:25
  • B
  • 6I the Jury4:26
  • 7No God4:59
  • 8You Were an Optimist3:19
  • 9Ready to Bend3:51
  • 10Hope Against Hope4:59

informations

Enregistré et mixé par Jim Klein, assisté de John Herman, au studio Platinum Island, New York City, en mai/juin 1987, sauf Hope Against Hope, enregistré par Bill Hemy aux studios Calliope Productions et remixé au studio Platinum Island. Produit par Roberts Poss.

L'édition CD présente deux titres supplémentaires, Where Are All the Flowers Gone et Sometimes, tous deux tirés de l'EP Blessing and Curse, sorti en 1987.

line up

Roberts Poss (guitare, voix), Ron Spitzer (batterie), Susan Stenger (basse, voix), Susan Tallman (guitare), Susan Lyall (guitare, voix)

Musiciens additionnels : Alva Rogers (voix)

chronique

Band of Susans aiment le rock – 'n Roll compris ! Dans tout le vivier de groupes sortis de la convulsion, du sursaut No Wave, parmi tous ceux et celles passés chez les avant-gardistes portés sur les symphonies pour guitares en bruits blancs (comprendre : Glenn Branca, Rhys Chatham) ça fait – sinon tache, ô combien pas – différence, singularité, une autre approche. Là où Gira, avec Swans, vomira la chose comme le mot, les vouera aux gémonies ; là où pour DNA la question sera tout de suite au moins hors-cadre si ce n'est sciemment hors-sujet ; là où des gens comme Sonic Youth s'en trouveront longtemps encombrés, de ce lien, de cet « héritage rock », jusqu'à le renier, un temps durant, avant d'y retourner quelque peu ; Band of Susans, au contraire, l'embrasseront sans complexe, en entier – en musique, en image, en esprit. Un rock certes refroidi – givré dans cet air new-yorkais bien sale et bien hostile de l'époque.

Un rock qui de tout ça – des musiques expérimentales diverses où chacun.e avait déjà trempé (Susan Stenger, avant ça, était déjà, aussi, flûtiste, spécialisée dans l'interprétation d’œuvres contemporaines... pointues), science des masses sonores (Branca et Chatham, donc) ; et des racines riffs/batterie tapée fort et sur les angles/perfecto sur les photos/détails d'amplis Marshall sur la pochette (Robert Poss s'avouait même fan des Stones... le groupe reprendra d'ailleurs Paint It Black, plus tard, sur l'EP Now) – propose sur ce premier album un précipité corrosif et compact, matières abrasives et densité serrée.

Hope Against Hope pèse, oui – roule droit devant sans vous calculer. Mais c'est une ruse, aussi – sa mécanique est bien plus fine qu'elle ne l'avoue d'emblée, cette musique sait slalomer entre les corps, les obstacles. Mais cette ruse est une sorte de franchise – cacher les détails sous l'effet-déferlante, qu'on se prenne bien le tout de la manière la plus frontale possible. Hope Against Hope joue du rythme asséné qui débite le feedback, les larsens, les empilements de fréquences. On peut penser à une version américaine (non.... new-yorkaise, plutôt, j'insiste!) de ce qui se jouait à peu près en même temps sur la scène shoegaze britannique, aussi, par moments (Band of Susans tourneront d'ailleurs avec My Bloody Valentine) – mais alors c'en serait une mouture éloignée, une branche bien autonome de la même famille. Ici, une neige semi-fondue et polluée remplace la brume rose. Les cheveux ne tombent pas en franges sur les yeux, ils sont plaqués ou permanentés en formes raides, et les regards semblent vous inviter soit à dégager fissa, soit à relever le défi, aller tout de suite à l'affrontement, au contact. L'image est bleu-acier. Rien ne flotte qui ne semble une menace autant qu'une promesse – prêt à vous fondre dessus comme une drache ou une rafale, une vague frigorifique. Ça réveille. Ça tombe bien : on est pas venu là pour rêver !

Ce disque est un bloc, oui. Avec quelques pointes, quelques bosses qui s'en détachent vicieusement – et encore une fois, comme sans arrière-pensée pourtant, comme des mouvements d'humeur un peu plus forts. Elliott Abrams In Hell, l'instrumentale grincée, toute en larsens granulés. All the Wrong Reasons qui ralenti pour mieux peser, vous plaquer... Des moments presque hard-rock/garage, passés par ce traitement qui rend tout dur, rigide, cassant mais incassable. Hope Against Hope, à la fin – le morceau-titre, qui change en cour de riff ses forets comme d'autres se ré-accordent, sur fond de caisse claire forcenée. Belle fin d'album. Bon disque de début – bien mieux que ça, en fait, très, très bon disque, tout court à n'importe quel moment. Ça vous remet chaque fois toutes les cassures et les torsions aux bonnes places. L'Espoir Contre L'Espoir – si seulement on parvenait à ne plus se bercer de rien.

La suite, pourtant, prétendra nous parler d'Amour.

Bon
      
Publiée le samedi 10 janvier 2026

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    Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
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    Note à Seijitsu-le-désormais-bouleur-silencieux (et en passant, à celleux que ça intéresserait) : ouep, 4/6 ou 5/6, j'ai hésité... Le 4, c'est uniquement en rapport au suivant et à la suite de la disco, pour me laisser un peu de marge. Mais en soit, j'insiste : il n'y a rien qui soit "bon sans plus", pour moi, dans cette disco.

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