Vous êtes ici › Les groupes / artistesPParadise Lost › Ascension

Paradise Lost › Ascension

cd • 10 titres • 51:02 min

  • 1Serpent on the Cross06:12
  • 2Tyrants Serenade04:20
  • 3Salvation07:07
  • 4Silence like the Grave04:46
  • 5Lay a Wreath upon the World04:51
  • 6Diluvium05:47
  • 7Savage Days03:54
  • 8Sirens04:46
  • 9Deceivers03:37
  • 10The Precipice05:42

informations

Black Planet Studios, Angleterre. Batterie et voix, en Suède.

line up

Steve Edmondson (Basse), Greg Mackintosh (Guitares), Aaron Aedy (Guitares), Nick Holmes (Chant), Guido Montanarini (Batterie)

Musiciens additionnels : A.A. Nemtheanga (chant sur "Salvation")

chronique

Quitte à double chroniquer un disque, fallait trouver le bon. Le corbeau là, quand on l’invite, il se respecte, il a bon goût l’oiseau derrière ses atours revêches. Dois-je sortir mon Glen-va-savoir-quoi 12 ans d’âge à la main ? Mon coffret collector de médailles des Foudres ? Afficher mon ruban de la Fédé ?

Le carillon qui me fait office de sonnette résonne, enfin plutôt le tocsin au vu de l’insistance du volatile. Je me sens un peu paralysé, le volatile ne vient pas par hasard, il sait tailler le bout de gras. Et je me sens vieux, je ne suis plus le chroniqueur passionné d’antan, aussi volubile que malhabile à l’écrit.

- Salut Franci.. Raven !
- Salut.
*silence*
- Qu’est ce qu’on entend là Poky ?
- Oh le dernier Paradise Lost. Une promo chez Season, la nostalgie, mais bon hein, ces vieux qui cherchent à rattraper leur jeunesse, on me la fait plus. Obsidian était un magnifique soufflé, avec ces hits de malades et ses fillers insipides. Moi pour savoir si j’aime un plat, je dois pouvoir être capable de m’en resservir plusieurs fois ya see.
- Mouais… Pose tes lunettes Jean Claude…
- Humpf, assieds-toi donc, j’ai un petit Tullamore 12 ans, qu’un patient m’a ramené d’un voyage dans le Connemara. Les nuages, le gris, tout ça, on va être bien. Non, pas les lacs, ça suffit.

Ascension porte si mal son nom. La Bande Son de la fatigue chronique. Celle où l’on croit aller bien. Au début. Et plus on avance, plus le corps est lourd, plus les pensées s’assombrissent, plus la fatalité semble évidente. Nulle élévation ici, sinon celle de la souffrance qui s’élève à un nouveau degré de lucidité.

Depuis « Faith divide us », les anglais ont cessé toute tentative de conciliation. Fini les mirages électroniques, cette propreté toute lisse, responsable de cette terrible traversée du désert de plus de dix ans. D’ailleurs, pendant toutes ces années, je les ai snobé les anglais, les-dites tentatives consensuelles ressemblant plus à une vieille danse du ventre au Mas de Lou Pitchoune à Sussargues. On ne me la faisait pas. C’est pas ces deux-trois singles sexy qui allaient me faire passer la pilule de ces albums enfilés les uns à la suite des autres sans réelle intention. Et puis il y eut « Medusa », qui faisait déjà relever un sourcil - merci Vallenfyre et ce regain d’inspiration de Mckintosh -, puis « Obsidian » qui renouait avec un Paradise Lost sincère et impressionnant dans sa maîtrise de ce genre gothic/doom dont il est un dinosaure. Mais il manquait toujours ce truc, cette sève que l’on cherche quand on écoute de la musique triste, ce soupçon d’authenticité qui donne envie de regarder par la fenêtre et ne rien faire d’autre que rêver d’une vie meilleure que celle que l’on a. (Ndp : Quel luxe.)

Et puis « Ascension ». Lui, il se contrefout d’être accessible ou non. Il n’en a rien à foutre, de tout. De ce qu’il est, de qui l’écoute. Le vrai disque symbole d’humilité. La maîtrise silencieuse, qui se suffit à elle-même.

- T’aimes bien le chocolat Raven ? Ouais, moi aussi. Comme le whisky, faut être selectif, sinon gare à l’hepatite.

« Ascension » c’est pareil, derrière ses atours de n-ième album de Gothic doom façon Ferrero rocher (les petits corbaks, les cloches, tout le panel est là, sors ton fard à paupières coquin), se cache quelques arômes à la Ducasse. Et je l’ai snobé celui là aussi, quelle erreur. Il aura fallu la visite de Raven pour comprendre. Comprendre que « Ascension » s’adresse aux gens comme moi, comme nous. Ces quadras normalement en paix avec notre nihilisme, ceux dont la colère est un vieux souvenir désagréable, ceux dont la rage fait sourire avec nostalgie.

Paradise lost n’a plus rien à prouver et présente leur album le plus abouti, le plus homogène avec quasi aucun filler (« Sirens », allez ?), plus massif que « Medusa », plus inspiré qu’ « Obsidian », magistral d’arrangements, tout le disque est au service de son atmosphère : claustrophobe, étouffante. Paradise Lost ne cherche plus à séduire, il impose sa lucidité, et se montre, enfin, humain. Finir avec « The precipice » et inventer le concept de Chute Ascensionnelle. Jamais j’aurai cru écrire ça des Anglais en 2025.

Très bon
      
Publiée le mercredi 7 janvier 2026

chronique

gothic metal / doom metal / montez voir le père fourras

Ascension, le mal nommé. Lui le terrien, le terreux, qui embrasse sa chute... Paradise Lost, le Rereretour. Cris de corbeaux, souffle du vent d'hiver, cloches d'église, tronches de schlags : à ce stade de carrière nos anglois ne craignent plus le cliché. Manque plus que le vin chaud et les marrons, que les guitares boudin-doom de Mackintosh ne manqueront pas de préparer. Avec les baked beans, ouais - le brexit a pas fait varier la recette de ces respectables has been. Le fumet de la familiarité est intense dès l'emblématique "Serpent on the Cross", l'argile accueille. Odeur vieux machin triste et archi-traditionnel, que ce soit dans les riffs "guerriers" d'entrée ou le growl prolo-caillouteux de Nick Holmes, ce râle d'Épinal, ces vocalises qui font partie des meubles. Morne, RONCHON, vieille école. Rustique à souhait.

Plus doom death goth que gogoth. Comme... les trois, quatre, cinq albums précédents ? Cinq ans - la pause la plus longue de leur carrière - n'ont rien changé : PL font dans le plus pur pâté de leur style, plus prévisibles que PNL. "Another winter again". "Feeling so alone". Repli dans le passé, nostalgie verrouillée. Romantisme de vieux résigné. Les restes de Metallica surnagent encore dans la popote, comme des bouts de cartilage qu'on laissera au chien (la très ingrate "Sirens"). Le grand morceau, "The Precipice", suffit à dire "on est encore là". L'hommage percussif au générique de Fort Boyard subtilement placé au début de "Silence Like the Grave" (on les sent de plus en plus hantés par le retour à la terre y a pas à chier), ou la folk earl grey d'une "Lay a Wreath Upon the World", rappellent l'amour des pierres et du tanin. Ascension est bien, comme l'indique sa pochette, un résumé de carrière marron. Pas comme le caca, plutôt comme la carbonade. Même s'il incarne bien plus la défécation que la défection : car poser leur pêche musicale très exactement là où on les attend, c'est ce que font Paradise Lost encore une fois avec ce disque à la fois pugnace et glorieusement sans prise de risque. La constance des cailloux. Routinier. Diesel. Break familial. Choix du coloris : taupe. Les jours gris qui roulent, sur toutes les ambitions dérisoires.

Tellement prévisible et balisé, générique, malgré la petite excentricité d'inviter Averill (à la première écoute sans rien savoir j'ai hurlé "merde ils imitent Primordial ces cons !!!") et en même temps tellement ingrat et informe dans son rendement, qu'on pourrait dire à première écoute de ce condensé-concentré de leur style "Paradise Lost Généré par IA"... Et puis au fil des réécoutes blasées, détachées, automnales puis hivernales, à arpenter ses mornes mélodies, aidé par une relative carence en vitamine D et un désespoir grandissant alors que passent les choses qui clignotent et que ne vient pas la neige, ce Paradise Lost se révèle comme ce qu'il est au fond (de sauce) : le disque d'un groupe qui radote mais qui réconforte comme un bon gros bol de chocolat chaud. Une sorte de non-évènement cosy. Un album pour métalleux archaïques qui continuent d'acheter leur morne galette neuve en se sentant Sisyphe.

Et c'est bien dans cette pure incarnation d'artisanat, dans cette fabrication de leur musique mourante-vaillante, que ces musiciens de trait arrivent encore à garder leur force. Percherons infatigables de leur genre hybride, abattu. Vétérans du graou-ouin ouin. Naine brune d'un style musical dont 99% de la planète se contrefout, et dont quelques losers qui se reconnaissent entre eux s'intéressent encore, du fond de leur quotidien sans éclat... Ascension ? C'est le dos voûté du baroudeur goth-metal sans cesse redevenu doom, qui depuis sa caverne de plouc n'a plus que les mêmes histoires de malheur à ressasser, pire qu'une banderole BFMTV, avec des borborygmes et des grognements. Coutumier. Encore un disque de charclosaure, de vieux schnock, qui nous parle de cette mort si longue à venir. Alors ne cherche plus la nouveauté, la fraîcheur, pauvre auditeur, car ce sont des concepts fragiles. Bois ta soupe et va au lit, demain sera pareil qu'aujourd'hui. En encore plus tiède, et en encore plus gris. En marron, comme ta future et ultime demeure. Crève à petit feu, et n'en fait pas tout un foin. Deviens humus. Ascension, ou sa propre tombe qu'on creuse comme on fait son lit.

Bon
      
Publiée le mercredi 7 janvier 2026

dernières écoutes

Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Ascension" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Ascension".

notes

Note moyenne        10 votes

Connectez-vous ajouter une note sur "Ascension".

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Ascension".

torquemada Envoyez un message privé àtorquemada
avatar

Pour une fois, les bonus (non cités ici dans la track list) valent le coup (voire sont supérieurs à 2-3 titres de l’album), «A Life Unkown » notamment est dynamique et renvoie à un Paradise Lost plus mélodique que celui de la dernière décennie, ça apporte un peu de diversité.

Note donnée au disque :       
nicola Envoyez un message privé ànicola
avatar

Le précipice… en moto comme le chante Boby Lapointe.

Coltranophile Envoyez un message privé àColtranophile

Dieu du ciel, « The Precipice »! Rarement morceau aura-t-il été si mal nommé. Vu que ça tient de la chute libre. Et dans sa totalité, quel nanar, mes aïeux. Le batteur est merveilleux, un vrai condensé de niaiseries metalliques/-euses (j’ai pas l’adjectif).

Note donnée au disque :       
Kissthecatconcept Envoyez un message privé àKissthecatconcept

Oui, un album de daron !

Note donnée au disque :       
pokemonslaughter Envoyez un message privé àpokemonslaughter
avatar

vu il y a un peu plus d'un an, l'impression de voir des gars empiler les guso pour la cotis' retraite qui arrive bientôt.

Note donnée au disque :