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Imber Luminis › Same old silences
- 2019 • Naturmacht Productions NP 108 • Lim • 300 copies • 1 CD digipack
cd • 2 titres • 42:20 min
- 1Same Old Sufferings (I, II, III)24:36
- 2Silence III17:44
informations
Opus Magnum Studios, 2016-2018.
line up
Déhà (Tout).
Musiciens additionnels : Dryada (chant, Piste 2)
chronique
On a parfois tendance à trop raconter nos vies dans les chroniques. Certes, c’est vrai, il faut bien une entame mais disons que constamment passer par le prisme de sa propre vie, de ses affects - aussi naturels soient ils exposés au sein d’une chronique - peut changer la couleur d’un disque. Il y a des plats qui n’ont pas besoin de sel ou de poivre, m’voyez ?
Et quand il s’agit d’aborder la discographie de l’hyper prolifique Déhà, il est de bon ton de ne pas saloper l’œuvre avec ses propres histoires : tout l’univers musical de Déhà, c’est SA vie, avec ses lumières et ses ombres. Suivre sa discographie stakhanoviste c’est souffrir avec lui : un délire Sisyphien où chaque disque est comme une nouvelle pierre dans la mare dans laquelle il semble se trouver. Et à chaque chanson, de s’élever un peu plus.
Et des chansons, des groupes, des projets, des collaborations, il y en a. Beaucoup. Et pour commencer, Imber Luminis coule de source. Déjà parce que c’est un de ses premiers projets, mais aussi parce que ce disque est un des très rares moments où Déhà revient sur ce qu’il a fait. Car on le sait, il a fait de l’instantané son habitude, de l’impulsivité sa routine, et malgré les nombreuses critiques sur l’apparent flood de ses sorties (je plaide coupable), l’intégrité rythmique de ses sorties ne varie qu’au gré de ses aléas de vie… Dont on sait qu’ils donneront lieu à une nouvelle création. Ce besoin de crier, c’est quelque chose de très primaire, alors pourquoi revenir dessus ?
Il faudrait lui demander. Mais ce triptyque « Same Old Suffering » (SOS D’oh !), il vise juste et… Droit au coeur. Dans le monde du DSBM – et on peut largement retirer le S dans le cas d’Imber Luminis – il y a de quoi vibrer et s’ennuyer ferme. La dépression, on va pas se le cacher c’est assez chiant. Y dédier tout un genre musical, passé les atermoiements adulescents de ceux qui ne savent pas vraiment ce qu’est souffrir, c’est assez risqué, mais quand on arrive à trier dans la myriade de lo-fisations type bedrooms black metal, alors on trouve de quoi mettre un peu de lumière dans le morne de nos journées répétitives.
« Same old sufferings » et ses trois mouvements surpasse largement le genre. Un morceau référence, si l’on tolère cette approche plus grandiloquente, ces couches d’arrangements, ce son plutôt propret. Parfois, il faut ce qu’il faut, on n’est pas toujours obligé de vivre dans la crasse quand on a mal. Parfois, il faut se faire beau pour être crédible, pour convaincre que son combat n’est pas vain, qu’il y a quelque chose à aller chercher, au loin, et qu’il suffit simplement de rester debout.
C’est là tout l’intérêt du partage d’expérience de ce disque, tout du moins de sa première moitié : écouter stoïquement cet espèce de hit mi-boue mi-ciel de 25 minutes, reposant sur pas grand-chose finalement, une mélodie toute bête, et une maîtrise totale de l’arrangement, vocal notamment sur la seconde partie. Tenir dix minutes avec le même riff, c’est pas donné à tout le monde et Déhà n’a rien à prouver ( Cf Slow, son projet funeral Doom), il survole le genre et résume tout ce qu’il est autour de quelques notes. Instant banger de mon côté, le morceau est mûr (Une comparaison avec la version de 2011 suffit), varié, riche, une sorte de copulation entre un Hypocrisy enfin crédible dans sa mélancolie, et un Shape Of Despair qui accepterait d’accélérer un peu pour l’aspect velours du son. Car Doom, « S.O.S » l’est assurément, contrairement à « Silence III » qui verse beaucoup plus dans le black atmo. Contraste en demi-teinte – notez le jeu de mots pour les connaisseurs – en essayant de caser un morceau plutôt rapide et tout en intensité, dont la qualité intrinsèque est indéniable mais où l’ennui frappe parfois au détour d’un n-ième cri ou relance de riffs un peu téléphonée.
C’est qu’il ne s’agit pas de révolutionner quoi que ce soit, il s’agit ici d’expression crue, par quelqu’un qui sait définitivement ce qu’il fait, et sur « Same old silences », il nous tient la main et nous montre avec assurance ce qui constitue un de ses pics de réussite. Pêle mêle, les images d’hiver doux, de nostalgie envahissante, d’éloge de la vie malgré les échecs, tout s’entrechoque, dans l’intensité synaptique des neurones de son créateur. La revisite était donc opportune, merci pour le trip.
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