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Gurun Gurun › Kon B
- 2015 • Home Normal HN074 • 1 CD
- 2015 • Silver Rocket srr74 • 1 LP 33 tours
lp • 9 titres • ??:?? min
- A
- 1Atarashii hi??
- 2Aoi??
- 3Itsuka No Hoshi . . Hia??
- 4Shizemuru . . Kiikii??
- 5Koe??
- B
- 6Sukuu??
- 7Mado??
- 8Tsuki ni te
- 9Beda Folten Supasuta
informations
Enregistré à Berlin, Fruiz, Pardubice, Prague, Ostrava, Tokyo et vienne. Mixé par Jára Tarnovski au studio CSN. Masterisé par Ondřej Ježek au studio JáMor.
Artwork : Angela Deane.
line up
Ondřej Ježek (guitares électriques et acoustique, piano, manipulateur de l'axe du temps, theremin, banjo, harmonica, percussions, chœurs, effets, bruits), Federsel (mandoline, banjo, guitares électriques et acoustique, diddley bow, basse, claviers, pivofon, piano, glockenspiel, kalimba, flûte, chœurs, effets, bruits), Jára Tarnovski (claviers, sampling, programmation et montage, cordes, field recordings, guitare acoustique, mandoline, kantele, piano, flûtes, vibraphone, glockenspiel, platines, radio, percussions, effets, bruits), Tomáš Knoflíček (guitares électriques et acoustique, claviers, programmation et montage, cordes, VLF, glockenspiel, harmonium, percussions, chœurs, sampling, effets, bruits)
Musiciens additionnels : Alexandr Vatagin (violoncelle), Cokiyu (voix sur Tsuki ni te), Cuushe (voix sur Atarashii hi et Koe), Irena Havlová (viole de gambe sur Beda Folten Supasuta, Vojtěch Havel (viole de gambe sur Beda Folten Supasuta)
chronique
C'est réveillon, ou cousinade, ou autre chose, l'anniversaire d'un.e aïeul.le, une naissance, un quelconque baptême ou autre rite, cérémonie de passage. La famille est réunie, les proches. Trois, quatre, cinq générations de fantômes, quelques ami.es. On pose pour la photo. On fixe l'instant. Certains, certaines, sont déjà un peu ivres. Il y en a qui se tiennent un peu raides, embarassé.es. Ça ne se voit guère, sous les beaux draps – bien repassés pour l'occasion. On s'en rappellera. On ressortira le cliché plus tard dans l'année. Plus tard, d'autres années. On le ressortira. Elle sera encore là, cette image d'un instant, d'un moment précis et un peu flottant, quand on ne sera plus là. Quoi que ça puisse vouloir dire « quand on ne sera plus là » – puisqu'on l'a dit, festin ou pas, fête ou non, occasion... Nous sommes, étions là des fantômes. Des Revenants, Celles ou Ceux Parti.es.
Quoi qu'on pense de ces histoires de voiles, de Samain ou de Noël, résurrection, incarnation et re ou non, solstices, équinoxes, présences ou Grand Départ, on ne pourra le nier : la musique de Gurun Gurun navigue entre des plans, des latitudes, semble faire converser, naturellement, confluer des gestes et des esprits normalement séparés, distincts. Enfin, « normalement » – habituellement, disons. Et on le sait : les habitudes changent – suivent ce qui partout, tout le temps, ne reste jamais complètement en place. Alors... Un collectif, un groupe basé à Prague, Tchéquie, emprunte son nom au personnage d'une émission slovaque pour les enfants – un nom qui, accident ou pas, peut en rappeler un autre, celui d'un autre groupe, allemand, celui-là, et d'un autre autant. Ces mêmes artistes, aussi, convient des vocalistes – qui ici ou ailleurs s'expriment, chantent, récitent, parlent toutes en... Japonais. Et puis des instruments, de partout, un peu, comme d'autres bagages – kalimba d'Afrique Centrale, knatele finlandais, viole de gambe baroques ou quelque chose qu'ils nomment « pivofon » ( ça se traduirait par « bièrophone », si je ne me trompe), au côté des guitares, basse, claviers, machines. On joue là-dessus librement – en grande partie, sans doute, en improvisant. Ça ne fait rien d'hermétique, ici – une sorte de folk certes étrange, décadré, recoupé (comme des indices, des bouts de réminiscences assemblés en patchworks mais qui font de vrais tableaux... Un vrai tout fluide et délimité mais ouvert – contenu, gravé sur la surface de ce vinyle blanc mais connecté au dehors et aux dedans, pas emprisonné là). Ou pou le prendre par l'autre, l'un des autres bouts : une sorte de musique concrète, électro-acoustique, curieusement chantante, humaine, vivante – une expérience mais qui se rappellerait tous les sens de ce mot, « expérience » (pas seulement essayer mais vivre des choses, des existences, en tirer, en garder des savoirs et des oublis, pratiquer, découvrir, percevoir, connaître et ignorer, délester, refaire, abandonner, aimer, rejeter...).
Kon B est un disque d'une beauté simple et tout autant inexplicable, assemblage complexe mais aux lignes évidentes, flux riche mais limpide. Il n'arrête pas le temps – il nous y pose pour nous en faire sentir le défilement – la substance, les vitesses et consistances diverses, changeantes et incorruptibles (comme nos chairs et nos os ne le seront jamais, nos rêves et nos projets, nos legs et omissions, et leurs permutations, mutations). Comme les deux autres du groupe, c'est toujours la même chose et à chaque fois unique. Absolument sensible et magnifiquement abstrait, tactile et volatil, pensée fugace et impulsions localisées précisément dans le corps, la tête, sur et sous la peau qui reçoivent le son, qui s'y fondent. Ces fantômes, sur la pochette, n'ont rien d'effrayant. Rien d'effrayé, non-plus. Ils sont peints, on le voit, par dessus une autre scène, l'image conservée d'un autre repas. Ils n'ont pas l'air faux, pourtant. On doute même qu'il leur manque la parole. Elle se tient là – avec le reste. Sur le seuil. Face à nous. Elle se met en mouvement. Le bras sur le sillon continue sa spirale.
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- Dioneo › Envoyez un message privé àDioneo

Ceci-dit je précise : je comprends assez bien qu'on puisse ne pas entrer dans cet "univers" là - c'est même typiquement le genre de trucs pour lesquels soit ça passe bien direct soit ça passe... Jamais ?
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- Dioneo › Envoyez un message privé àDioneo

Ah oui, je vois ! Après ce côté "entre les mondes" est pas mal recherche ici, je pense, dans le projet même, et ce genre de musique "vaut" aussi par ce côté difficile à situer (géographiquement comme en terme de genres etc.), AUSSI parce que comme tu le dis ça reste de toute façon très singulier, personnel (et... Collectif ?).
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- Tallis › Envoyez un message privé àTallis
Oui, j'avais bien vu que les recos allaient vers des artistes japonaises. Mais du coup, ça sonne effectivement plus à mes oreilles comme un album expé nippon que ce à quoi je m'attendrais d'un groupe tchèque. C'est probablement là où le bât blesse.
Expérience d'écoute vraiment singulière, ceci dit.
- Dioneo › Envoyez un message privé àDioneo

Ah, perso ça a tout de suite pris sur cet aspect là aussi, dès que le disquaire où j'avais chopé ça m'avait fait écouter ! Mais cf reco, peut-être aussi parce que j'avais déjà tâté des mélanges proches (de ce type de voix avec un musique euh, free-form ?)
Message édité le 04-01-2026 à 16:53 par dioneo
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- Tallis › Envoyez un message privé àTallis
Intéressant mais j'avoue que les voix japonaises ont pour l'instant tendance à me sortir un peu du trip.
