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Anna von Hausswolff › Iconoclasts
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Anna von Hausswolff (chant, orgue, arrangements de cordes, guitare)
Musiciens additionnels : Iggy Pop (chant sur "The Whole Woman"), Filip Leyman (production, synthétiseur, batterie, percussions, guitare), Otis Sandsjö (saxophone, woodwind arrangements de bois, clarinette), Ethel Cain (chant sur "Aging Young Women"), Abul Mogard (production sur "An Ocean of Time"), Maria von Hausswolff (chant sur "Unconditinal Love"), Joel Fabiansson (guitare), David Sabel (basse), Jenny Jonsson, Alexander Chojecki, Annie Svedund, Charlotta Grahn-Wetter (violons), Märta Eriksson (alto), Lisa Reuter (violoncelle), Viktor Reuter (contrebasse), Martin Schaub (arrangements de cordes), Love Meyerson (batterie), Karl Vento (guitare acoustique)
chronique
La fleur c'est un son. La Fée Clochette a un orgue, Peter Pan a un saxo. Et au fond de la savane suédoise, le Soleil se couche en remontant sa couette jusqu'au menton. Voici, en 2025, quelque chose d'étonnant : le meilleur album d'Enya, par une Anna. Ou quelque chose comme ça... Une sorte de pop new age "quali" par une musicienne bien plus intuitive que conceptuelle dans son approche. Amené par une pochette ayant quelque chose d'un potentiel meme internet, écrin au final bien senti pour ce disque fabuleusement tarte. Un peu comme jadis celle d'un Radical Romantics, par une autre artiste scandinave qui aime les visuels forts : c'est celle qu'il fallait à cet instant précis, pour l'humeur enfantine d'Anna Von Hausswolff.
Iconoclasts ne renverse rien, ne déconstruit rien... Il est juste farouchement "nature", dans son approche ; pas comme un vin de parisien qui sent le chien mouillé, plutôt comme une déclaration d'amour aux musiques hollywoodiennes les mieux fichues. Par exemple. Des souvenirs d'enfance recrachés en longues chansons douces. Les passages aux accents très Disney (école Roi Lion) s'y disputent des variations sur la pop atmo aux forts relents new age, donc, qui la travaillent davantage que l'influence de Kate Bush (nettement plus présente sur son album Ceremony) et la façon personnelle qu'Anna a de refaire du Lisa Gerrard, un peu comme une elfe revancharde... Ici, l'influence plus forte des musiques de films dont (les bons) Hans Zimmer (Gladiator mais aussi Rain Main - cf. "Unconditional Love" - quand c'était plus Interstellar sur Dead Magic) prouve qu'Anna n'a pas peur de fouiner dans ses souvenirs de môme, pour mêler à sa musique des choses plus grand écran, grand public...
Alors si dès la sortie bon nombre d'adulescents fascinés se sont un peu emballés sur l'objet en le bombardant chef d'œuvre, il me semble malvenu de moquer la hype des hipsters comme un péteux HPI : ici on est pas tant dans le truc qui refait la roue et se fait encenser sans raison parce que c'est tendance, plutôt dans quelque chose d'un dessin au crayon de couleurs. Mais un BEAU dessin, qu'on est fier d'épingler et qu'on recroise à chaque moment avec bonheur ! "Régressif" me chuchote une influ-menteuse devant un quatre-quart revisité en cup cake... mais... non : il n'y a rien de régressif dans le fait d'aimer en adulte une musique aussi candide et sympathique, quand elle est si bien faite et subtilement différente, tout en charriant moult souvenirs, dans son cocon entre rêve, nostalgie et futur - puisque dans certains moments écoloniriques c'est aussi un monde à la Avatar qu'on peut voir... mais avec un bleu ici moins gel WC que ciel !
Tout ça est ravissant, sensuel, aussi étrangement que familièrement féérique. Et n'est pas plus bête que de trouver à la fois incongru et naturel son duo avec l'Iguane, crooner yankee plus madérisé qu'un Johnny Cash en phase terminale, dont la voix est ici plus délicieusement gâteuse et moelleusement chamane que jamais. Cette chanson ne vaut pas une "In the Death Car", d'accord, mais elle a quelque chose qui rend tout chose. Quant aux parties de saxophones, à la fois simples et oniriques, j'ai vu à leur sujet cité Colin Stetson, mais elles m'ont bien plus rappelé Van Der Graaf Generator (surtout "Struggle With the Beast", ronflante comme un générique TV épique présenté par Guy Fiat Lux), ce qui n'est pas nouveau pour qui connaît son album Miracoulous... Quand à l'orgue, il est tapis, et revient en premier rôle qu'aux moments où la suédoise le juge opportun, comme un rappel qu'elle sait faire ça, avec sa superbe, mais est bien loin de n'être que ça, elle qui a d'abord une voix... Voili, voilou, on met les voiles, vers la voûte... Un album qui s'écoute plus qu'il ne se raconte, au fond, et c'est très bien comme ça !
Iconoclasts, c'est pas l'enfance de l'art : c'est l'art de faire croire à quelque chose d'enfantin. Un poster bucolique peu cliché un peu étrange au fond du grenier, qui devient vivant et vous aspire, gentiment, tendrement. Mais aussi simplement : la beauté d'un mouvement, d'une fabrication, dans un univers de conte, immémorial, universel. Anna au fond, c'est une artisane, bien plus qu'une artistoïde : chacun pourra être touché par sa musique, pas besoin d'avoir fait les Beaux-Arts. Iconoclasts, plutôt que de s'échiner à crâner ou faire étalage de pseudo-folie créative comme chez tant de petits malins, comme on aurait pu le craindre, a d'abord quelque chose d'un rappel à l'essentiel : la musique existe avant tout pour émouvoir. Sans peur du ridicule. Alors on déplie ses petites ailes en pain d'épices, et on s'envole dans le ciel en grenadine, pour le Pays Imaginaire. "I-MA-GI-NA-TION", comme disait Bob L'Éponge - à qui cette pochette rend sans doute hommage.
Dans le même esprit, Raven vous recommande...


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commentaires
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- Fryer › Envoyez un message privé àFryer
Pas merci Guts, j'ai découvert cette semaine grâce aux chroniques et je vois qu'elle passe à Paris le 31 mais c'est complet !
En tout cas, très jolie découverte. J'avais pu écouter The Miraculous mais je n'avais pas été autant happé que par celui-ci et le précédent.
- Kissthecatconcept › Envoyez un message privé àKissthecatconcept
Celui-ci est un peu mou du genou comparé au précédent, pas du fait de lenteur ou de peu de rythme, ça on s'en fout, mais il est plus sage, plus propret, plus convenu, moins épidermique, plus accessible, et le duo avec Iggy Pop, mais pourquoi !!! Oui, en fait, comme dit dans la chronique, cet album fait plus "hipster". PS : mais voyons, tous les parisiens, loin de là, ne boivent pas du jus de chien mouillé nature ! Pffff
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- Giboulou › Envoyez un message privé àGiboulou
Ma fille de 15ans adore, mon fils de 7 ans trouve ça nul (« ça ressemble à Disney ») et moi j’aime assez bien mais, mon dieu, que l’album est long…la moitié aurait été largement plus digeste. Le morceau titre bute sinon.
Message édité le 07-01-2026 à 20:29 par Giboulou
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- Raven › Envoyez un message privé àRaven

C'est l'histoire de la vie ! Le cycle éternel...
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- saïmone › Envoyez un message privé àsaïmone

Disney + Hanz Zimmer, une fois que tu l'as en tête c'est foutu, pas merci
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