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Blood Revolt › Indoctrine
- 2010 • Profound Lore Records 1 CD
- 2010 • Invictus Records 1 CD
cd 1 • 8 titres • 42:15 min
- 1Salvation at the Barrel of a Gun05:23
- 2Dead City Stare03:51
- 3Bite the Hand, Purge the Flesh05:29
- 4God's Executioner, Praise Be04:43
- 5My Name in Blood Across the Sky08:17
- 6Indoctrine04:10
- 7Year Zero04:25
- 8The Martyrs Brigade05:57
informations
Enregistré au Crabapple Downs, Nanton Alberta. Masterisé au Necromorbus Studio, Stockholm
line up
James Read (Batterie), Chris Ross (Guitare), A.A. Nemtheanga (Chant)
chronique
19 juillet 2010. Une chaude journée d’été, des familles en vacances sur la plage, la torpeur estivale bat son plein. Personne ne pouvait s’attendre à ce qui allait se passer.
En y repensant bien, quinze ans, ça parait une éternité avec l’accélération fulgurante des changements sociétaux. La vie d’aujourd’hui n’est plus du tout la même. On paraissait encore bien naïfs à cette époque. Des plantages musicaux, ça a toujours existé, la discographie des groupes de Thrash et de Death Metal autour de 1995/1996 peut en témoigner. Mais comment expliquer que des labels aussi sérieux que Profound Lore et Invictus s'unissent et laissent échapper un tel disque à toute vigilance ? Inconscience de leur part ou simple négligence ? Il va falloir remonter aux sources du drame….
Nous sommes au Canada, plus précisément à Edmonton dans l’immense province de l’Alberta. Une ville septentrionale portée par l’industrie du pétrole et dont le principal ressortissant est Michael J. Fox. C’est ici qu’officie un certain James Read, batteur de son état. Le style de Read est singulier : un jeu de batterie totalement frénétique et déstructuré, des roulements et des blasts en continu, un peu comme si son voisin atteint de la maladie de Parkinson aurait consommé la trace de trop. Depuis des années il officie dans des groupes de Metal Extrême, mais c’est en 1999 que son aura va totalement exploser avec le projet Conqueror. ‘War.Cult.Supremacy’ est un album qui mettra tout le monde à genoux et qui définira les bases de son projet suivant : Revenge.
Outre sa présence à la batterie, il n’hésite pas à donner de la voix avec des cris perçants, habités, qui peut rappeler les feulements de chats en train de se bastonner en pleine nuit.
Symbole même du mouvement War-Metal, mouvement qui mélange Black Metal, Death Metal, Grindcore et attitude Punk, il a su définir une esthétique sobre, mais foutrement évocatrice pour son groupe. Du noir, des intitulés en trois mots séparés par des points et des barbelés. James déteste l’humanité et souhaite sa mort pure et simple. Un tel chaos sonore en résulte, mais tellement cohérent qu’un montage sur YouTube collant tous les albums en simultané en fait certainement leur meilleur morceau. C’est avec son acolyte de toujours, Chris Ross ou Vermin de son nom de scène qu’ils vont partir conquérir le monde, en vendant des t-shirts par paquets au passage.
Au même moment, de l’autre côté de l’Atlantique, c’est un ciel gris qui couvre la ville de Dublin. Son environnement post-industriel est propice à la recherche d’échappatoires. Le premier, c’est l’alcool. Après tout, la principale attraction y est l’immense brasserie Guiness qui domine la ville, plus encore que son château du XIIe siècle. L’autre échappatoire majeure est l’écriture. Bram Stoker, Oscar Wilde et surtout James Joyce, tous viennent de Dublin. Il suffit de pousser un peu plus loin, hors des limites de la ville, pour s’émerveiller de la verdure de l’île et de sa côte sauvage façonnée par les vents océaniques. C’est dans cet environnement qu’a grandi Alan Averill, plus connu sous le pseudonyme de Nemtheanga. Passionné par les groupes Bathory, Venom, ou encore Rotting Christ, il fonde à l’âge de 16 ans le groupe Primordial. Si les débuts de Primordial sont encore très marqués par le Black Metal, son style s’affinera de plus en plus avec des influences folkloriques et traditionnelles celtes et par les capacités vocales hors normes de son leader, maitrisant le chant clair comme personne d’autre dans le style. C’est simple : la puissance évocatrice de son chant nous propulse instantanément dans des temps anciens, nous rappelant la rudesse de la vie d’antan et son mysticisme avec un souffle épique inégalé. Les chefs d’œuvres que sont ‘The Gathering Wilderness’ ou ‘To the Nameless Dead’, couplés à des prestations live exceptionnelles vont propulser le groupe en première ligue du Metal Extreme.
Deux destins différents, deux groupes radicaux, mais une même passion pour cette musique anime ces musiciens. Après tout, Tom Araya scandait déjà ‘Evil Has No Boundaries’ en 1983.
Mais tant de questions restent en suspens…. Quand, comment, pourquoi ? Oui pourquoi cette idée de réunir ses forces pour un projet en commun ? La stupidité virale actuelle fait faire n’importe quoi, comme par exemple déguster des huitres au Redbull. Pas besoin d’être un génie pour ce douter que le résultat n’en sera qu’infame (par contre les huitres ça s’accorde très bien avec des bières de type Porter ou Stout, comme la Guiness, si si, je vous assure !). Mais là…là…on est quand même à une autre époque. En 2010 il n’y avait pas de TikTok ou autre réseau social nous incitant à faire n’importe quoi. Qu’est-ce qu’il s’est passé ? Un verre de trop dans les backstage d’un festival certainement.
Est-ce que ça aurait été pitché ainsi « Les gars, je suis Alan de Primordial, j’adore ce que vous faites, moi aussi je veux faire du War-Metal, alors je vous propose de faire ce que vous savez faire, c'est-à-dire une musique ultra-violente, et moi je vais poser un chant clair et lyrique dessus. Ah ! Et ça serait pas mal de centrer tout le concept autour d’un personnage fanatisé qui va commettre un attentat-suicide ». Allez go ! Emballez, c’est pesé, on enregistre ça. Trop tard, le mal est fait.
Du terrorisme musical, ça serait donc ça ? Impossible de considérer ce ‘Indoctrine’ comme un nanar musical, c’est trop sérieux, trop premier degré. Alors vous me direz bien que par moment le mélange prend quand la musique ralentie et s’accorde avec le chant, ou encore quand Nemtheanga prend sa voix Black. Ces fulgurances sont bien trop brèves pour être appréciées.
Aujourd’hui, reste un album un peu honteux, un one-shot condamné aux bacs d’occasion, probablement désavoué par ses auteurs. Primordial continue de tutoyer les sommets avec des sorties de qualité, et Revenge vend toujours autant de textile avec sa sauvagerie musicale.
Reste cette épine dans le pied désormais vieille de quinze ans. 2010 c’était déjà les prémices de la fin de l’innocence. Si ‘Illud Divinum Insanum' était le 11 septembre du Death Metal, ‘Indoctrine’ en est son ‘Manhattan, Kaboul’.
Dans le même esprit, Duabiht vous recommande...

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- born to gulo › Envoyez un message privé àborn to gulo
Spa faux, mais le contre exemple existe : Pailhead. Sur le papier, l'idée est aussi aberrante que Averill + Read, et pourtant...
- Note donnée au disque :
