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Blood Incantation › Absolute Elsewhere

cd • 6 titres • 43:39 min

  • 1The Stargate [Tablet I]08:20
  • 2The Stargate [Tablet II]05:08
  • 3The Stargate [Tablet III]06:50
  • 4The Message [Tablet I]05:56
  • 5The Message [Tablet II]05:58
  • 6The Message [Tablet III]11:27

informations

Enregistré à Hansa Tonstudios, Berlin, Allemagne, été 2023. Mixé et masterisé à Redwood Studios, hiver 2023. Produit, enregistré, mixé et masterisé par Arthur Rizk, assisté d'Aidan Elias et Kian Moghaddamzadeh.

Sorti en CD, vinyle, cassette, en ligne. Illustration par Steve R Dodd.

line up

Isaac Faulk (batterie, percussions, gong, mellotron, guitare), Paul Riedl (voix, guitare, mellotron, claviers), Morris Kolontyrsky (guitare, claviers), Jeff Barrett (basse, claviers)

Musiciens additionnels : Thorsten Quaeschning (claviers, orgue [2]), Nicklas Malmqvist (claviers, piano, orgue, mellotron [2]), Malte Gericke (voix [3,5])

chronique

Bon, nous sommes entre nous, amis lecteurs, donc je peux l’avouer sans honte, je crois à une présence extra-terrestre sur notre bonne vieille planète, une présence qui vise à nous étudier, à assimiler notre culture, nos rituels, afin, peut-être, de mieux nous asservir.

La source de ma conviction ? L’existence d’un groupe comme Blood Incantation qui coche toutes les cases de l’entité venue d’ailleurs. Evitons de nous attarder trop longuement sur l’aspect physique de certains membres du groupe. Certes, on ne pourra m’enlever de la tête que la présence d’un sosie de Gérard Jugnot aux cheveux longs et affublé des lunettes du Léon de Luc Besson est un élément tellement peu probable qu’il ne peut s’expliquer que par une intervention extérieure à la Terre… Mais non, là n’est pas l’essentiel. Penchons-nous plutôt sur leur production.

Déjà, les paroles, la thématique cosmique, les complots extra-terrestres, les pochettes typées S.F., tout cela n’est-il pas un signe ? Ensuite, musicalement… Après deux albums orientés death metal old school teintés d’un ailleurs cosmique et un EP de musique électronique planant, le groupe tente, avec Absolute Elsewhere, de mélanger l’ensemble de ses influences. Et c’est bien là, à mon sens, que le groupe échoue et que sa véritable identité se révèle.

Oh, ne vous méprenez pas, en termes de maîtrise des différents styles joués, le groupe fait preuve d’un véritable savoir-faire ! Je parlais d’extra-terrestres visant à nous étudier et nous en avons une première preuve ici ! Les membres du groupe, en gros nerds scientifiques, ont parfaitement étudié, disséqué leurs diverses influences et sont capables, en bons élèves, de les recracher admirablement. Vous voulez du death metal de qualité ? Vous en aurez. Des parties de musique électronique à la Tangerine Dream ? Réjouissez-vous, vous aurez même droit à un petit featuring de Thorsten Quaeschning sur The Stargate [Tablet II] ! Des passages inédits du Dark Side of the Moon de Pink Floyd ? Soyez prêts à être bluffés ! Bon, certes, je n’aime pas le Pink Floyd post-72, mais ça… Le groupe ne pouvait le deviner. Libre à lui d’espérer voir son disque devenir la nouvelle référence pour tester vos dernières enceintes.

Non, pour moi, le vrai problème de ce disque, au-delà de cette manière très scolaire de faire ressortir ses différentes influences, c’est ce découpage souvent très raide entre les différentes parties qui composent les deux morceaux du disque, cassant toute tentative d’immersion. On commence par du death metal, doubles pédales de sortie avec quelques effets cosmiques. Puis, au bout de 3 minutes, ambiance à peine posée, sans transition aucune, voilà du Pink Floyd. Ha ! Retour inattendu du death metal ! Hop ! Arpèges au synthétiseur Moog accompagnés de mellotron : moment Tangerine Dream…

Très sincèrement, je ne vois qu’une entité alien complétement imperméable à toute sensibilité humaine pour estimer qu’un patchwork aussi décousu puisse être considéré comme un album de musique cohérent. Un artiste terrien ? Il aurait essayé de mieux fusionner ensemble ces divers influences ou tenté des transitions plus douces. Ici, nous avons plutôt à faire avec un groupe qui nous vend une magnifique voiture de sport vintage et… techniquement, ce n’est pas un mensonge, mais cette superbe petite Lotus Seven est livrée en kit et il nous faut la monter nous-mêmes. Dommage, car quand Blood Incantation fait l’effort de mieux amalgamer ses différents styles (notamment sur The Message [Tablet I] ou [Tablet III]), il réussit à nous transporter instantanément vers un infini intergalactique inconnu et menaçant.

Résultat, les musiciens s’amusent visiblement beaucoup mais, pour l’auditeur, il s’agit d’une grosse déception et, pour moi, la conviction que Blood Incantation est composé d’artistes doués mais venus d’ailleurs, aux motifs obscures… Pour ma part, j’irai donc chercher du côté de The Enduring Spirit de Tomb Mold pour une fusion death prog’ mieux ficelé, avec des musiciens bien terriens, sans velléité (je l’espère) de nous asservir.

Ah, mais voilà que s’avance le Man in Black Rastignac, je vais devoir me taire…

Moyen
      
Publiée le mercredi 3 décembre 2025

chronique

Blood Incantation est un groupe qui insiste. Par exemple, il insiste, il souligne, il répète depuis des années qu’il adore le death metal et les gros riffs, et qu’il aime beaucoup aussi la musique électronique, le krautrock ou le “new age” entre autres hobbies de niche métaphysico-champignonesques. Depuis Timewave Zero et leur set au Roadburn en kosmik pyjama blanc Berlin School™ le doute n’était plus permis : le cul entre deux chaises comme on le dit vulgairement, un brin crâneur, les quelques chevelus moustachus parfois mi-chauves qui constituent l’âme de ce groupe voulaient nous en mettre à la fois plein la vue, nous faire tripper un maximum en contemplant quelques blougi-boulgas syncrétiques, et nous rappeler qu'à l'instar d'autres têtes de gondoles of métal, il faut assumer son amour d’autre styles et chapelles, que ce soit la house (Fenriz), Cardiacs (Shane Embury), la pêche, les perruques et les insultes sur instagram (Mick Harris)… ou Ash Ra Tempel, la High SF tendance un tantinet mystiquo-sciento, l’advaita vedanta remixé en roman de gare, le Zeit de Tangerine Dream (Blood Incantation). Alors : ça vaut le coup ? Je vais y répondre en trois points, CHEF. Primo j’aime la pochette, on dirait presque une page de présentation d’un jeu Amstrad, et ça : ça me botte. Et puis deuzio : ça va alterner entre moments pur Azagthoth Death Metal®, des transitions rock “psyché/prog/pépère” et enfin des épisodes “étalage du matos sur la table”. Regardez-moi tout ces synthés et autres bidules qui font pouic pouic avec de l’écho ! Et si on considère le tout ? Si on monte sur la colline pour voir les géoglyphes de Nazca-death ? Le rendu est joli certes, et j’avais bien aimé Timewave Zero, j’avais bien aimé leurs albums death précédents, mais là en y regardant fort ça ne me semble pas très bien… mixé l’un avec l’autre, comme si Blood Incantation avait sorti un split avec lui-même, et même si on fait beaucoup d’effort, il est quand même rude de trouver du liant entre de la musique méga-planante épurée de tout rock and roll et du death metal qui est une version très très énervée et morbide de Buddy Holly si on exagère (un tout petit peu, pas beaucoup), tout cela ligoté par une sorte de Pink Floyd qui shine sur toi, oui toi, “crazy diamond”, ouh toi, “obscured by clouds”, j’entends tes “echoes”. On témoigne donc que Blood Incantation existe, et qu’il s’amuse très fort, un peu comme quand on regarde quelqu’un jouer très bien à quoi que soit, au flipper, à un jeu vidéo, on admire OK mais surtout on poireaute, même si c’est sympa de faire le chandelier pour quelqu’un qui s’y connait en bilboquet, en tennis de table ou en tricot. Comme on regarde un verre d’huile, et qu’on y verse un verre d’eau, ooooh ! Ça ne se mélange pas ! Voilà un petit peu mon ressenti de cet album, qui ne reste pas bien en mémoire, comme un moment un peu générique de belle musique certes, mais qui ne posera pas de jalon dans ma vie pénible d’auditeur snob qui a “tout vu tout entendu”, surtout les têtes de gondoles déjà citées, et ça ne sera pas forcément Morbid Angel pour une fois. Cette sensation de déjà-vu est malheureusement trop fréquente quand on a mangé ses classiques et qu’on devient un blasé pénible de la musique produite en masse, vous verrez vous les jeunes, enfin les deux qui se sont perdus sur ce site (désolé) : ça arrivera bien plus vite que vous ne le pensez ! C’est peut-être même déjà en train de vous gangrener la tête, tel un virus cosmico-psychique des interwebs. Faites attention à vous.

Bon
      
Publiée le mercredi 3 décembre 2025

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Rastignac Envoyez un message privé àRastignac
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Y a pas que Supuration qui est copié-collé en plus…

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Fryer Envoyez un message privé àFryer

Complétement en phase avec Ultimex, le patchwork est bien fait mais manque de liant ; une fois passé la surprise de "ah oui tiens, ça c'est piqué à SUP", on revient aux 2 précédents. J'ai trouvé leur album d'ambient assez quelconque par contre.

Message édité le 03-12-2025 à 22:22 par fryer

Note donnée au disque :       
dariev stands Envoyez un message privé àdariev stands
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Y'a un seul truc qui est chroniqué sur guts (pour l'instant)

Rastignac Envoyez un message privé àRastignac
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Gulo: sa playlist préférée sur Spotify :

gylve fav

Note donnée au disque :       
saïmone Envoyez un message privé àsaïmone
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Ah c'est sûr que comparé à la première fois où tu essayes Portal après la dithyrambe, l'effet cosmique est pas vraiment pareil