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Miasma › Changes

cd • 8 titres • 45:17 min

  • 1Baphomet06:32
  • 2Ancient Rhymes04:31
  • 3Melting of Imagining Existence05:06
  • 4Schizophrenia?09:15
  • 5Drowning in Blood04:46
  • 6The Prayer04:37
  • 7Morbid Knocking07:46
  • 8Stillbirth02:44

informations

ULLI Studios, Vienne, Octobre 1991.

line up

Capral Adorator (Batterie), Attems (Basse), Peter Prochazka (Guitares), Gorehead (Chant), Ares Cancer (Guitares).

chronique

Ca manque d’Autriche par ici. Pungent Stench, Disharmonic Orchestra, Abigor, Dornenreich… Le pays est petit, mais qualitativement, on n’est pas loin des helvètes, ils sont forts, très forts… Et bien barrés aussi. On peut toujours « deviner » qu’un groupe est Autrichien. Ca sera toujours pas tout à fait dans les codes, un peu chelou mais pas trop, un peu comme ce gars bizarre au fond de la classe qui buvait de la colle pour impressionner les meufs. Ca marchait, quoiqu’on en dise. Je ne sais pas vraiment d’où ça vient d’ailleurs, enfanter Pungent Stench ou Miasma, il y a bien quelque chose qui n’allait pas par là bas. Ou bien c’est l’inverse, tout allait trop bien, et il a fallu renverser certains dogmes dans une société bien trop policée ?

Va savoir, reste que Miasma est toujours resté dans l’ombre de Pungent Stench justement, malgré que ce premier et unique album fût mixé par Martin Schirenc lui-même. En aparté, je n’ose même pas imaginer la taille de la scène à l’époque à Vienne… Dire qu’on se plaignait ici en France.

Et de ces quelques joyeux drilles, va apparaitre donc Miasma dont voici le premier et unique album. Enregistré en Octobre 91, après une démo plutôt confidentielle, il devait initialement sortir chez Turbo music (Beherit, Goatlord, et plutôt connu pour pas être très réglo…), mais face à une relative lenteur à se faire rembourser les frais de studio et malgré les menaces physiques, les Autrichiens, dans toute leur politesse et droiture légendaire laissèrent tomber, et devinrent la première sortie de Lethal records.

D’où le prix absolument abominable du premier pressage de cet album.

Et le culte de devenir endémique. L’album dont tout le monde parle en mode « C’est génial, tu connais pas n00b ? », « Changes » est devenu cette gemme de l’élitiste metalleux des années 2000-2010, avant que cette saloperie de streaming ne vienne tout foutre en l’air. Fichtre, tout le monde va découvrir les groupes cultes et découvrir la supercherie ? Ou bien, peut-être que c’était effectivement juste bon, et que les mecs n’ont pas eu de bol ?

Evidemment, en bon petit soldat des années 90 avec un peu de poussière sur les épaules mais l’œil toujours vif malgré des poches façon hoodie waikiki, votre bon Poky a attendu de chopper une réédition et de bien écouter l’affaire. Rétablir cette vérité que vous attendiez tous, c’est un métier. L’est longue cette chronique, pour ne rien dire.

Miasma, ça bute. Et « Changes », c’est un des meilleurs disques de death metal de 91 que t’as pas déjà écouté. Nuance. Faut imaginer qu’on parle ici de death metal vraiment sale, pataud et EVIL. Ici, on hurle le nom de Baphomet, on découpe Jesus et on fracasse les prêtres. Zero finesse, on enchaine les riffs simples et directs, ambiance Amon/Deicide avec cette voix… Mes Aieux, CA c’est une voix Death metal. Un growl puissant, tonitruant et parfois même flippant. Quand Gerhard hurle « BA-PHO-MEEET », on se tait, et on va se planquer derrière le canapé. C’est simple, j’ai un critère, si je mets un disque de death metal dans le salon et que j’entends râler en moins d’une minute c’est que le disque est bon.
38 secondes.

Entre autres, ce qui va permettre surtout à cet album d’accéder au label « Disque culte » c’est aussi son son (si Raven était là, il aurait essayé de caler un Véronique quelque part, mais notez comment je m’abstiens). On rampe dans la boue, avec cette batterie au son large et épais, les guitares puent le sang et la rouille un peu comme si Autopsy était venu en vacances en Europe pour brûler quelques chapelles, mais les compos, sans être vraiment originales – on parle de death old school – ne sont pas toujours super inspirées, certains choix d’enchainements un peu douteux, et ca sera là que l’album perd une bonne boule. Miasma sait écraser avec violence, mais ce n’est pas Bolt Thrower, Miasma sait blasphémer mais ce n’est pas Deicide ou Sinister, Miasma sait faire du death metal mais… Malgré ses immenses qualités, « Changes » peine à se faire mémoriser, il devient lourd, comme un Forêt Noire le dimanche à 14h, l’album s’enfonce dans son propre vomi. On perd l’attention, et on regarde un peu le reste. On lit le livret, des histoires de galériens en tournée, des souvenirs de picoles dantesques, et que vient faire Fragonard sur la cover ?
Je cherche pas à comprendre, un autre disque tout de même remarquable au cimetière du death metal. Bizarre sans choquer, Autrichien que je disais.

Bon
      
Publiée le jeudi 27 novembre 2025

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Note moyenne        3 votes

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Horn Abboth Envoyez un message privé àHorn Abboth

Je l'écoutais pas plus tard que cette semaine en me disant que ça manquait ici bas. Il y a une réed qui est sortie en 2001 sur Napalm Rec et qui regroupe l'album en question avec leur unique EP, Love Songs. Excellent ! Du bon gros death old-school et evil.

Note donnée au disque :       
born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Quant à Fragonard : mon hypothèse est que le plus célèbre peintre autrichien eût pu causer quelque tumulte, et pour le coup un peu trop déranger.

born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

C'est tentant. Ça se tente.