Vous êtes ici › Les groupes / artistesAAshes And Diamonds › Are forever

Ashes And Diamonds › Are forever

cd • 12 titres

  • 1Hollywood
  • 2Teenage robots
  • 3On a rocka
  • 4On
  • 5Boy or girl
  • 6The A-listers
  • 7Plastic fantastic
  • 8Ice queen
  • 9Setting yourself up for love
  • 10Alien love
  • 11Champagne Charlie
  • 122020

informations

line up

Daniel Ash (chant, guitare, saxophone, E-bow), Bruce Smith (batterie, programmation, choeurs), Paul S. Denman (basse, choeurs)

chronique

Incroyable Daniel Ash, à la tête de son nouveau projet, il nous livre en 2025 l’album dont Love and Rockets a toujours rêvé. Enfin, quand je dis ‘à la tête’, Ashes and Diamonds est quand même un beau super groupe avec Bruce Smith (ex-P.I.L/The Pop Group) et plus surprenant, Paul S. Denman (ex-Sade) au line-up. Sans y allier par quatre chemins, ce premier opus comptera probablement parmi les grands de 2025, ce qui n’est jamais gagné quand des musiciens réputés travaillent ensemble. ‘Are forever’ est d’une classe et d’une richesse folle, puisant ses racines dans pas mal d’influences du passé, du glam, des Doors aux 80’s emballé dans une production soignée, résolument moderne mais jamais putassière. Rien que la chanson de départ, ‘Hollywood’ (avec son clin d’oeil oblique au ‘Crystal Ship’ de Jim Morrison), quelle merveille. Ash a ce talent d’être économe dans ses paroles, il sélectionne quelques phrases bien tournées qu’il tourne tels des mantras sans esbroufe mélodique et pourtant, ça fonctionne. En l’occurence, ce titre débute de manière dépouillée: bruits lointains de circulation, nappe à peine perceptible, la voix se pose, puis un beat lent et une ligne de guitare pesante, lourde, irrésistible, limite deathrock dans ses sonorités. Le tempo ne variera pas, pourtant les trop courtes quatre minutes de ce joyau qui ne vit que par ses vagues, ses subtilités de productions multiples (choeurs, effets, distorsions) et sa recherche de composition fileront à une vitesse insupportable. Si le glam moderne à gueule de bois avait besoin d’une bande-son, ‘Hollywood’ se poserait clairement là. Le danger est qu’à force d’appuyer sur la touche ‘repeat’, on en négligerait le reste du disque. Et croyez-moi, il en vaut la peine. ‘Teenage robots’ pourrait sonner comme une version groovy et sexy du Nine Inch Nails des débuts mais joué durant une compétition de pole dance dans un club. Toujours cet effet hypnotique des paroles, avec le timbre légèrement blasé de Daniel sur fond d’une musique apparemment très simple dans ses lignes mais si riche en réalité. Si je mentionnais Love and Rockets en début de chronique avec un effet un peu ‘pute à click’, Ashes and Diamonds n’en est pas une extension pour autant, simplement les deux combos tètent parfois au même mamelles, ainsi sur ‘On a rocka’ avec son aspect rock psychédélique de bikers pour les lignes de guitare mais une fois encore, c’est passé au filtre de tellement d’autres choses que ça en sonne délicieusement intemporel. ‘Are forever’ capture une atmosphère celle du bling bling des élites dont la philosophie n’a que peu varié au cours des décennies. Plutôt que de s’opposer, ces couches s’entremêlent, copulent sans la moindre pudeur et c’est ce que le trio parvient à cadrer en fusionnant l’électricités 60’s, le renouveau du rock indu des 90’s, la décadence glam (‘2020’) et des éléments goths et new wave (version Throbbing Gristle comme en témoigne ‘The A-listers’) des 80’s, le tout avec un regard contemporain et un éternuement futuriste. Comment varier tellement les ambiances et sortir un album si cohérent ? Probablement ce que l’on appelle le talent. Le seul moment où j’ai relevé le sourcil, c’est sur ‘Champagne Charlie’. N’est-ce pas une ligne ou un sample de la guitare de ‘Arabian knights’ des Banshees qui sert de trame ? Hommage ? Hasard ? Rien à voir ? Rassurez-vous, le morceau n’est pas un plagiat mais c’est un brin troublant. Qu’importe, ce brillant disque en soi-même n’apporte pas grand chose de nouveau mais le traitement qu’il en fait sonne unique, comme une polarisation de tout le travail de Daniel Ash en groupe ou en solo avec le renfort de briscards rompus à tellement de styles différents que leur fusion sonne parfaitement normale et fluide. Abandonnant dans son sillage une forme d’écho limite mystique, comme une bouffée de cigarette qui se dilue dans l’air du soir ou de l’aurore, il laissera fleurir chez l’auditeur/trice un curieux sentiment de vague à l’âme très agréable…

Très bon
      
Publiée le samedi 22 novembre 2025

Dans le même esprit, Shelleyan vous recommande...

dernières écoutes

Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Are forever" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Are forever".

notes

Note moyenne        2 votes

Connectez-vous ajouter une note sur "Are forever".

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Are forever".