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Ken Ishii › Jelly Tones

  • 1995R&S RS 95065 CD • 1 CD

cd • 8 titres

  • 1Extra 8:46
  • 2Cocoa Mousse 6:48
  • 3Stretch 7:21
  • 4Ethos 9 6:23
  • 5Moved By Air 4:55
  • 6Pause In Herbs 5:47
  • 7Frame Out 6:31
  • 8Endless Season 9:46

informations

Il existe de nombreuses versions de l'album, je me concentre sur la première. L'édition japonaise contient deux pistes supplémentaires : 'Rusty Transparency' et 'Stretch'

line up

Ken Ishii

chronique

S'il y a bien une ville qui pouvait rivaliser avec Detroit pour l'ambiance techno-futuriste de fin de millénaire, c'est Tokyo ! Et pourtant malgré sa propension pour la cybernétique, la robotique et son obsession quasi-romantique pour l'autodestruction (entre Godzilla, Neon Genesis Evangelion et Akira, on en est a combien d'itérations de la ville ?) la musique électronique peinait à y prendre pied au-delà de l'exception dénommée Yellow Magic Orchestra. Le reste était confiné soit à l'ameublement (City pop ou ambient) soit au cas marginaux (Vanity Records ou la scène bruitiste). Les machines japonaises, Roland en tête, partaient directement sur les marchés américain et européen en restant hors des bourses du quidam tels que le jeune Ken Ishii qui découvrait un monde sonore aux contours flous dans la limite que les échanges pré-internet permettaient. 

C'était suffisant pour s'acoquiner avec la musique électronique occidentale et, se sachant non-prophète en son pays, marqua le coup en signant son barré mais brouillon premier album Garden on the Palm en 1993 sur le légendaire label belge R & S, propulsé aux côtés de CJ Bolland, Joey Beltram ou The Prodigy. C'est avec le second album Jelly Tones, ici présent, qu'il va non seulement s'affirmer comme égal de ses contemporains occidentaux mais aussi mettre le Japon sur la carte des producteurs de musique électronique contemporaine. 

Jelly Tones est joueur. S'il penche parfois vers les ambiances de conduite nocturnes de Carl Craig ('Cocoa Mousse') ou vers les régions plus arides de Jeff Mills ('Stretch', 'Frame out'), c'est dans ses morceaux les moins influencés et dans sa physicalité qu'il se révèle totalement. 'Extra', le titre phare et de loin le plus connu, joue d'un glissando de synthé sur des percussions complexes qui montrent déjà sa capacité à monter un morceau gigantesque par des arrangements spatialisés et des textures remarquables. Pour un album de techno Jelly Tones est incroyablement riche en variations et atmosphères ; 'Ethos 9' nous fait l'honneur d'un peu de drum'n'bass tandis que les deux titres suivants 'Moved by Air' et 'Pause in Herbs' se replongent dans l'electronica Warpienne si chère a Ishii. Le temps d'un dernier morceau de techno pur et dur à la rythmique syncopée plus proche du son de Luke Slater ('Frame out') c'est sur presque dix minutes d'ambient multicolore qu'il termine son voyage. Malgré ses thèmes dystopiques (le clip d'Extra, dont l'image de la pochette est issu, a été réalisé par rien de moins que Koji Morimoto, le directeur d'Akira) Ken Ishii veut garder la candeur des grands de Detroit avec l'amour du travail bien fait. 

Très bon
      
Publiée le vendredi 21 novembre 2025

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    Copacab Envoyez un message privé àCopacab
    avatar

    Ma version a « The sign », probablement mon morceau préféré ici, simplement de la techno splendide. Je préfère son travail sous le nom de Flare sinon, plus tordu

    Note donnée au disque :       
    Heptanes Envoyez un message privé àHeptanes

    J'aime tellement cette pochette, le pire c'est que je l'ai jamais écouté cet album !