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Iron Man › Black Night

cd • 10 titres • 48:46 min

  • 1Choices04:13
  • 2The Liar03:29
  • 3Black Night04:16
  • 4Leaving Town06:32
  • 5Life After Death03:57
  • 6Life's Toll05:50
  • 7A Child's Future05:46
  • 8Vampires05:04
  • 9Time for Change04:38
  • 10Why Can't You See Me?05:01

informations

Hit and Run Studios, Rockville, MD.

line up

Rob Levey (chant), Alfred Morris III (guitares, claviers), Larry Brown (basse, claviers), Ronnie Kalimon (batterie, percussions, gong)

chronique

doom metal / sabbath worship

Dans la catégorie des traditionnalistes du Black Sabbath des années 70 à 72, on retient surtout les grands du doom des années 80 que sont Saint Vitus, Pentagram ou Trouble. Mais Iron Man, ce perdant magnifique ? On en parle ? Certes, un groupe en retard avec ce premier disque enregistré en 92, plus intégriste aussi, appliquant consciencieusement les recettes des précurseurs de Birmingham.

Consciencieusement ? Viscéralement plutôt : la passion pour la bande à Iommi transpire tout le long des 50 minutes de ce premier disque du groupe. Les riffs d’Al Morris III, parfaits pour accompagner les virées à moto les cheveux au vent, ne dépareilleraient pas sur Paranoid ou Master of Reality. La section rythmique plombée est solide avec un batteur au jeu varié et une basse graisseuse comme il faut. Ça groove non-stop. Il pleut du solo bluesy en veux-tu en voilà, avec quelques petites touches de synthétiseurs pour nuancer les ambiances. Alors que demander de plus ?

Certes, musique ringarde au possible, pour cette année 93, date de sortie du disque, musique dépassée, déclassée, exhalant la lose : divorce difficile, loyers impayés qui s’accumulent, calvitie galopante avec, pour seul exutoire, la salle de répét’ où jouer du doom. Mais une lose majestueuse, pleine de panache, une désuétude pleinement assumée : l’exutoire se mue ici en réjouissance, celle de jouer et d’enregistrer une musique que l’on aime, sans autre prétention que celle de se faire plaisir et d’emporter avec soi, dans sa passion, quelques rares auditeurs. Du travail d’honnête artisan, respectueux des traditions sabbathiennes, on l’a dit, répétant inlassablement les gestes ancestraux développés par les pionniers du genre. Mais, comme tout bon artisan, insufflant à son travail de petites touches personnelles, apposant sa marque comme ces leads plus Saint Vitus que Black Sabbath ou ces extraits de journaux télévisés sur Vampires ; un Time For Change qui fait la nique aux freluquets du grunge ; de la double pédale sur Life’s Toll ; une guitare n’hésitant pas à abuser de la wha comme sur Leaving Town ; une introduction avec nappes de synthétiseurs mélancoliques sur Why can’t you save me ? ; un son plus moderne dans l’ensemble, aux grondements réconfortants. Seul point faible du disque peut-être ? Rob Levey, un chanteur aux intonations à la Ozzy en plus grave, mais sans le charisme et à la justesse toute relative.

Iron Man, c’est le chevalier-paladin du doom, probablement conscient de la futilité de son engagement en cette année 93, de son destin d’éternel outsider de l’ombre mais qui garde la foi ; ce chevalier chargeant, malgré tout, les moulins de la modernité, que ceux-ci s’appellent, selon les époques, NWOBHM, thrash, glam metal ou grunge, ce grunge ayant le toupet de se réapproprier de façon beaucoup plus personnelle l’héritage sabbathien. N’est-ce pas, aussi, cet acharnement, ce jusqu’au-boutisme vain qui plaît tant dans le doom ?

S’il n’est pas interdit d’avoir une préférence pour l’album suivant, au chanteur plus expressif et poussant le mimétisme au point d’avoir une production plus Black Sabbath que Black Sabbath, ce serait un tort que de passer à côté de ce premier disque, fait avec l'amour sincère du travail bien fait.

Et puis, cerise sur le gâteau, entre nous, qui n’a jamais eu envie de porter un t-shirt à l’effigie de la pochette de cet album, tout-à-fait approprié pour afficher son caractère de leader-né durant les sessions team-building visant à créer une inner-synergie positive et un competitive mindset au sein de son entreprise ?

Bon
      
Publiée le mercredi 19 novembre 2025

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Note moyenne        2 votes

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Giboulou Envoyez un message privé àGiboulou

Moi j’aime bien Iron Man. Je suppose que le choix du nom de groupe les a bien plombés. Parce que, avec le recul des années, le son et les compos de ce premier album sont finalement plus proches du Blind de Corrosion que de Black Sab à mes oreilles. D’ailleurs, un paquet de groupes plus récents pompent allègrement le Sab’ sans que personne ici ne s’émeuve…et, j’avoue, j’aime bien ce chanteur qui chante comme un peigne-cul. Comme dans Boris, au hasard, tiens.

Ultimex Envoyez un message privé àUltimex
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La force inexplicable de ce groupe est d'avoir réussi à marquer tout le monde avec une proposition aussi anecdotique et consensuellement tiédasse.

Ah, pourquoi un tel (relatif) succès ?

Est-ce le plaisir d'écouter du Black Sabbath (avec un peu d'identité malgré tout) quand on n'a pas envie d'écouter Black Sabbath ?

Est-ce le bonus sympathie attribué aux glorieux perdants aussi ? Ceux qui se lancent dans des projets aussi ambitieux et inutiles que descendre l'Himalaya à la luge ou comptabiliser les différents modèles de BMW conduits par Derrick ?

Message édité le 20-11-2025 à 19:14 par Ultimex

Note donnée au disque :       
Rastignac Envoyez un message privé àRastignac
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Un peu le même ressenti. Il doit maintenant dormir sous des kilos de plastique et de poussière le chevalier étincelant là…

Consultant en informatique Envoyez un message privé àConsultant en informatique
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Reçu en promo à une époque lointaine. Musicalement aucun souvenir, à part celui d'un pastiche dont l'écoute est plaisante mais pas au point de générer une envie de réécoute (tu as l'impression de corriger une copie de premiers de la classe... le pire c'est que c'est complètement assumé. En gros réalisation : 16/20 et ambition 0/20). La force inexplicable de ce groupe est d'avoir réussi à marquer tout le monde avec une proposition aussi anecdotique et consensuellement tiédasse. Peut-être la pochette, ou le label, je sais pas.

Horn Abboth Envoyez un message privé àHorn Abboth

Doom + Perfecto à franges, ça peut difficilement être mauvais.

Note donnée au disque :