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Nick Cave and The Bad Seeds › Abattoir Blues / The Lyre of Orpheus
- 2004 • Mute Records STUMM233 • 2 CD digipack
cd • 9 titres • 43:06 min
- Abattoir Blues
- 1Get Ready For Love
- 2Cannibal's Hymn
- 3Hiding All Away
- 4Messiah Ward
- 5There She Goes, My Beautiful World
- 6Nature Boy
- 7Abattoir Blues
- 8Let The Bells Ring
- 9Fable Of The Brown Ape
cd • 8 titres • 39:26 min
- The Lyre of Orpheus
- 1The Lyre Of Orpheus
- 2Breathless
- 3Babe, You Turn Me On
- 4Easy Money
- 5Supernaturally
- 6Spell
- 7Carry Me
- 8O Children
informations
line up
Martyn P. Casey (basse), Nick Cave (chant, piano), Warren Ellis (violon, mandoline, bouzouki, flûte), James Johnston (orgue), Mick Harvey (guitare), Conway Savage (piano), Jim Sclavunos (batterie, percussions), Thomas Wydler (batterie, percussions)
Musiciens additionnels : Åse Bergstrøm, Donovan Lawrence, Geo Onayomake, Lena Palmer, Stephanie Meade, Wendy Rose (chœurs)
chronique
Nick Cave en smoking crème ? La classe. L'expression galvaudée, est ici inévitable. Autre chose que son No more shall we prout-prout, croyez-moi, et ni plus ni moins qu'une résurrection après le déplorable Nocturamouise, dont il essuie les tristes traces avec un grand mouchoir Hermès. Oui : le Nick ici en fait encore des caisses. Des caisses de champagne. Pas du Krug, mais pas de la merde. Du Bollinger, si on fait la moyenne. De la bulle en dentelle, équilibrée, avec de la tenue, du pep's, une souplesse et longueur impec'. Avec du Bruce Springsteen et du Leonard Cohen dans l'assemblage, même, et pas du déclassé. "Monsieur prendra bien un toast ?" Volontiers garçon - et ramenez-moi la p'tite sœur, j'ai les oreilles qui fanent ! Pourtant, tout partait en eau de chiotte avec ce "Get Ready for Love" insupportable, cabotin-boudin, si typique de ce Nick qu'on a envie de baffer. Celui poudré et plein de tics et gesticulations à la De Funès du goth-rock de bluesman intello-spirituel. L'horreur, la promesse d'une nouvelle gabegie... et puis, et puis...
Et puis vient cette "Cannibal's Hymn", qui commence à causer juste, et à m'entraîner dans sa valse impériale... puis cette cartoonesque mais digeste "Hiding All Away" dans les traces de Let Love In, qui envoie la sauce et fait chauffer les mocassins... et puis le piano clair et le gospel-rock chaloupé de chez chaloupé de "Messiah Ward" m'emporte, en pédalo, tranquillou, sur le lac du plaisir pur, à ne plus penser à rien d'autre que des sottises comme "Dieu est pas un mauvais gars au fond - il est juste non-interventionniste, comme Jacques Chirac" et "qu'est-ce que je vais porter ce soir pour que ces dames dansent avec moi ?", tout comme la plus country-rock "Let The Bells Ring" m'emballe, dès son "C'mon, kind Sir, let’s walk outside, and breathe the autumn air"... et voilà. Voili, voilou. Abattoir/Lyre a fait le fond de ma tirelire. Nick Cave nous y fait un condensé de sa carrière rock, et de sa carrière gospel. Ni vu ni connu. Enfin si : vu, connu. Peut-être un peu trop pour son bien des fois. Mais d'abord fastueux. Généreux. Opulent. Relou par excès (ah "There She Goes, My Beautiful World" : le mec n'en peut plus de son style, clairement). Assez grandiose. La plupart des auditeurs semblent préférer le premier disque, sensé être plus rock et nerveux... Je ne vois pas de différence fondamentale entre les deux pour ma part, même si Lyre of Orpheus a en effet un côté plus posé et velouté (malgré le soubresaut magnifique d'une "Supernaturally"), tous deux sont à la fois procession, communion et grand soir des valses caviennes, ils portent beau et apportent leur lot de gospel inspiré et d'hymnes hallucinés. C'est comme si Nick avait retrouvé le mojo, ce mojo qu'il avait perdu au détour du Boatman's Call, ce mojo des Murder Ballads et de Let Love In. On peut lui reprocher de s'étaler, c'est vrai. Mais il met bien, l'enfoiré. Il soigne ses entrées. Il emballe ses invités aussi bien que ses ouailles.
Ce Double Blanc Crème a ce chien et ce chic que n'avaient ni No Mortibus ni Noctue-l'amour. Avec le mordant du Cave d'antan. Meilleur des deux mondes. Il exsude la plénitude du style Cave, plutôt que sa forme sénile. Un Nick qui délivre quantité de chansons simples qui entraînent loin, comme les "O Mama" de cette "Lyre of Orpheus" aux relents exquisément waitsiens, et la folk charmante d'une "Breathless". Ou le slow interlope d'une "Easy Money", qui annonce à sa façon la lueur morbide d'un Skeleton Tree. Des chansons douces toutes emportées, et irrésistibles, avec ce swing typique du Nick (oh, sublime "Carry Me", ô "O Children" et son piano de cristal tendre sous ces chœurs gospel gracieux et veloutés...) Au pinacle desquelles "Spell", suprême de Cave sur un motif de piano simplissime, très habituel pour le père Cave, et pourtant portant tellement bien son titre, glissant dans ces grands draps blancs avec la grâce d'une fée. Comme ce disque : un élixir de son style. Ce double comme un concentré, une définition de sa vie musicale adulte jusqu'alors, presque un "Nick Cave pour les Nuls", mais débordant de style. J'avais prévu d'en dire plus, mais je jacte trop, pour pas changer... alors allez plutôt m'écouter, ou me réécouter ce double disque fameux. En une, ou en deux fois. Parce qu'il le vaut bien, comme L'Oréal.
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- Wotzenknecht › Envoyez un message privé àWotzenknecht

Retenté parce que c'est vraiment un bel objet, rien a faire, l'impression de se taper la sélection Adult Contemporary sur un vol Lufthansa.
- Note donnée au disque :
- soulsmaster › Envoyez un message privé àsoulsmaster
Il va effectivement que je mette ça sur la liste des Cave à réécouter (dis-je alors que le disque est finalement déjà lancé en écrivant le com'), parce que j'en ai pas un bon souvenir - contrairement à Nocturama que j'aimais bien.
Edit : La réécoute m'aura permis de redécouvrir quelques jolis morceaux je dois bien l'admettre, mais l'ensemble reste laborieux, et comme j'aime pas jouer de la zapette pendant un disque, faut quand même subir l'agaçant pour arriver, de temps en temps, à l'agréable. L'entame de l'album n'aide pas d'ailleurs. Ça fait aussi un moment - quelques années en fait - que j'ai un rapport "contrarié" à Nick Cave, cette espèce de période de saturation qui je pense - enfin suppose - beaucoup ont eu un moment ou à un autre, presque au-delà de la qualité intrinsèque de ses albums. Après Skeleton Tree - parmi mes préférés, si ce n'est celui auquel je vais penser systématiquement au moment d'en choisir un à écouter - c'est devenu plus compliqué, au point que je n'en écoute plus que rarement. Peut-être est-ce cette distanciation - nécessaire dans mon cas - qui m'empêche d'apprécier réellement cet Abbatoir / The Lyre aujourd'hui. Tant pis, la fièvre reviendra bien un jour.
Message édité le 20-10-2025 à 02:27 par soulsmaster
- born to gulo › Envoyez un message privé àborn to gulo
Crème as fuck, ouais.
- Note donnée au disque :
