Vous êtes ici › Les groupes / artistesFFiasco › Le Coup du Lapin

Fiasco › Le Coup du Lapin

k7 • 9 titres • 51:47 min

  • 1Dans La Nuit 3:43
  • 2Chris' Swamp 4:49
  • 3L'Enfer Du Séjour 6:33
  • 4Crack Off 5:13
  • 5Ma Vie 6:31
  • 6Lady M 9:11
  • 7La Ralentie 5:22 [sur un texte de Henri Michaux]
  • 8Lapin Total 6:26
  • 9Suspendue 3:57

informations

Enregistré par Captain France à la Comédie de Picardie, Amiens, du 4 au 6 août 2021 - Mixé et masterisé par Captain France

Pochette et mise en page : Acid R. d'après une photo de Gurdulu

line up

Alexis Cailleton (voix, trompette, trombone, harmonica, modulotron, piano), Alexandre Hanquet (basse), Yacine Rabia (guitare), Clément Salmon (batterie)

chronique

Entrrrrez ! Ouvrez la porte du magasin des lucides !!

Porte déjà baillante, harmoniciste-courant-d’air à la silouhette efflanquée qui s’infiltre comme un chien errant dans cette maison où on est là depuis trop longtemps, où « la nuit » rime avec « l’ennui », celui du familier bienveillant comme celui propice aux hallucinations.

Alors qu’est ce que Fiasco apporte ici de plus que sur cet EP qui semblait déjà tout dire ? Eh bien, déjà une version grand luxe de l’« Enfer du Séjour », ce qui ne se refuse pas, un peu comme une descente dans l’hotel des reins brisés. La bourbe cette fois vue à travers une vitrine bien astiquée... Cette chanson reste le meilleur point de vue pour contempler le paysage qu’est la musique de Fiasco, évocatrice de milles choses qui ne sont pas dans le texte : asile de fous au sens XIXème du terme, en rase campagne, sous le vol plané impassible des charognards au plumage trois-pièces. Herbes mal peignées, tas de tourbe et d’argile séchés, murs en effritance, ombres qui passent en fripes, mal-être jusqu’aux arbres rachitiques, étrange joie de l’ensemble, comme une sorte de robustesse de la cicatrice. Fiasco se gausse d’avance des observateurs goguenards, qui regardent ce tout petit monde guincher comme si de presque rien n’était, et se moquent de cette effronterie du désespoir qu’est la danse, ou disons, le mouvement un peu stéréotypé et grotesque du corps qui refuse de capituler complètement. Sauf que sur le trop court « Chris’ Swamp » (avec l’apostrophe et sans le « s », car Fiasco a brillamment réussi son bac d’anglais), derrière la vocifération peut-être un peu trop présente, c’est un ragoût improbable de surf-shadow-music qui groove sec et humide de toutes ses jointures qui bouillonne. Sur « Crack Off », fini de rire, on est tombé dans le-dit chaudron, ça brûle et ça tourbillonne, c’est bien une oeuvre au noir dont on ne sortirait pas grandi (Fiasco, vous préviens-t-on), grunge-garage sans issue ni passage secret (même si à la fin du nauséeux « Lapin Total », on jurerait que le narrateur a cessé, brièvement, de souffrir, par pure lassitude). Je reprocherais au disque un mixage parfois un peu trop accidenté, qui assume peut-être un peu trop le côté expressionniste – bien réèl – du groupe. J’aurai aimé que la voix se dérobe sous l’instru, notamment dans « Ma Vie », essai jazz destroy mais aussi acharnement chansonnier qui refuse toute résistance, avec une guitare plus cruellement moqueuse que jamais. Plus sournoise et létale est « Lady M. », lutte effroyable car trop équilibrée entre la folie et un esprit, esprit que l’on croit cerner par l’entremise de cette voix, qui garde un temps sa dignité dans la descente... Est-ce la chair qui est faible, ou le cerveau qui la commande ? L’esprit lui-même n’est-il pas bien un réseau de chair, via le cerveau, ce que les scientifiques finiront bien par nous démontrer, preuves à l’appui...

Le raffinement dans la dévastation est atteint presque l’air de rien sur les trois derniers titres, assez durs à décrire avec justesse, surtout les merveilles de post-zolo froid et décharné de « La Ralentie » et « Suspendue », où apparaît quelque vision Ernstienne ou Bellmerienne, éclairée par flashes par une rythmique troublante, superbe dans son inventivité dans la perversion. À vrai dire, je crois que « Suspendue » est tout simplement l’essai le plus transformé, le plus juste, le plus vicieusement réussi dans son genre, ce genre désormais quasi caduque, voire mal vu, qu’est le rock « poétique » en français, option sombre, celui dont on allait s’abreuver chez L’Enfance Rouge ou... Noir Dez (sans apostrophe).

On en redemande, alors que la grosse première moitié du disque avait objectivement un côté éprouvant.

Bon
      
Publiée le lundi 18 août 2025

dernières écoutes

    Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Le Coup du Lapin" en ce moment.

    tags

    Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Le Coup du Lapin".

    notes

    Note moyenne        1 vote

    Connectez-vous ajouter une note sur "Le Coup du Lapin".

    commentaires

    Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Le Coup du Lapin".

    nicola Envoyez un message privé ànicola
    avatar

    Calvaire normand → Décision… Ils ont chopé où ce mots fléchés ?

    Message édité le 18-08-2025 à 16:42 par nicola