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Ghost (Jap) › Overture: Live In Nippon Yusen Soko 2006

cd • 1 titre • 56:00 min

  • 1Overture: Live In Nippon Yusen Soko 200656:00

dvd • 1 titre • 90:00 min

  • 1Overture90:00

informations

Enregistré live au Nippon Yusen Soko, Yokohama, Japon, le 9 octobre 2006 par Satoru Fuji. Mixé et masterisé par Satoru Fuji. Produit par Taishi Takizawa.

Le CD et le DVD se présentent dans un seul boîtier cristal, sous un seul numéro d'édition.

line up

Masaki Batoh (bandes, voix, guitare acoustique, cymbales), Michio Kurihara (guitare électrique), Takuyuki Moriya (contrebasse), Kazuo Ogino (luth, piano, kavak, flûtes à bec), Taishi Takizawa (saxophones, flûte, tin whistles, cloches, voix), Junzo Tateiwa (waterphone, tablas, baya, darbouka, tambourin, cymbales)

Musiciens additionnels : Iroo Ishihara (caméra), Masatoshi Nakamura (caméra), Yoshiko Takano (caméra), Katsuya Tomita (caméra), Sadayoshi Sakegawa (Liquid Lightning and Visuals), Megumi Sawada (Liquid Lightning and Visuals), Takayoshi Sato (Liquid Lightning and Visuals), Noko Sato (Liquid Lightning and Visuals), Yasunori Taniguchi (Liquid Lightning and Visuals)

chronique

C'est un concert spécial – une performance – que nous restitue cet enregistrement. Le groupe joue dans un ancien entrepôt de Yokohama, reconverti en espace artistique. Dans le noir. Les spectateurs ne voient pas les musiciens – qui ne se voient pas tous entre eux, même, cachés derrière des tentures suspendues où sont projetées des images (détails de fresques à priori bouddhiques ou de tableaux de la renaissance européenne, mouvements de gélatines colorées, ballets de formes géométriques, colonnes d'écritures, simples balayages de faisceaux...). Une annonce a été faite au public : passé le premier son émis, plus personne ne peut entrer ou sortir. Et tout est improvisé.

Tout ou presque, au vrai. La captation du concert en entier, visible sur le DVD, montre que le groupe a joué ce jour-là le morceau Grisaille (tiré d'In Stormy Nights, leur ultime album studio) – mais ce moment même se fond aux autres, il est difficile de savoir quand il finit exactement, à quel moment tout le monde retourne au sans-repéres, tant la chanson se dilue, se dissout dans la suite, se fond à la coulée, plutôt qu'elle ne s'interrompt, qu'elle ne cesse nettement. Et puis avant, après, donc : rien d'écrit. Chacun écoute – les autres et soi-même – sans savoir. Chacun réagit. Une idée en entraîne une autre – certaines se perdent, certaines changent en cour, deviennent presque méconnaissables en se développant. Tous les musiciens présents maîtrisent désormais cette approche, cette matière – l'écoute, l'instant, saisir le temps, le moment, ses couleurs et son écoulement. Il faut accepter, en tant qu'écoutant – comme ils l'acceptent sans trop de doute, alors qu'ils jouent – cet égarement, ces flottements, que tout ne saisisse pas pareillement. Il faut se laisser glisser.

Le film peut laisser à mon sens davantage sur sa faim plus que l'empreinte audio seule. Paradoxe apparent seulement : car en ne montrant – forcément – que partiellement le lieu, la partie « projections », en choisissant tel ou tel autre angle de vue, telle caméra, cette captation/restitution fractionne en réalité davantage ce moment, changeant mais d'un seul tenant, que ne le fait l'enregistrement sonore seul (malgré le montage, les parties supprimées sur la version CD – une petite demie-heure tout de même, en tout). Ces images ont l'honnêteté, toutefois, que ne rend pas le son isolé, de révéler cette part d'ennui, de tâtonnements presque inévitables dans ce genre d'exercices : on voit tel ou telle, parmi l'audience, qui semble parfois s'impatienter, attendre que survienne quelque chose d'autre. On remet mieux qui, dans le groupe, s'abstient de jouer sur certains passages – guette l'instant de pouvoir y retourner sans jouer « pour rien », sans saturer inutilement l'espace. Cet ainsi, aussi, que la chose se tient – que viennent montées, pressions, dépressions.

Overture... Est un beau disque – un bel envoi, avant que le groupe ne se sépare. Impossible à enserrer dans un genre, à ranger dans une case – comme l'intégralité de la discographie de Ghost, en somme – une fois dite cette prémisse : « tout est improvisé ». Le folk des débuts y reste – sous forme de traces, presque imperceptible. Le jazz – free ? – les flamboiements et étalements électriques (rock cette fois hors-structure, psychédélisme comme substance bouillonnante...) circulent encore. Ce n'est jamais « du » ou « de la » – quoi que ce soit de tout ça, folk, jazz, rock ou autre. C'en est peut-être incidemment, au plus. C'est encore leur tradition inventé – continuée comme ça pour cette fois, dernière ou pas. On y contemple de longues minutes, en vastes respirations. Une violence surgit parfois, toute climatique, toute matérielle – Batoh fouettant des cymbales avec des chaînes (et la tête couverte d'un masque à gaz, voit-on à l'image), Ogino empilant chromatismes et clusters sur un grand piano. Le saxophone de Takisawa porte et apaise – quand il ne strie pas l'air. La guitare de Kurihara lie et brise, comme toujours avec, parmi eux, depuis qu'il y est – cisaille ou se fond dans les failles, les espaces. C'est sans doute un disque qu'on peut « apprendre par cœur » – ce n'est sans conteste « pas fait pour », l'oubli de son mouvement général ou de tel ou tel détail faisant plutôt qu'on y retourne toujours sans le trouver... Fini.

C'est une fin, pourtant, on le répète – celle de cette discographie, celle du groupe Ghost.

Bon
      
Publiée le lundi 16 juin 2025

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