Vous êtes ici › Les groupes / artistesMMütterlein › Orphans of the Black Sun

Mütterlein › Orphans of the Black Sun

lp/cd/cassette • 6 titres • 35:39 min

  • 1Lesbians Whores and Witches6:55
  • 2Black Dog7:03
  • 3My War4:42
  • 4Heirs of Doom7:13
  • 5Ghost Army3:33
  • 6Mother Black Sun6:10

informations

Enregistré, mixé et masterisé par Christophe Chavanon.

chronique

Cette Faucheuse n'est pas là pour vous plaire, complaire à vos fantasmes. Romantiques, spiritistes, charnels. Elle vit – comme vous. Pas comme vous. Les Lesbiennes, les Prostituées, les Sorcières, ne seront pas votre bestiaire, votre Cirque à Freaks, cette fois. Elles vous fixent – elles vous parlent comme ça, sans vous lâcher des yeux ou sans vous regarder. Sans attendre de réponse. Je crois. C'est à votre charge de la trouver, la réponse, c'est à vous d'écouter.

Cette musique vient du noir. Cette musique vient du cri. Cette musique vient des souterrains. Marion Leclercq, autrefois, hurlait dans Overmars. Elle est passée parfois chez Carne, aussi. Deux groupes de Lyon portés sur les riffs lourds et cassants, l'électricité sale, les jus et bouffées de suies. De ça, ici – tous les core et post et autres etc. – il reste cette couleur, cette odeur qui collent aux doigts, au crâne, qui s'accrochent à la peau. Il reste l'intégrité de chacun des coups portés, aussi – et reçus, comme des traces, des marques. Hors de ça, c'est une autre intensité, qui sourd et se dresse – une autre façon de tenir (le rythme, le coup, encore, le cap). Un son de drones et de voix qui coupent, qui enfoncent leurs coins dans les côtes. Sans percer, parce que l'angle est assez ouvert, délibérément – pour que ce soit une constante pression. Une parole – qui porte, sans plus avoir besoin, maintenant, de se déchirer. Une narration « à même » – le temps et la distance, à même d'être entendue, aussi, sans la prendre pour un autre conte. Des images de cauchemar, vues les yeux grands ouverts – ça s'appelle regarder, ne pas se planquer sous les paupières. Ça s'appelle encore faire – attraper ce qui nous tient. Ce qui vous tient. Nous passer ce qui lui arrive. Orphans of the Black Sun est folk, dans un sens – au sens ou « le folk » raconte celle, celui qui la raconte, son existence, son mode de vie (d'être, d'agencer comme elle/il peut le réel ou il/elle se trouve, s'est engagé, où on se trouve largué.e, balancé.e). C'est un disque « indus » si on y tient – parce que son grain sent la friche, à peine plus que pour ça. C'est une déploration – les Orphelin.e.s du Soleil Noir savent bien quoi pleurer. C'est une affirmation – tout s'y tient droit, dur et... Sensible. Oui. Ce n'est pas un vilain mot – c'est recevoir, percevoir et donner (plus que rendre). C'est ce qui arrive, quand on s'y risque.

L'arme à la main, sur la pochette. L'orgue qui pulse en nappes, en traits qui se tordent et plient et se déploient, les percussions qui roulent. Ce n'est pas une musique pour votre scène typique d'heroic-fantasy, de jeux vikings. Mütterlein, Orphans of the Black Sun, coupent court à tout ça – en quelques secondes à peine. Ce qui suit, ce qui tout de suite survient, ouvre autre chose. Mother Black est là, qui danse – et à mesure qu'elle tourne et scande, l'air se gorge et s'épaissit.

Bon
      
Publiée le mercredi 29 janvier 2025

Dans le même esprit, Dioneo vous recommande...

dernières écoutes

Connectez-vous pour signaler que vous écoutez "Orphans of the Black Sun" en ce moment.

tags

Connectez-vous pour ajouter un tag sur "Orphans of the Black Sun".

notes

Note moyenne        10 votes

Connectez-vous ajouter une note sur "Orphans of the Black Sun".

commentaires

Connectez-vous pour ajouter un commentaire sur "Orphans of the Black Sun".

Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
avatar

C'est un point de vue... Pas le mien donc ! Je ne sais pas exactement ce que tu entends par "faiseuse" mais pour ma part, des trois, c'est le seul où j'ai trouvé, au début (mais plus maintenant, hein) une nuance de "trop en faire" - qui en fait était plutôt, avec le recul, une question de moyens déployés par rapport à l'ampleur de la chose dite... Et encore, donc... Ça ne me gène plus du tout, ce relatif minimalisme par rapport à la suite, maintenant.

Après, je trouve qu'ici (pas plus que sur le présent) elle ne se perd pas du tout, bien au contraire, en évoluant. Que la "théâtralité" de sa musique sur les deux suivants sonne encore plus... Vraie ? (Et donc autre chose que théâtrale, en fait, que "du théâtre"). Pour moi le dernier est vraiment abouti, pas du tout moins cohérent - pas non-plus parce que ça refermerait, scellerait quoi que ce soit mais parce qu'en s'aventurant ailleurs (du côté carrément de l'anarcho/anarcha-tech, donc, telle que pratiquée au début du mouvement des free-party par exemple, j'insiste parce que vraiment ça me semble plus qu'un simple emprunt/essai de forme musicale), elle trouve, je crois, quelque chose qui fait vraiment résonner son... Propos ? Idée ? Sa voix (au sens pas seulement le plus littéralement cordes vocales) ? Le monde dont elle parle et ce qui s'y passe - bien, mal, intentions horreurs menaces tentatives de créer commune autonome.

Message édité le 09-10-2025 à 11:43 par dioneo

Note donnée au disque :       
Kissthecatconcept Envoyez un message privé àKissthecatconcept
  • 1, clairement le meilleur. Il sonne moins "faiseuse", plus spontané, plus personnel que les autres. Il est plus homogène aussi.
Note donnée au disque :       
allobroge Envoyez un message privé àallobroge

La baffasse, mon préféré des 3 pour ma part.

Note donnée au disque :       
born to gulo Envoyez un message privé àborn to gulo

Meilleure free-party depuis Hypnotizer, le 3ème.

Note donnée au disque :       
Dioneo Envoyez un message privé àDioneo
avatar

D'ailleurs va vraiment falloir que j'en cause bientôt, du troisième...

Note donnée au disque :