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Kriegsmaschine › Enemy of Man
informations
Enregistré en 2013 par No Solace.
line up
Darkside (percussions), M. (basse, voix, guitare), Destroyer (voix)
chronique
L'homme est l'ennemi de l'homme et Kriegsmaschine est l'ennemi de tous. Si on peut encore savourer le nihilisme cynique des paroles de Mgla, ce n'est ici même plus pince-sans-rire ; on n'est pas non plus dans la catabase de Deathspell Omega car il n'y a ni enfer ni Diable : juste la destruction de toute raison d'être, tout espoir et toute existence. L'album s'ouvre sur le Psaume 22 version Mendelssohn - "Mein Gott, mein Gott, warum hast du mich verlassen?" - un moment critique de la Passion qui semble bien préoccuper le groupe, vu qu'on retrouvait déjà cette sainte parole quelques années auparavant sur 'Fear and Loathing in Gethsemane' dans sa version hébraïque. Plus loin cette phrase "None shall see redemption" est scandée avec une telle rage, une telle ardeur. Pourquoi tant de haine ! L'abandon, la trahison, le vertige de sens que Jésus a éprouvé sur la croix – avant de s'en remettre – font toute l'essence apocalyptique qui étouffe cet album dans un torrent noir, tellement noir. Et ils le font avec une hiératique suprême, tout construit autour du jeu percussif implacable tandis que la guitare est réduite à deux notes par morceau (Trois si besoin ; ici et là on lui accorde un saut d'octave). Les riffs soulignent les déclarations absolutistes de Destroyer tandis que l'avancée improbable de la machine de guerre rythmique de Darkside commande et contrôle tous les instruments. Peu d'intros, de longues outros, aucun blastbeat, tout dans la mesure... On est loin des débuts crust-black et plus dans une succession sludge-doom, avec ces rythmes qui ne cessent de s'emporter mais sans jamais totalement exploser. Trop lent pour du DsO, trop foisonnant pour du Mortuus, trop rapide pour du doom, Kriegsmaschine trace sa route seul un peu à la Tryptikon, en moins précieux et plus totalitaire. Moins de 'UGH', aussi, même si certains titres s'y prêteraient presque. 'Bleached Bones' de Marduk avec Danny Carey aux toms, et on y est déjà plus. C'est qu'il y a du Carey dans le jeu de Darkside, reconnu par l'intéressé lui-même. Les roulement de toms et les emphases circulaires de 'Ticks & Leeches' se retrouvent clairement sur 'Asceticism and Passion', le morceau le plus atmosphérique de l'album et excellent massage de la cage thoracique. En dehors de ce titre presque progressif l'atmosphère ne s'éloigne jamais bien loin de son motif central, ici avec un peu plus de rage ('Farewell to Grace'), là avec plus de militarisme ('Enemy of Man') ou de haine ('None Shall See Redemption', 'To Ashen Havens' si tant est que la haine soit quantifiable ici). Un monolithe éclipsé par le succès de leur non moins excellent Exercises in Futility qui apparaît presque comme un bol d'air frais en comparaison avec cette heure de misanthropie asphyxiante et totale.
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Note moyenne 6 votes
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- Demonaz Vikernes › Envoyez un message privé àDemonaz Vikernes
Acheté vers sa sortie pendant un concert de Mgla, sur les conseils d'un ami présent sur place. Ce disque m'a mis une bonne claque (alors que sur le papier, c'est typiquement le genre de black metal que je conchie), et n'a rien perdu de sa superbe avec le temps.
J'avais écouté les trucs précédents qui étaient pas mal fichus et plutôt différents, mais étrangement je ne me suis pas intéressé à ce que le groupe a fait ensuite.
- Note donnée au disque :
- saïmone › Envoyez un message privé àsaïmone

J'irais même jusqu'à dire qu'il y a un peu du Emptiness des débuts, avec effectivement une grosse dose de slow DsO. Mgla, ça m'en touche une sans faire bouger l'autre, mais ça, en revanche...
- Shelleyan › Envoyez un message privé àShelleyan

Ouaaah, comme c'est puissant ! Commandé derechef !
